Mercredi 13 février 2013

35 km

Route de Guelmim

N 29°09.985' W10°05.493'

580 m

Jour 137 – Route de Guelmim

Fanch : Nous voici repartis vers notre destin, je regarde Anass s’éloigner en direction de Sidi Ifni pendant que mon esprit l’encourage. Bonne route Anass, continue ce chemin qui certainement te mènera vers le paradis.

Les températures sont en hausse, le vent est tiède, nous nous éloignons doucement de la côte et de ses courants d’air rafraîchissants. Et nous avalons nos dernières grosses montées avant… avant de découvrir, presque brutalement, cette immense plaine qui se perd dans un brouillard de sable que nous aurons à traverser prochainement. Un paysage surréaliste.

Hier nous nous sommes réveillés avec vue sur mer pour nous coucher dans les montagnes et ce soir nous dormirons au portes du désert, au creux d’une plaine de plusieurs milliers de kilomètres carré. Les murs de notre atelier nomade changent en permanence.
Guelmim nous voilà. Nous rencontrons rapidement Aziz, qui nous étonne par sa naturelle curiosité et le savoir qui en découle. Il a grandi en France mais après ses études de géologie a pris la décision de revenir au bled.

Il nous propose le gîte et le couvert mais nous devons nous mettre à jour concernant notre travail et risquons d’êtres de piètres hôtes. Aziz comprend mais insiste, alors nous acceptons avec une légère gène qui, comme d’habitude disparaît très rapidement. L’hospitalité du peuple marocain m’étonnera toujours….


Barth : Le souk hebdomadaire est déjà bien animé quand nous sortons de notre hôtel improvisé. Après un petit déjeuner au soleil nous prenons le temps de faire un portrait d’Anass, puis nous prenons chacun la route, lui vers le nord, nous vers le sud…

Un vent d’est s’est levé, et nous avons le soleil en pleine face pour notre dernière ascension. Nous arrivons au bord de l’insolation à l’ombre d’un majestueux arganier où nous prenons le temps de manger, de faire le thé et de créer !.. Il nous reste une dizaine de kilomètres de descente jusque Guelmim, nous ne sommes pas pressés.

Ça y est, c’est la sortie de la montagne ! Personnellement, je le vies comme un accouchement, du point de vue du nouveau-né… Nous glissons sur le filet de bitume qui longe la vallée et d’un seul coup un autre monde se dévoile, le plat et la poussière à perte de vue. Le Sahara et le continent africain enfin perseptibles. Un aperçu de ce qui nous attend après la halte que nous allons faire à Guelmim pour mettre à jour les différents travaux en cours.

Nous arrivons donc en ville et sommes tout de suite interpellés par Aziz, qui a reconnu notre drapeau breton. Le temps de boire le thé et après avoir tenté notre chance dans quelques hôtels complets ou trop chers, il nous invite à loger dans la maison familiale où il vit avec sa mère et ses frères et soeurs. Yallah !

Aziz a 34 ans, il a vécu longtemps en France, est diplômé en géologie et gagne sa vie en passant des voitures en Mauritanie de temps à autres. Une fois installés dans l’immense salon réservé aux visiteurs, nous passons la soirée à discuter de religion, de science, de politique, bref à refaire le monde jusque tard le soir. Aziz est très cultivé et est un véritable moulin à paroles ! Ça promet pour les jours qui viennent !