Mardi 22 janvier 2013

30 km

Sidi Kaouki

N 31°19.885' W 9°47.591'

3 m

Jour 115 – Sidi Kaouki

Fanch : Bonjour!
Un vent violent souffle vers Agadir. Je laisse les goélands et les vendeurs de hachich d’Essaouira derrière moi, sans regrets particuliers. Nous enfourchons nos engins en début d’après midi, direction le Sud, pour changer un peu!

L’équipe est au complet -j’ai retrouvé mon pote- on peu même dire que c’est un Geocyclab augmenté puisqu’Anaïs s’est procurée un vélo pour profiter à la fois de son amoureux, de son pote Fanch tout en participant au quotidien de l’atelier mobile.

Sidi Kaouki, bienvenu. La plage s’étend sur plusieurs kilomètre, la mer est en colère, déchaînée comme ce vent de Nord-Est. Le sable vole et se mélange au embruns. Je ferme les yeux un instant.
Au premier plan, un dromadaire mâchouille une bouchée d’herbe sèche tandis qu’au second, une aile de kite surf virevolte au dessus de l’écume.

Anaïs : Cher monde cybernétique,

Me voilà propulsée dans le carnet de bord, parce que propulsée (à la vitesse de l’éclair, cela va sans dire…) sur un vélo, sur les routes du Maroc, derrière un atelier mobile de création… Geofi… geogi… geocyclab ! Un truc comme çà !
Je t’écris d’une maison d’hôtes sans eau ni électricité, et sans hôte, quelque part près de Sidi-kaouki, Maroc, Afrique, Terre…

Après une semaine à Essaouira, déjà, j’ai un pincement au cœur à l’idée que je ne verrai plus le grand sourire plein de lumière d’Anouar et Latifa, ni la danse orientale de leur adorable petite Hiba. Je n’apprendrai plus à compter jusqu’à dix en allemand à Abdelatif, et je ne boirai plus de jus d’oranges chez le marchand du port, celui au strabisme prodigieux, qui lui confère le pouvoir extraordinaire de regarder droit dans les yeux deux personnes en même temps…

Mais la route est belle, les deux p’tits mecs qui pédalent devant moi sont plutôt sympas, et les projets d’installations qu’on a ensemble sont enthousiasmants… ça se profile pas trop mal !

Je m’habitue très vite au fait que quand un mec nous rencontre, il aura plutôt tendance à regarder Barth et Fanch, même si c’est moi qui parle… et inversement. Le peu de femmes à qui on a dû s’adresser me parlait à moi, la non-couillue…
oui, oui, je m’habitue… enfin, je vais m’habituer quoi ! En tout cas, j’ai du mal à m’empêcher de rire quand je vois sur la route les grands saluts, les rires, les sourires adressés à Barth et Fanch et le changement quasi-instantané de l’expression de leurs visages quand ils s’aperçoivent que le troisième larron est en fait une larronne !

Bien à toi, à demain

Barth : C’est la rentrée de Geocyclab pour moi, la semaine de vacances en amoureux à Essaouira est terminée. Mais Anaïs ne part pas tout de suite !

Vers midi nous retrouvons Fanch devant les stands de jus d’orange qui font face à un océan déchaîné. Nous sommes passé juste avant récupérer un vélo pour Anaïs chez un loueur de la medina, tout est prêt pour reprendre la route à trois en direction d’Agadir. C’est la troisième fois au Maroc que je quitte un lieu dans lequel j’ai passé plus d’une semaine, et comme à chaque fois, les premiers kilomètres me replongent dans la linéarité de l’espace et du temps. Le nomadisme s’oublie vite dès que les sacs sont posés dans un lieu confortable !

Nous roulons une trentaine de kilomètres jusque Sidi Kaouki, grande plage autrefois repaire de hippies et devenue aujourd’hui un spot de kite-surf et de planche à voile. Le site naturel est magnifique mais dégradé par de nombreux chantiers inachevés. Après une rapide pause thé sur une terrasse face à la mer, nous poussons un peu pour trouver un endroit où dormir. Les maisons en construction que nous avions aperçu de loin cachent un restaurant/chambre d’hôtes « chez Momo » que nous ne pouvons éviter. Le gérant du lieu, Mohamed of course, nous explique que nous ne pouvons pas faire de camping sauvage et nous propose une chambre pour 100 dirahms. Nous dormirons donc à l’abri du vent, après un dîner préparé sur le barbecue du restaurant vide… Mohamed à ouvert le lieu depuis à peine vingt jours et compte sur notre voyage et sa diffusion pour se faire un coup de pub…