Lundi 11 février 2013

25 km

Sidi Ifni

N 29°22.886' W10°10.674'

10 m

Jour 135 – Sidi Ifni

Fanch : 25 bornes après notre point de départ, nous voici à Sidi Ifni. Nous continuons sur notre lancée en prenant notre temps, comme si nous redoutions la suite. Peut être parce que nous avons en tête qu’il n’est pas très conseillé de flâner dans le Sahara occidental, que les étapes seront conséquentes et difficiles, alors nous profitons. Le soleil est encore haut mais nous décidons d’aller jeter un coup d’œil sur la plage, espérant repérer un coin calme pour la nuit. Notre recherche aboutie au pied d’une falaise, à quelques mètres d’un atlantique houleux. D’après ce que j’ai compris, cet emplacement est un repaire de hippies mais aujourd’hui il n’y a personne, seuls quelques déchets font office d’empreintes des fiestas passées.

Ça souffle, tant que ma tente reste en place, ça ne me dérange pas.

Et puis c’est repartit pour un Haïku, Barth s’amuse avec sa caméra pendant que j’essaie de mettre au point un stratagème pour effectuer une prise de son audible. C’est toujours difficile d’enregistrer quelque chose de précis en plein vent et aux abords d’une mer imposante. Alors je tente de détourner légèrement mon environnement pour le faire sonner. Aujourd’hui, j’utilise notre gamelle pleine d’eau que je place contre la parois rocheuse, à l’emplacement où les gouttes rejetées par la roche s’explosent contre le sol. J’y plonge un hydrophone ce qui me donne la possibilité d’enregistrer les impacts discrets de ce goutte à goutte permanent en évitant les ondes indésirables qui se propagent dans l’air. Je teste, parfois cela peut être étonnant et bien fonctionner, mais pas toujours.

Barth : Quand on dort à l’ombre, le soleil met du temps à chauffer les tentes… On se lève donc un peu tard, mais comme les tentes sont sèches, nous reprenons la route assez rapidement. Les trente kilomètres qui nous séparent de Sidi-Ifni sont vite avalés malgré les creux et les bosses. Le goudron est tout neuf, le paysage entre mer et montagne rappel un peu la route au nord d’Agadir et un petit vent nous pousse en nous rafraîchissant… Le pied !

Arrivés en ville, nous trouvons un café avec wifi pour mettre en ligne les haikus… Manque de pot, l’ordi n’a plus de batterie et nous ne pouvons pas le brancher dans la salle… Le temps d’un café et nous changeons de comptoir pour manger un bout avant de descendre vers la plage et trouver un bivouac au pied d’une falaise ruisselante… La lumière et le site nous inspire un nouveau haïku, mais le ciel qui se couvre et la nuit tombante nous fait vite monter le camp pour préparer à manger à l’abri.

Sidi-Ifni est une énième station balnéaire servant de refuge aux nombreux camping-caristes venus d’Europe. Je commence à me demander jusqu’où nous allons en voir au sud ? Le nombre de ces villages saisonniers de camping-cars n’est que la partie émergée de l’iceberg que représente l’expatriation de nos anciens. Plus de 500 000 français selon Ghislaine que nous avons rencontré à Mirleft, qui viennent d’élire leur député et rachètent ou construisent des villages entiers essentiellement sur la côte atlantique… Le phénomène n’est pas bien vieux et change déjà énormément le visage du Maroc quand je compare avec mes souvenirs de ma première visite d’il y a quinze ans. Qu’en sera-t-il dans dix ans ?..

 

Haiku 023 – Free Jazz

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Haiku 024 – Ecumoire

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