Dimanche 17 février 2013

0 km

Oasis Tighmert

N 28°56,699' W 9°57,432'

280 m

Jour 141 – Oasis Tighmert

Fanch : Je me réveille en douceur et c’est déjà l’heure du troc. Aboubaker extrait d’une malle son trésor en nous expliquant soigneusement l’utilité et le mode de fabrication de chacun des objets. Amulette en cuir de hyène, bijoux d’ambre et d’améthyste, tapis, et autres chefs d’œuvres d’artisanat nous sont déballés. Mais il y a ici deux choses qui nous intéressent particulièrement, un flacon d’huile de cate et quelques dés de musc. L’huile de cate est épaisse, noire et dégage une forte odeur sensiblement similaire à celle du goudron, quelques micros gouttes à chaque coin de la tente suffisent à écarter les petites bestioles avec lesquelles je ne préfère pas fricoter (scorpions, serpents et autres insectes et arachnides). Le musc, est un mélange de graisse animale (dromadaire + gazelle) et de plantes, je n’en sais pas plus. Ça sent bon mais surtout, c’est un anti-moustique efficace et naturel. J’opte aussi pour changer de chech, je traîne le mien depuis trop longtemps et les quelques poils s’évertuant encore à pousser sur les cotés de mon crâne ont fini par l’user.

Ok, à défaut d’avoir quelque chose d’utile à lui proposer, on troc tout cela contre un billet jaune. C’est une somme non négligeable mais je préfère acheter double ici que simple chez un commerçant lambda d’une ruelle touristique. Enfin, après un énième thé, nous saluons Aboubaker pour une ballade au cœur de l’oasis toujours en compagnie d’Aziz et de son cousin Boujemaa.

De retour à Guelmim, l’heure est au nettoyage et graissage de nos vélos, on bricole jusqu’à la tombée de la nuit. J’ai quelques soucis avec ma chaîne, mais c’est l’heure de manger, je verrai tout cela demain.

Barth : Une série de thés en guise de petit déjeuner, quelques achats dans la malle aux trésors de notre ami Aboubaker, et nous voilà partis pour une promenade à travers l’oasis… La faim et la soif ne nous permettent pas de nous attarder dans les dix kilomètres de palmeraie et nous regagnons vite le goudron pour attendre un taxi.

En passant plus de temps avec Aziz et Boujemaa, nous commençons à en savoir un peu plus sur eux. Aziz, en plus de descendre de temps à autre une voiture vers l’Afrique, travaille sur des chantiers de prospections minières ou pétrolières dans différents pays, mettant ainsi à profit sa formation de géologue. Il est également membre de l’association « Amnesty children » basée en suisse si j’ai bien compris. Boujemaa quant à lui, a exercé différents métiers aux Canaries avant de s’engager dans la protection de la lagune de Tarfaya, en offrant ses services de guide naturaliste aux touristes. C’est un homme de terrain, très pragmatique, amoureux et fin connaisseur de la faune et de la flore saharaouie, et pourvu d’un sens de l’humour caustique… La compagnie de ces deux compères nous fait oublier le temps et les contraintes de notre atelier pendant quelques heures.

De retour à Guelmim, après avoir calmé notre faim à grands coups de sardines grillées, nous rejoignons la petite boutique de réparation de vélos appartenant à Aziz pour une révision de nos bécanes plus que nécessaire ! Les freins serrés, la chaîne rutilante, nous faisons quelques courses pour la soirée avant de regagner la maison d’Aziz. Soirée détente, écriture, dérushage et discussion théologique avec notre ami, posés dans l’immensité de tapis et de coussins qui constitue le salon…