Jeudi 21 février 2013

30 km

Vallée du Drâa

N 28°33.071' W 10°56.037'

25 m

Jour 145 – Vallée du Drâa

Fanch : Les moustiques ont gâché ma nuit. Le réveil sonne une première fois à 7h30, une deuxième à 8h00. 8h30, je suis toujours couché, rattrapant mon sommeil en retard. Heureusement, Barth s’active à coté de moi ce qui me fait suffisamment culpabiliser pour m’extraire du lit. J’ai le cerveau engourdi, notre petit déjeuner est pauvre, farine d’orge, eau chaude, un peu de sel et d’huile… Je pense que l’on a foiré la recette, mais le cadre vaut les maux de ventre.

On se motive, c’est l’heure du checkpoint 003, petit retour en arrière et résumé des quinze derniers jours de route. L’occasion aussi de se poser de nouvelles questions sur le fonctionnement de l’atelier et tout et tout. Du lourd pour un matin pas très en forme.

Des questions se posent donc, c’est plutôt bon signe car elles sont synonyme d’évolution et interviennent bien souvent en post-production. Il en découle des réponses qui se métamorphosent de temps à autre en idées plus ou moins réalisables. Disons que le chemin se dessine sous nos pieds… Sous nos roues.

Et ça continue, il est minuit passé, nous sommes 30 kilomètres plus tard, dans un petit hôtel à Tan Tan, la discussion continue alors que Barth enchaîne sur le montage du checkpoint…
Après s’en être pris plein la figure avec ces nouveaux paysages, nos neurones sont bel et bien actifs ! Wahou !

Barth : Quelques moustiques, mais rien de plus à signaler durant la nuit. Petit déjeuner à base de farine d’orge gonflée à l’eau chaude selon les recommandations d’Aziz, pas très concluant, à perfectionner… Nous prenons ensuite le temps d’enregistrer un nouveau check-point avant de reprendre la route. Les vingt-cinq kilomètres qui nous séparent de Tan-Tan sont vite avalés, entrecoupés par deux contrôle de gendarmerie, un sur l’oued Drâa et l’autre à l’entrée de Tan Tan. Rien de bien méchant, mais je sens qu’il va falloir se faire à l’idée que nous ne pourrons plus nous contenter d’un sourire et d’un salut de la main en croisant ce genre de dispositif. Nous sommes dans le Sahara occidental, la région reste instable et donc très contrôlée par les autorités…

Tan Tan est une ville moyenne posée au pied d’une immense falaise au-delà de laquelle nous ne pouvons rien voir. Depuis que nous avons quitté Guelmim, j’entretiens une sensation étrange de dépaysement et de d’interrogation. Je ne m’attendais pas à trouver les caravanes de dromadaires de l’ancien temps, mais la traversée de ces paysages grandioses où l’asphalte et les lignes à haute tension croisent les vestiges de vallées autrefois verdoyantes qui ne sont que champs de caillasses aujourd’hui, me laisse perplexe. A Tan Tan comme dans toutes les villes que nous avons croisé depuis notre départ de France, la modernité occidentale et mondialisée est toujours là. Si les frontières politiques sont toujours là, les frontières sociales et culturelles me semblent bien plus marquées entre villes et campagnes, ce quel que soit le pays… Mais peut-être que ce sentiment est-il accentué par le climat vraiment doux dans lequel nous abordons le Sahara.

Nous mettons un peu de temps à trouver un petit hôtel pas cher et non complet pour finir par décharger nos affaires au « Sahara », avec l’aide insupportable d’un marocain imbibé d’alcool qui braille tout le temps. Le temps de laver mon corps collant et un peu de linge et me voilà devant l’ordi pour bosser sur le check-point et les derniers haïkus. Vous ne m’en voudrez donc pas si je ne suis pas très bavard ces prochains jours, l’ordinateur n’inspire pas vraiment ma prose…