Lundi 28 janvier 2013

20 km

Porte d'Agadir

N 30°27,228' W 9°39,516'

39 m

Jour 121 – Porte d’Agadir

Anaïs : Bèbèr,

Aujourd’hui, on tente quand même une expérience vidéo avant que je ne reparte, puis nous arrivons enfin à notre étape finale (euh, mon étape finale): Agadir. Nous tournons un bon bout de temps dans la ville à la recherche du fameux Hassan dont j’avais tant entendu parler. Ma dernière étape au Maroc ne sera pas la plus belle. Une vaste cité balnéaire pour occidentaux friqués, ça pue, et les sourires sont crispés. C’est stressant et fatiguant et le camping de m… que l’on se trouve pour le soir sera notre cerise pourrie sur le gâteau… Heureusement que je reste en bonne compagnie, à trois dans la même galère, c’est plus facile. Je m’endors après une nouvelle session tartinage de cheville, devenue mon petit rituel du soir!
Demain, dernier jour geocyclabique!

Fanch : Deuxième journée de transition, mais nous voilà enfin sur les hauteurs d’Agadir. De l’extérieur, la ville parait glisser des montagne pour se déverser dans l’océan. Vu de l’intérieur, c’est une cité nouvelle pas franchement accueillante pour les nomades que nous sommes devenus. Le lux s’est installé aux abords des plages pour tenter de faire concurrence au palais royal. Nous entrons dans un monde de béton, de palmiers et de dorures ou la sobriété n’existe plus. Ça sent l’oseille…

A peine arrivés nous passons voir Hassan II qui s’y trouve actuellement. Il s’est transformé en Herboriste pour quelque temps. Nous buvons le thé accompagné d’un brun de causette. Rien de plus car est déjà tard et il nous faut trouver un lieu pour passer la nuit. Apparemment il y a un camping dans le centre, Go.
C’est cher (impossible de négocier), en mauvais état, bruyant (en pleine ville) et l’emplacement qui nous est proposé n’est q’un bout de trottoir dont les mauvaises herbes ont défoncé le béton. Désabusés, nous ne tentons même pas d’engager le dialogue et attendons que le gardien disparaisse, une fois seul, nous poussons nos bécanes sur quelques mètres. Nous dormirons ici, dans une ruine de resto de à l’architecture circulaire au cœur de triste camping municipal d’Agadir. C’est un bon squat, ça ne me dérange pas de dormir à la rue, à condition de ne rien payer…

Barth : Un copieux mlawi en terrasse après une nuit tranquille à 100 mètres du centre ville, c’est ainsi que commence la journée. Nous ne sommes pas pressés aujourd’hui, et le pied d’Anaïs n’a pas vraiment désenflé… Nous venons de trouver un mail de la famille en camping-car rencontrée à Bilbao qui nous dit être à Taghazoute. Nous y étions la veille ! On tente de les appeler plusieurs fois tout en cherchant quelque chose de créatif à faire…

Pas de réponse des Bonellis, et je crois que nous sommes tous trois trop fatigués par le manque de poésie qui habite ces stations balnéaires… Il faut changer de décor. Nous enfilons une poignée de kilomètres avant de faire halte sur le bord de la quatre-voie pour déguster un pain vache-qui-rit et réaliser une petite expérience vidéo à base de défilé de mobylettes… Affaire à suivre !

Puis c’est Agadir. Nous entrons dans la ville en surplombant l’immense port avant de tomber nez à nez avec la mecque du tourisme industriel à la sauce balnéaire. Ici l’immense Club Med donne sur le salon de soin Jaques Dessanges, juste en face d’un restaurant de luxe… Après avoir cherché en vain un bar avec wifi du côté mer nous filons vers la station de taxi pour retrouver Hassan. Il nous attend en fait dans la pharmacie berbère d’un ami, qu’il tient en son absence. C’est étrange de retrouver notre ami dans un contexte et un costume aussi différents, mais nous buvons un thé berbère avec lui avec grand plaisir ! Il a troqué le survêtement et le béret pour une jellaba et un bonnet de laine, mais c’est le même clown dessous. Il est déjà tard, nous repasserons demain plus reposés. Nous devons rejoindre le camping international avant la nuit pour être sûr de dormir.

Accueil froid, grille tarifaire totalement farfelue, on nous installe dans le bac à fleur bordant une piscine vide sans aucune barrières de protections. Ce camp de réfugiés en camping-car installé en plein centre ville sur les ruines de ce qui fut un véritable camping un jour, ressemble d’avantage à un bidonville de luxe aujourd’hui. À Agadir le touriste fortuné est le bienvenu ! Le plus modeste n’y est pas vraiment pris en compte…