Dimanche 24 février 2013

0 km

Tan Tan

N 28°25,703' W 11°06,559'

46 m

Jour 148 – Tan Tan

Barth : Journée repos aujourd’hui… Mais c’est souvent quand on s’arrête de bosser que la discussion se creuse et que les nouvelles idées arrivent ! En déjeunant ce midi, nous reparlions des prochaines créations en vue et du matériel à trouver ici avant de partir. De fil en aiguille, on en vient à parler des objets libres et systèmes D pour nous rendre compte que nous sommes sans doute trop focalisés sur ce que nous avons défini théoriquement avant de partir. Ce filtre de critères nous empêche de nous concentrer sur tous ces objets qui rythmes notre quotidien, et qui mêmes s’il ne paraissent pas spécialement « libres », cachent une histoire, une réalité plus large… Décision est donc prise de nous intéresser d’abord aux objets qui nous interpellent avant de savoir s’il sont libres ou non.

C’est le cas par exemple de ces gobelets de plastique ou de fer blanc qui accompagnent presque systématiquement la présence d’un point d’eau (lavabo, citerne, bidon…) Ainsi chacun peut s’abreuver en utilisant ce gobelet commun pour éviter le gaspillage lié à la méthode manuelle. Mettons de côté les questions sanitaires que ça peut engendrer, on est au Maroc. Ces gobelets donc, semblent appartenir au lavabo ou au bidon auquel ils sont attachés. N’y a-t-il pas là une forme d’économie « libre », un ancêtre du « Creative Commons » selon lequel chacun peut utiliser ce gobelet à la seule condition de ne pas se l’approprier…

La série « objets libres » est donc sur le point de s’enclencher. Nous voilà donc partis en promenade dans les rues de Tan Tan, en quêtes « d’objets bavards » et de la liste de matériel pour les futures créations. La ville me paraît plus vaste que je l’avais imaginé. Une des activités principale est la réparation automobile et la vente de carburant détaxé. Et les boutiques de denrées alimentaires sont nombreuses et variées, Tan Tan vit au rythme du passage des voyageurs motorisés en route vers le sud…

La fin de journée passe vite entre les dernières courses, un peu de web, le rangement des affaires et Fanch qui fait des trous dans une théière pour faire du son. Demain départ le plus tôt possible en direction de Tan Tan plage, notre point de rendez-vous avec l’océan à 25 kms…


Fanch : Les réflexes qui se sont mis en place depuis le départ modifient notre manière d’observer notre environnement. Et oui, quand on se ballade dans Tan Tan avec un appareil photo/caméra, un enregistreur audio et une intention de capturer un « fragment de la ville » (pour en faire un haïku par exemple), cela nous force à être attentifs. Autre chose, ces petits objets que nous collectionnons (dont vous pouvez apercevoir les vignettes sur chacun de nos articles) sont ramassés quotidiennement. Ce travail « laborieux » nous pousse à scruter attentivement le sol qui souvent raconte ce que les hommes ne disent pas. C’est fou ce que l’on peut apprendre en regardant à 50 centimètres devant ses pieds! Et puis il y a les « objets libres » qui attendent toujours que l’on s’intéressent un peu plus à leur sort, qu’ils se détrompent, on parle d’eux d’avantage. Nous savons qu’ils ont aussi des choses à nous apprendre sur la culture dont ils sont issus et nous avons de plus en plus de temps pour les écouter.

Enfin bref… C’est plus fort que nous, les recherches continuent même si nous nous étions mis d’accord pour un dimanche comme les autres, un dimanche repos.