Dimanche 13 janvier 2013

0 km

Casablanca

N 33°32.625' W 7°35.594'

62 m

Jour 106 – Casablanca

Barth : Après les 80 kms de la veille, un peu de rab de sommeil n’était pas un luxe. Il pleut sur Casablanca quand je me lève vers 11h, Abdellah et Essam dorment toujours…

Un peu plus tard après avoir mangé tous les quatre, je fais un aller-retour en taxi jusqu’à la gare routière pour acheter mon billet du lendemain. Je suis de retour juste à temps pour aller rendre visite à Zakaria, un ami d’Abdellah qui travaille avec Arduino et bien d’autres technologies libres ! Nous le retrouvons à la terrasse d’un café le temps de nous présenter les uns les autres. Zakaria à fait des études d’ingénieur et a travaillé au Canada pendant plusieurs années. Il est de retour au Maroc depuis un an, et cherche un moyen de vivre de ses activités de bidouilleur de haut vol. Nous poursuivons la conversation dans le garage de la maison familiale où il a établi son atelier. Ordinateur, outils de construction, collection de circuits électroniques en tous genres et même de quoi fabriquer des circuits imprimés, on se croirait vraiment dans un mini-fablab !

La nuit est déjà tombée quand nous prenons congé à la fois émis et heureux d’avoir eu la chance de rencontrer Zakaria. Il se sent un peu seul ici au Maroc et ce n’est vraiment pas simple de trouver le matériel dont il a besoin… Mais ce n’est que le début ici, les connexions se font, les associations se créent, les lieux se trouvent, tout est réuni pour que la culture Libre trouve une vraie place dans la société marocaine tôt ou tard !

De retour chez Abdellah, toute sa famille est rentrée. Nous libérons donc le salon pour aller travailler dans sa chambre. Il faut absolument que nous tournions un petit portrait vidéo d’Abdellah, que nous fassions la synchronisation du site et il y a aussi plusieurs montages vidéos à faire avancer… Je suis d’attaque pour une nuit blanche de travail en compagnie d’Abdellah également adepte de ce genre de pratique. Demain je dois partir vers 5h30 du matin pour attraper le car direction Essaouira pour une semaine de pause avec Anaïs. Mais avant ce programme chargé et minuté, nous dégustons notre premier couscous préparé par la maman d’Abdellah car ce soir c’est le nouvel an berbère ! Alors bonne année 2900 et des brouettes !


Fanch : Abdelah nous conduis chez l’un des ses amis, un dénommé Zakaria. Les présentations ont lieu autour d’un café noir dans un rade à deux pas de son atelier. Il est bien plus qu’un électro-bidouilleur puisqu’il a suivit une formation d’ingénieur en « système embarqué » à Montréal (où d’après mes calculs il serait resté une bonne dizaine d’année – son accent en témoigne). Il se trouve qu’il est clairement orienté Open Hardware (matériel libre). Il est rentré au Maroc c’est dans l’espoir d’y promouvoir les nombreux avantages de l’Open Source et de tout ce qui s’y associe.

Avant même de s’enfoncer dans l’atelier du savant fou nous admirons son digicode réalisé à partir d’un Arduino. Il nous présente son équipement, biensûr ses « chers Arduinos » Made In Home et d’autres circuits imprimés dont je ne soupçonnais pas l’existence mais qui semblent vraiment intéressants (dont le beagleBone pour ceux qui se sentent concernés).

Mais, nous dis Zakaria, « depuis que les fabricants d’appareils électronique suivent le modèle de l’obsolescence programmée, il devient plus simple d’acheter un nouveau téléviseur que de réparer l’ancien et par conséquent, les composants un tant soit peu spécifiques sont devenu rares. Pour ce fournir en composant, c’est une véritable galère. Ici, il n’est pas possible de recevoir une commande sans subir un interrogatoire lors de la livraison » Alors il fait des allers-retours réguliers à Montréal afin de se procurer les divers matériaux nécessaires au bon avancement de son travail.

Puis nous venons à causer de la situation de la culture du Libre, de l’Open Source et du partage du Maroc. Il semble qu’ici quelques consciences tendent à s’élever vers ces valeurs qui nous sont chères mais d’après nos deux amis, le chemin est encore long et parsemé de nombreux obstacles. Les esprits marocains (et par extensions, ceux du monde arabe) ne paraissent pas préparés à ce genres d’alternatives aux produits propriétaires. Zakaria nous site l’exemple du logiciel: « Tu peux trouver un Système d’exploitation Windows piraté sur le Souk pour 10 dirhams…. alors pourquoi se faire chier à installer Linux sur ton ordinateur surtout quand tu n’as pas connaissance de ce genre de chose? »

Ces deux gars s’efforcent en premier lieux, à sensibiliser leur entourage. Ils s’impliquent dans divers éventements culturels basés sur les fondement de la Culture du Libre et colportent un peu d’espoir dans ce pays ou beaucoup reste à faire tant au niveau culturel qu’au niveau des libertés individuelles.

Nous avons du mal à mettre un terme à la discutions, (elle pourrait ne jamais se terminer).
Sur la route du retour, je me perd dans mes pensées. La rencontre d’Abdlelah puis celle de Zakaria ont non seulement renforcé mes convictions sur culture libre mais elles ont donné un sens à notre voyage. C’était prévu, je le sais bien, mais tellement attendu !
C’est le nouvel ans Berbère, enfin non, c’était hier, mais comme la famille n’était pas au complet, le festin est programmé pour ce soir et c’est couscous au menu (notre premier, enfin!). Nous mangeons avec Abdelah, un délice! Mon seul tout petit regret cependant est de n’avoir pas partager ce moment avec toute la famille.
Demain Barth m’abandonne à son tour, un bus pour Essaouira décolle à 7h00 de la gare routière de Casa. Il va se prendre une semaine de vacance avec sa dulcinée qui devrai arriver demain. Et moi? J’avais pas mal hésité sur mon programme pour finalement prendre la décision de tracer vers cette même destination, mais en vélo. Le petit plus c’est que j’aimerai tenter d’avaler les 370 kilomètres qui me sépare d’Essaouira en 4 jours et puis, j’appréhende un peu le voyage en solo mais bon… c’est mon petit challenge de la semaine.