Samedi 26 septembre 2015

15 km

Rue Ste Catherine, Quimper, France

N 47°59,649' W 04°06,153'

18 m

Jour 1000 – Ça, c’est fait !

Barth : Le soleil ! Loin au-dessus des brumes du canal que nous avons quitté la veille, nous prenons le temps de nous étirer et de faire sécher les tentes dans les rayons matinaux. Pas beaucoup de pression aujourd’hui avec une quinzaine de kilomètres à faire pour arriver à Quimper vers seize heures. L’approche se fait par paliers, entre les rendez-vous d’amis qui nous rejoignent pour les derniers kilomètres et une longue pause pique-nique pour ne pas arriver avant l’heure annoncée.

Ces rues, ces bâtiments, les flèches de Saint Corentin, l’Odet qui coule toujours, et soudain tous ces visages familiers qui nous accueillent comme si le 30 septembre 2012 avait eu lieu la veille ! Cette fois j’en suis sûr, faire le tour du monde, même à l’allure escargolante d’un vélo couché, créé une compression de l’espace-temps donnant l’impression que ces trois années n’ont duré que quelques jours… Et pourtant je sais bien qu’au fond de nos sacoches et de nos mémoires sont entassés les traces, les souvenirs et les sensations d’un voyage de mille jours. Il va falloir un peu de temps pour le comprendre, mais pour l’heure place aux retrouvailles azimutantes !

Quelques interviews, des mots échangés trop vite avec les uns et les autres, le tout mis en musique par les invités de CRIC qui électrisent l’atmosphère de la petite rue Sainte Catherine. Le compteur kilométrique est arrêté, la nuit tombe déjà, mais pas besoin de chercher de bivouac pour ce soir, ni de faire les courses pour le dîner, nous sommes à la maison (du moins à la maison des copains) !

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Fanch : Jour 1000. C’est ici, rue Sainte-Catherine que se termine l’atelier nomade de Geocyclab. L’arrivée se déroule accompagnée d’une vive émotion qui s’accroît au fur et à mesure que je découvre les visages de nos amis présents aujourd’hui. Cela fait trois ans, alors je prends le temps d’observer un par un ces sourires bienveillants qui semblent nous accompagner pour cette ultime étape. J’attendais ce moment depuis plusieurs mois, je me préparais à ce jour transitoire, symbole de re-sédentarisation, comme s’il était question d’un nouveau départ et donc d’un nouveau voyage. À peine terminée, l’aventure recommence donc, celle du quotidien d’avant. Les contraintes que nous nous étions imposées vont progressivement disparaître et avec elles va probablement s’envoler ce sentiment de liberté si cher au globe-trotteur. Mais la page ne se tourne pas totalement, il va falloir prendre un peu de temps pour relire et analyser ces trois années avant d’attaquer une page vierge, voir pourquoi pas, un nouveau livre.

J’ai beaucoup à dire que je n’écrirais pas ici (ce n’est ni le lieu, ni le moment), un peu de patience ça viendra. Alors, juste avant de conclure, j’aimerais encore une fois vous remercier pour ce que vous nous avez permis d’accomplir. Merci à vous chers lecteurs de nous avoir suivi (et bravo car si vous lisez ces lignes c’est que mes fautes d’orthographe n’auront pas eu raison de votre curiosité), merci à toutes ces personnes rencontrées au bord de notre chemin, qui selon leurs cultures et croyances nous ont offert de nouveaux angles de vision pour observer différemment notre terre. Tous ensemble, vous nous avez porté jusqu’au bout du monde et ce n’est pas rien, soyez-en certain. Et puis, un grand merci à toi, Mister Barth Péron, pour ta rigueur, ton sens de l’analyse et ton regard affûté, merci d’avoir guidé cette expérience singulière jusqu’à son terme et probablement plus encore. Comme tu le dis si bien « notre duo a bien fonctionné » et c’est pour moi un honneur d’entendre ça.

On l’a fait ! Et promis, on reste encore un peu !

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