Mercredi 20 février 2013

60 km

Rass Oumlit, route de Tan Tan

N 28°39,964' W 10°37,661'

175 m

Jour 144 – Rass Oumlit, route de Tan Tan

Barth : Le passage des routiers venant boire un thé ou faire une sieste sur notre tapis ne m’ont pas empêcher de dormir d’une traite. L’air de la montagne sans doute ! Petit déjeuner, rangement des affaires et thé d’adieu avec notre hôte Ali qui nous apprend qu’il était boulanger à Guelmim avant, et nous voilà repartis parmi les camping-cars, poids lourds et Land-rovers qui se partagent le ruban de bîtume menant vers l’Afrique. Le plafond est bas et le vent du Nord n’est pas chaud quand un des imposants cumulus masque le soleil.

Nous buvons un thé et refaisons le plein d’eau dans le premier village croisé depuis Guelmim avant d’attaquer la quarantaine de kilomètres de montagne qu’il faut avaler pour franchir la chaîne de l’Anti-Atlas. Malgré le vent nous avançons bien et la pause haïku/déjeuner au sommet nous en met plein la vue ! D’un seul coup nous apercevons l’océan tout au fond d’un paysage désertique entaillé par le lit de l’oued Drâa et sur lequel les ombres des nuages glissent comme de l’eau. Au fond dans la poussière de l’horizon, se cache Tan-Tan, à une trentaine de kilomètres vers le couchant. Nous n’y serons pas ce soir et dévalons avec le vent dans le dos quelques kilomètres pour bivouaquer dans la vallée.

Une construction en ciment surélevée au milieu d’un oued asséché fera l’affaire. Les dessins aux murs témoignent du caractère squattable du lieu et au moins ici nous pouvons dormir à l’abri du vent…


Fanch : Ali nous offre un dernier thé, puis la route continue… On repart dans ce nouveau paysage, étrangement paisible malgré les vas et viens des semi-remorques incessants.
Là, il faut grimper, encore un peu, allez, encore ! Ça y est ! Le désert se dévoile, une grandeur dorée. Les ombres des nuages poussées par le vent glissent sur les vallons. A partir de ce moment, jusqu’à la vallée du Drâa le décor dans lequel nous évoluons sera l’un des plus impressionnant depuis notre départ. On dit souvent que les fantasmes sont fait pour ne pas se réaliser, celui ci est tout simplement somptueux.

Un son saugrenu se fait entendre. J’ai dans un premier temps du mal à le localiser. Il résonne étrangement le long d’une droite parallèle à notre route. Après quelques secondes je comprend qu’il provient des lignes à haute tension. L’occasion est trop belle pour la laisser filer et même si le pylône le plus proche nécessite un peu de marche et de grimpette à travers un champ de pierre, nous décidons de faire halte ici pour sortir le matos audiovisuel. Je m’approche des câble et ne comprends toujours pas quel est le phénomène physique à l’origine de ce son de fouet. C’est flippant, ça claque, siffle, file à toute allure et résonne sur des kilomètres, je ne pige pas d’où ça vient, ça restera un mystère.




 

Haiku 027 – Métal hurlant

Pour ne rien manquer, nous vous conseillons l’usage d’un casque audio pour le visionnage de cette vidéo.