Jeudi 7 février 2013

0 km

Palmeraie-décharge de Tiznit

N 29°42.306' W 9°43.489'

223 m

Jour 131 – Palmeraie-décharge de Tiznit

Fanch : NORLATEX c’est le nom de ces petits tubes oranges et noirs que l’on trouve partout, à semi enfouis dans la poussière ou aplatis comme des crêpes sur le bord de la chaussée. Ici, dans cette palmeraie de Tiznite, aux allures de décharge, les tubes vides se comptent par dizaines. NORLATEX c’est donc la marque d’une colle pour caoutchouc dont la composition intègre un solvant puissant capable de vous expulser dans un autre univers. Il suffit d’un bout de chaussette, un petit tube orange, on respire bien fort en fermant les yeux et au moment de les ouvrir, la magie opère. Tout les hommes sont au même niveau, ton père a autant de valeur à tes yeux que l’inconnue qui passe, ta mère c’est la reine d’Angleterre et toi tu est le roi Hassan II. C’est un remède idéal contre les petits coups de blues, simple, pas cher, sans ordonnance et avec ce genre de shoot, les hommes paraissent enfin réellement égaux. Mais on a souvent l’occasion de croiser, ces hommes dont les cerveaux fondent sous l’effet du solvant, leur visages se sont déformés jusqu’à devenir asymétriques. J’ai causé à Agadir avec Hamed, je voyait son regard luttant contre les limbes, il me parlait sans même sans rendre compte tenant entre ses doigts rongés par les composants chimiques une boule de tissu odorante. Il l’appel la cocaïne marocaine. Sous l’emprise ou non de cette merde, j’ai la nette impression qu’il a quitté la planète terre depuis longtemps espérant fuir une réalité trop pesante.

Chez nous c’est l’alcool en vente libre, ici c’est la colle et il suffit de scruter quelques minutes le sol des « zones » pour trouver les traces d’un triste fléau. Pardon de m’emballer sur ce sujet qui n’est guère réjouissant, c’est certainement un détail, mais il est bien trop visible pour ne pas en parler.

Barth : C’est les vacances ! Enfin la récréation plutôt, depuis que j’ai mis en ligne le checkpoint ce matin… Pour fêter ça on enfin pris le temps de faire le tour de la medina, à l’heure où même les mouches restent à l’ombre. Des rues désertes, relativement propres et larges en comparaison aux medinas de Fès, de Rabat ou d’Essaouira. Et surtout un calme presque pesant !

Nous poussons la promenade à l’extérieur de la ville dans une palmeraie où quelques carrés de cultures voisinent des décharges sauvages. Là aussi, le calme, seuls le vent et les oiseaux troublent le silence… Pas d’inspiration pour un haiku, juste quelques clichés cet après-midi.

Une bonne pause donc, relaxante après ces heures d’ordinateur ! Nous reprenons la route demain et profitons de cette dernière nuit confortable pour nous reposer un bon coup, écrire un peu, et chose rare, regarder un film sur l’ordinateur avant de dormir !


 

Haiku 020 – Chouf

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