Samedi 16 février 2013

0 km

Oasis Tighmert

N 28°56.699' W 9°57.432'

280 m

Jour 140 – Oasis Tighmert

Barth : Journée tourisme et repos aujourd’hui ! Pour commencer, nous quittons la maison en compagnie d’Aziz et Boujemaa pour un petit tour au souk des dromadaires. Nous arrivons un peu tard mais il reste encore quelques bêtes à admirer. Ensuite, direction le café Ali Baba pour attendre le bus qui nous emmène à l’oasis Tighmert. Le temps d’acheter de quoi faire un tajine là-bas, de faire l’expérience des ravages de l’alcoolémie matinale chez un client qui me descend mon café d’une traite en braillant à tue-tête pour venir s’excuser juste après… Le temps aussi de louper deux fois le bus pour finir par se rabattre sur un taxi !..

Le temps marocain, le temps du sud, c’est ce qui nous attend dans l’oasis où nous posons directement le camp sous la tente d’un bédouin, une connaissance d’Aziz. Aboubaker est seul et a l’air d’avoir passé l’après-midi à surveiller les avances infructueuses d’un jeune âne à l’égard de son ânesse… Pendant que Boujemaa prend en charge la préparation d’un premier tajine, nous buvons le thé en discutant avec notre hôte grâce à Aziz notre interprète. Il nous parle de l’ancien temps où les caravanes circulaient librement dans tout le nord de l’Afrique, et de la création des états, des frontières, de l’arrivée de la modernité, de la sêcheresse qui poussent les bédouins à se sédentariser et à remonter toujours plus au nord pour troquer leur bétail contre des denrées nécessaires à leur survie… L’époque n’est pas facile depuis plus d’un siècle maintenant, mais c’est la volonté de Dieu nous dit Aboubaker.

Le soleil est tombé trop vite pour pouvoir visiter l’oasis ce soir… Qu’à cela ne tienne, quelques thés et la préparation d’un deuxième tajine occupent le début de soirée. Et c’est le deuxième service ! Mêmes ingrédients mais nouvelle recette… Nous avons changé d’espace temps ce soir, changé de monde. Pas de vélos, pas de questions, pas de prix, pas d’ordi, juste un tajine, du thé, des palmiers, des étoiles, des amis et la prodigieuse répartie de cet âne qui nous fait bien rire tous les quarts d’heure..!


Fanch : C’est le W.E. On décide de se laisser aller au rythme d’Aziz et de son cousin Boujemaa. Première destination, le marcher du dromadaire sur la route de Tan Tan, le plus grand du Maroc parait-il. J’imagine un marché habillé de bousculades et de poussière où les voix des nomades, ventant les qualités de leurs bestiaux, s’élèvent au-dessus de la foule. J’imagine un salon de l’agriculture, sans petits-fours ni cravates mais avec du sable et des bédouins.

Le spectacle n’est pas aussi extraordinaire que cela. Une dizaine de dromadaires attendent fièrement que quelqu’un s’intéresse à leur cas, pas de cravates certes mais pas énormément d’ambiance, c’est plutôt calme. Apparemment, nous avons trop tardé, la fête, c’était plus tôt, tout le monde est rentré.
Deuxième destination… Non, il faut acheter de quoi manger pour le tajine de ce midi (il est déjà 14 heures) et de ce soir.

Deuxième destination… Ah non pardon, on se pose un peu pour prendre un thé et pour rencontrer Saïd le marocain bourré qui a déclenché un scandale après avoir bu d’un trait le café noir de Barth.
Deuxième destination… Promis, après j’arrête mais on vient de louper le bus, on commande donc un autre thé ce qui nous fait louper le deuxième bus… Bon

Deuxième destination (en taxi collectif), l’Oasis Tighmert, la dernière avant plusieurs milliers de kilomètres de désert. Aziz a un plan derrière la tête (en fait, il nous en a parlé bien avant mais avec plein de inch’allah, donc je n’y avais que moyennement cru) et il nous guide directement à la tente d’Aboubaker qui nous accueille chaleureusement dans sa demeure de toile. Nous changeons alors d’espace temps. Aziz traduit les paroles d’Aboubaker qui nous fait découvrir son monde, Boujemaa prépare tranquillement la braise du tajine et nous sirotons notre thé liquoreux, les oreilles et le cœur grands ouvert, honorés de vivre ces instants en leur compagnie. Nous dormirons sous la tente du bédouin en présence de notre ami Aziz et d’un homme issu d’un peuple voyageur dont la survie dépend d’un mode de vie nomade.




 

Haiku 026 – Tighmert

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