Dimanche 3 février 2013

35 km

Non loin de Sisi Bibi

N 30°09,282' W 9°32,474'

78 m

Jour 127 – Non loin de Sidi Bibi

Fanch : Le vélo laisse du temps pour penser, imaginer, pour construire l’image mentale d’une création potentielle. Je cogite à tout cela ce qui m’amène bien sûr à me pauser d’autres question.
Ce midi, à la pause repas, nous causons des ces idées qui viennent et qui repartent dans un laps de temps variable. Mon imagination travail, ça chauffe là haut! Inspirée par mon environnement changeant, j’ose dire que mon esprit est productif. Mais… seulement mon esprit.
Un lieu, une rencontre ou un objet peut être le déclencheur d’une idée. Celle ci est bien souvent intimement lié au contexte dont elle est issue. Mais j’ai besoin de materiel (aussi simple soit-il) que je ne possède pas, ou nous sommes pressés par le temps pour tel ou tel raisons. Si je pense trouver une nouvelle oportunité pour la concrétiser alors je tente le nécessaire pour me procurer le matériel dont j’ai besoin. Mais trop souvent dans cette configuaration des choses, l’idée ne dépasse pas le stade du projet. Soit parce qu’il ne m’est pas possible d’obtenir l’outis ou la matière souhaitée, soit parce que l’ocasion de croiser un contexte similair à celui qui à fait germer l’idée ne se représente pas.
Autre cas. J’ai une idée que je souhaite mettre en forme, mais pas ici car j’imagine -à tort ou à raison- qu’un autre espace-temps serai bien plus approprié. J’espère me mettre prochainement au travail, logistiquement, tout est prêt. Alors je fantasme les conditions parfaites et pense à la méthodologie à appliquer pour que cette idée est un sens dans la réalité. Mais les conditions parfaites sont plus précieuses que je ne le pensais…
Ce qui est difficile, c’est donc d’avoir la bonne idée au bon moment, au bon endroit, avec les moyens logistique et temporel pour la réaliser. Cela fonctionne bien avec les haïkus car leur réalisation imposent une même unité de lieu et de temps.

Alors la question est: Faut-il laisser les idées s’échapper?
À notre habitude nous capturons et collectionnons les traces de nos journée. Or les idées font aussi parties du quotidien et je pense que dorénavant, je vais les reportées ici, sur ce carnet dont l’un des objectifs principaux est de me rafraîchir la mémoire. Il est donc probable que j’inscrive ici mes idées les plus saugrenues, réalisables ou non, voir parfois utopiques.
Voilà, sinon ça va!

Barth : Ça y est nous décollons enfin ! Pas très tôt car les derniers préparatifs nous ont fait nous coucher tard hier. Nous roulons une dizaine de kilomètres jusque Inzegane pour acheter de l’eau et de quoi manger ce soir. La banlieue sud d’Agadir s’étant ainsi sur plusieurs dizaines de kilomètres en une enfilade de petites communes… Vivement le calme du désert, je suis las de toutes ces grandes villes où nous avons séjourné ces dernières semaines. Le charme n’opère plus…

Nous traînons un peu encore à Inzegane, Fanch a repéré des petits panneaux solaires pour une future installation dans une boutique qui ouvre à 14h. Après plusieurs jours de recherches à Agadir, on ne laisse pas passer l’occasion ! Et nous voilà repartis, petit à petit les maisons laissent places à de longs murs qui délimitent d’immenses propriétés agricoles, puis à des champs de serres… Il faut pousser 35kms pour trouver enfin une prairie accessible où passer la nuit.

Nous ne sommes pas encore dans le désert, mais dans une zone irriguée où les cultures s’étendent à perte de vue, parsemées de hameaux ou de fermes isolées. Nous sommes accueillis par un homme qui ne parle pas un mot de français. À force de gesticulations, nous parvenons à nous faire comprendre et il nous souhaite la bienvenue ! Il reste une heure de soleil, le temps d’un haïku et d’une soupe avant de se coucher tôt. Fanch tient un bon gros rhume, il faut garder nos forces ! Je prends tout de même le temps de travailler un peu sur l’ordinateur avant de dormir, pour ne pas prendre de retard…

 

Haiku 018 – Starting-block

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