Lundi 4 février 2013

60 km

Tiznit, Hôtel Belle Vue

N 29°41.855' W9°43.809'

240 m

Jour 128 – Tiznit, Hôtel Belle Vue

Barth : Après une nuit encore un peu fraîche et humide… Je sais qu’on va en baver, mais j’ai hâte de de plus avoir besoin de faire sécher la tente ! Donc, nous plions bagages sous le soleil et le regard attentif de deux de nos hôtes qui commencent la journée aux champs… Malgré un léger voile nuageux, le soleil tape bien fort. Ce n’est pas encore le plat pays tant attendu, mais le désert commence à se faire sentir. Nous sommes sur une route très fréquentée, particulièrement par des poids-lourds de tous types. Parfois sur quatre-voies, mais le plus souvent en double voie sans aucun espace sur le bord, il faut apprendre à anticiper les appels d’air en évitant la petite marche entre le bitume et la terre caillouteuse à 5cm de la ligne blanche. Au loin, dans l’atmosphère poussiéreuse qui efface les palmiers les plus distant, se profile la dernière petite chaîne de montagnes que nous devrons franchir après Tiznit.

Nous avalons les kilomètres avec plaisir pour moi, et un peu en lutte pour le pauvre Fanch que son rhume fatigue… Une grosse pause sur un pont surplombant la retenue d’eau d’un oued nous donne l’occasion de sortir nos appareils. Je laisse Fanch enregistrer les vibrations du pont au passage des camions pour une petite exploration de l’étang formé par un ancien barrage. Je suis sous le charme de ce premier oasis visité depuis deux mois au Maroc ! La vie foisonne autour et dans l’eau. Tortues, grenouilles, bancs de poissons gros comme le bras, oiseaux, insectes, végétation luxuriante réveillent en moi mes premiers instincts photographiques, mais je reste concentré sur le haïku du jour !

Nous arrivons bien rincés à Tiznit. Soixante kilomètres au compteur, quelques coups de soleil, nous traversons la magnifique medina sous une averse de sourires ! Il règne ici une paix et une simplicité qui contrastent énormément avec les villes du Nord que nous avons fréquenté. Direction le cyber pour prendre des nouvelles des couch-surfeurs contactés. Rien en vue. On échoue à l’hôtel « le point de vue » dans une petite chambre pas chère avec un bureau pour travailler ! Un bissara, un peu d’ordi, et au lit!


Fanch : Le soleil lutte contre la rosée du matin.
Nous sommes a 60 kilomètres de Tiznit que nous aimerions joindre avant la nuit noir. Une route s’étire en ligne droite, le soleil la frappe de plein fouet, il s’en échappe une chaleur visible qui trompe nos perceptions. La terre sèche et n’accepte plus que de petits buissons d’épines. De rares palmiers résistent et font office d’indices hydrométrique démontrant qu’autrefois, ici coulait une rivière. Mes lèvres sèches, ma peau se brunie, notre consommation de flotte augmente progressivement… et ce n’est que le début. Nous sommes bien loin du l’octobre pluvieux que la France nous avait réservée. Ce souvenir tend d’ailleurs à disparaître de ma mémoire. La chaleur augmente au fur et à mesure que nous avançons.
Le seul petit soucis c’est que je ne suis pas en grande forme physique. Les nuits restent relativement fraîches (humides et inférieures à 10°C) alors qu’en plein soleil, j’imagine que les 30°C sont largement dépassés. Et j’ai réussis à prendre froid… Et le plaisir de pédaler sur un soleil torride s’estompe face à ce mal de crane omniprésent.

Nous arrivons à Tiznit, je suis rincé, je ne pense qu’à une chose… dormir.


 

Haiku 019 – Trop-plein

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