Samedi 26 janvier 2013

45 km

Route de Taghazout

N 30°37.765' W 9°49.995'

34 m

Jour 119 – Route de Taghazout

Fanch : Rencontres heureuses, adieux délicats, comme toujours. Notre escapade se poursuit.

Nous en prenons plein la vu, la route côtière s’habille d’or et de turquoise et drague les esprits sensibles. Le vent est toujours notre allié et les températures sont en hausse.

Ce soir, nous échouons dans un camping vendéen, plein à craquer de camping-cars plus gros et sophistiqué les uns que les autres. Étrange sensations que de quitter une maisonnette munie d’une seul et unique pièce ou vivent 4 personnes pour découvrir une centaine d’appartements roulant de lux entassé les uns sur les autres. Encore une fois, deux monde se côtoient et ne semble ne pas s’entremêler.

Barth : Mis à part les aboiements soudains de Maya au beau milieu de la nuit, nous avons tous les trois repris des forces après cette bonne nuit loin du vent de l’océan et à quelques encablures de la vallée du Paradis, baptisée ainsi par les hippies qui la fréquente depuis une génération. Une fois encore, la tentation est grande de rester quelques jours de plus chez notre hôte, mais la route est là, qui nous attend…

Nous retournons à Tamrir, en vélo cette fois-ci, où nous retrouvons Rachid en plein boulot, vêtu d’une veste fluo et d’une casquette de chef de gare. Nous passons une dernière heure en sa compagnie à siroter du thé, avaler des bissaras et échanger nos adresses et un ou deux derniers proverbes. Et nous voilà repartis…

La route longe la mer, le ciel est azur, le vent nous pousse dans ce paysage solaire. À droite le bleu et la lumière, à gauche la montagne et la poussière, et flottant entre les deux, le ruban de goudron que nous suivons. Les kilomètres s’accumulent vite au compteur, les coups de soleil sont à point et surtout les corps ont faim, il est temps de faire une pause. A l’ombre d’une résidence de luxe nous avalons notre carburant en assistant au retour de fête de l’Aïd d’une bande de jeunes depuis le sommet de la montagne jusqu’à l’arrêt de bus près duquel nous sommes. Les marocains viennent de tout le pays retrouver leurs familles pour ces deux jours de festivités et il faut souvent une bonne randonnée pour rejoindre les villages d’origine…

Nous parvenons à atteindre les 45 kms au compteur avant de décider de passer la nuit dans la station balnéaire située juste avant Taghazoute. Apparemment, c’est un lieu uniquement fréquenté par des touristes occidentaux âgés de plus de 50 ans et disposant d’un camping-car. Et nous sommes en plein milieu de la saison ! Un peu par fatigue et dans l’espoir de pouvoir travailler un peu sur l’ordinateur, nous prenons un emplacement à l’Atlantic Park, une sorte de village de camping-cars plus impressionnants les uns que les autres au milieu desquels nous plantons nos ridicules tentes… C’est une autre réalité du Maroc que nous découvrons, celle de la colonisation douce de cette armée de retraités qui passent les hivers au soleil en attendant de franchir le pas en achetant une maison ici. En arrivant dans le camping, nous sommes abordé par des brestois qui avaient entendu parler de nous par des amis interposés, le monde est petit au Maroc en hiver !

La douche n’est pas aussi chaude qu’espérée au vu du prix et nous n’avons plus la force d’aller plus loin que le petit restaurant à l’entrée du camping pour avaler… des pizzas ! La soirée traîne un peu, arrosée de plusieurs théières… Après ces jours de pédalage où nous avons logé chez l’habitant, il était temps de re-discuter du programme de création artistique que nous avions projeté ! Il nous reste 30 kms pour rejoindre Agadir et deux jours avant qu’Anaïs ne prenne la route du retour, ça laisse un peu de champ pour créer !

Anaïs : Cher Cyb’

Je ne sais pas trop si nous avons du mal à quitter Rachid ou si c’est lui qui a du mal à nous quitter mais toujours est il que nous finissons par reprendre la route après un dernier thé à Tamri avec notre hôte.

Nous nous enfilons encore une bonne quarantaine de kilomètres avant d’arriver dans un bled qui ressemble à un immense centre de balnéo et qui pourrait être quelque part dans le sud de la France, car la population locale est constituée essentiellement de retraités français.

N’ayant pas trouvé de meilleure solution nous nous retrouvons dans le village de camping car à payer un micro carré de terrain plus cher qu’un petit hôtel. Un immense camping 4 étoiles habité par des centaines de retraités qui viennent se la couler douce au soleil à grand coup de pastis et de pétanque. Ma première pensée sera « mais qu’est-ce qu’on fout là? ». Après un rapide tour des lieux, ma deuxième pensée sera « mais qu’est-ce qu’on fout là, bordel? » Je m’attend à une petite animation ou un bal musette le soir pour venir égayer tout ça mais que nenni, à 20 h c’est le calme plat ce qui nous permettra de passer une soirée tranquille au petit resto à l’entrée. Nous prenons le temps de discuter de ce qui est à améliorer dans le fonctionnement de Geocyclab pour que nous puissions allier création et mobilité. Une des solutions envisagées est de s’autoriser plus de moments de pause en fonction des rencontres et pour cela la prochaine fois il faudrait que je reste… plus longtemps… Oh trop zut!