Lundi 14 Janvier 2013

105 km

Azemnour

N 33°17.331' W 8°20.630'

14 m

Jour 107 – Azemnour

Fanch : 5 heure, à ma demande Barth (qui à veillé toute la nuit pour avancer le boulot) me réveille après 4 petites heures de sommeil. Je tiens à l’accompagner à la gare CTM, puis pédalerai vers le sud, seul, comme un grand. Abdelah est debout lui aussi Les adieux se font à coups d’accolades engourdi par le manques de repos. Nous traversons tout deux un autre Casablanca, presque sans vie, seul quelques ombres de vendeurs de bissera se dessine sur les murs gris de la nuit. A cette heure ci, la ville semble encore plus vaste.

-Salut Barth, dors bien et profites bien de tes vacances!
-Salut Fanch, profites bien et fais gaffe sur la route!
-Ok, kenavo!
-Kenavo!

Il n’est plus là.
Et moi, je dois me sortir de la ville avant qu’elle ne s’active! Je passe vite fait voir la grande mosquée (la plus grande d’Afrique parait-il). Je dis vite-fais parce qu’un gardien m’interdit de m’en approcher avec ma bécane. Dommage… si c’est comme ça, je décampe!
La route côtière qui relie Casablanca à El Jadeda est ponctuée d’oasis de béton posées là, au milieu des champs. Des lotissements balnéaires constitués de grosses villas identiques sont plantés au milieu de nul part (dont beaucoup sont encore en train de pousser) et attendent impatiemment la fin des travaux ou d’éventuels futurs propriétaires. D’énormes panneaux publicitaires délavés affichent leurs slogans aguicheurs (vivez le lux comme vous le désirez – Prenez des vacances éternelles) laissant rêveurs mômes et paysans du coins. Ces citées de « lux » rythment le paysage et tout les deux kilomètre environs il m’est à nouveaux possible d’admirer ce genre de fantaisie urbaine.

Le voyage en solitaire a un tout autre goût. Je vais à mon propre rythme, les rencontres sont plus fréquentes, je m’arrête, reprends, déjeune, déguste un thé quand je le souhaite, où je veux et tout ceci est plutôt agréable. Mais la solitude à aussi son lot de désagréments. Je ne peux pas quitter mon vélo des yeux, ce soir je suis dans un hôtel bas de gamme car je ne me sentais vraiment pas de dormir dans le coin (plusieurs personnes m’ont mis en garde) et puis l’un des objectif de ce voyage est de le partager avec vous mais aussi entre nous!

Ah oui, aujourd’hui est un grand jour pour moi car j’ai battu mon record personnel de distance en une journée et j’en suis fière, je suis passé au dessus de la barre des 100 km!

Barth : J’ai réussi à faire tout ce que je voulais dans la nuit. Je tire Fanch du sommeil vers 5h et Abdellah peu après qui s’est assoupi une heure auparavant…

Après des aux-revoirs quelques peu embrumés par le manque de sommeil, nous pédalons une dizaine de kilomètres jusqu’au centre ville sur des avenues presque désertes où les rares véhicules grillent tous les feux. Fanch m’accompagne jusqu’à la gare routière et nous déniche un bout de gâteau et deux thés pendant que j’enregistre mes bagages. Il va faire la route seul jusque Essaouira où nous nous retrouverons en fin de semaine… Bonne route mec !

Une fois assis dans le car, le jour qui se lève ne m’empêche pas de sombrer dans un sommeil léger mais nécessaire. Je suis réveillé par un accrochage entre notre car et un taxi en pleine ville. Notre chauffeur un peu énervé par un contrôle de police, n’a pas pris le temps de regarder à droite avant de s’engager dans la circulation. Je crains un instant que l’incident prenne beaucoup de temps mais nous voilà repartis…

Quelques heures plus tard, je débarque donc à Essaouira sous un soleil radieux et je ne tarde pas à retrouver Anaïs à l’autre gare routière. La semaine de vacances peu commencer, et je vais donc laisser reposer la plume et me contenter de produire quelques images d’Essaouira en parallèle du récit de Fanch…
A bientôt alors !