Vendredi 11 janvier 2013

20 km

Auberge de Jeunesse de Rabat

N 34°01,408' W 6°50,460'

5 m

Jour 104 – Auberge de Jeunesse de Rabat

Barth : Aujourd’hui est un jour férié au Maroc, l’anniversaire de l’indépendance. Et en plus nous sommes vendredi, deux bonnes raisons de rester à l’auberge ce midi pour ne pas manquer le couscous gratuit annoncé ! Nous avons donc toute la matinée pour faire nos sacs, immortaliser en vidéo la rencontre avec « Cyberconte » le projet de Camille et tenter de comprendre le polonais fou qui parle sans arrêt.

Vers 14h, le couscous semble être ajourné… Direction notre cantine préférée, avec nos montures pour une fois, pour un dernier bissara avant de prendre la route. Camille et Simon nous accompagnent et seront les témoins de notre nouveau départ. Simon, rendez-vous dans moins de trois ans en France où ailleurs. Merci encore pour ta présence et tes multiples coups de main !
Camille, il y a des chances pour que nos routes se recroisent ! D’ici là, que le « Cyberconte » soit nourri de belles rencontres…

Et nous voilà repartis. Reprise du pédalage après une longue pause sur la route côtière qui va de Rabat à Casablanca. À gauche, des maisons, immeubles, boutiques, résidences, hôtels, la ville quoi… Et à droite, la houle de l’Atlantique qui explose sur les roches déchiquetées qui constituent le rivage. Le soleil déjà bien bas a du mal à percer les nuages et l’épaisseur des embruns qui balayent le paysage. Mais de temps en temps, un éclat d’or se réfléchit dans le miroir de l’océan…

Nous avons le vent dans le dos et avalons sans trop de problème une vingtaine de kilomètres avant de bifurquer vers la plage du Val d’Or. Nous tombons sur Mohamed (pour changer), gardien de parking du restaurant chic « Les trois palmiers ». Il nous assure que nous pouvons monter les tentes ici. La nuit est en train de tomber, Fanch monte sa tente tandis que j’abandonne ce projet face au sable fin dans lequel il est impossible de planter quoique ce soit. Et le temps d’avaler un morceau de pain et quelques gâteaux, Hassan et Nourdine arrivent. Ils remplacent Mohamed pour la garde de nuit et nois invitent à emménager dans la cabane qui leur sert d’abri jusqu’à la fermeture du resto ! Un vent froid et humide s’est levé, on ne refuse pas l’offre. Mohamed rentre chez lui après nous avoir donné rendez-vous à 5h du matin pour une pêche au poulpe et nous passons la fin de soirée à apprendre quelques mots d’arabe avec Hassan en sirotant quelques thés. Au moment de nous coucher, je me sens un peu comme un prince, à l’abri du vent dans la cabane, tandis que nos hôtes font leur travail dehors dans le froid… Mais il est impossible de lutter contre l’hospitalité marocaine, aussi incongrue soit-elle !

Fanch : C’est toujours un peu étrange de quitter un lieu que l’on a côtoyé ne serait-ce que quelques jours. Nous avions déjà pris quelques habitudes et connaissions quelques têtes à qui il nous faut dire adieu, c’est le destin du routard… mais il me tardait de de reprendre la route, descendre, descendre et toujours descendre. Et puis nous tenons a être présent à notre rendez vous de demain soir à Casablanca, il est donc grand temps de lever le camps. Au revoir Rabat, au revoir le service des visa de Mauritanie (sans rancune!) mais surtout, au revoir Florian, bon courage pour ta recherche d’appartement Simon, et bon voyage Camille. Voilà qui est dit!

On longe la côte atlantique, à notre droite, l’atlantique nous offre un spectacle permanent et à regarder les imposantes déferlantes, j’ai du mal à rester concentré sur ma trajectoire. Le soleil baisse encore trop vite (il faut avouer que nous avons pris notre temps) nous décidons de tourner à droite pour emprunter la route qui mène vers la plage dans l’espoir d’y trouver un endroit ou piquer nos tentes. Mohamed, le gardien des « Trois Palmiers » (un resto chic, tenu par des français pour des français) nous propose dans un premier temps de planter les tentes là, juste là, sur le sable à une cinquantaine de mètres de l’entrée du restaurant à coté de la petite cabane aux gardiens, il nous assure que ses collègues veillerons sur nous et notre matériel toute la nuit. Puis dans un second temps, il nous propose carrément de nous installer dans le petit abris. On accepte, de toute manière, il ne nous laisse pas vraiment le choix. Et nous voilà en compagnie d’Hassan et de Nordine, veilleurs de nuit fort sympathiques avec qui nous discutons un long moment, apprenons à baragouiner quelques nouveaux mots d’arabe et partageons le thé, bien sur. Encore une belle rencontre aujourd’hui.