Mardi 26 février 2013

60 km

Parking de la gendarmerie royale, route de Tarfaya

N 28°17,038' W 11°32,514'

43 m

Jour 150 – Route de Tarfaya

Barth : Après nous être fait offrir le café par une camping-carriste, nous sortons du lit de l’oued en commençant la journée par une bonne grimpette. Au sommet nous attendent un contrôle de gendarmerie, et une petite boutique pour refaire le plein d’eau. Le vent souffle en sens contraire de notre avancée, pas fort mais il nous ralenti tout de même. La route est plate à l’infini, on aperçoit l’océan sur notre droite caché sous la falaise qui borde la route à une centaine de mètres. Après 25 kms, une petite pause nous fera découvrir que la falaise est habitée par des pêcheurs, parmi lesquels Jimmy, un français de 62 ans qui vient depuis treize ans passer l’hiver à pêcher avec sa femme en camping-car. Loin de tout et surtout des autres camping-carristes agglomérés plus au Nord, il semble bien connaître les pêcheurs qui vivent toute l’année dans de minuscules cabanes avec un couteau, une théière et un verre, pour nourrir leurs familles qui vivent dans les villes du Nord.

Il faut pousser 15 kms de plus pour atteindre la double station service, où après avoir encore une fois montré nos passeports aux autorités nous avalons une omelette pour reprendre quelques forces.

Il reste vingt kilomètres et deux heures de soleil pour atteindre Sidi Akhfenir où vit Boujemaa. Nous arrivons pile à temps avant que la nuit ne tombe, et avant qu’un peintre n’ai totalement recouvert de blanc l’enseigne du « Café de France », lieu potentiel de notre rendez-vous.

Nous demandons au patron s’il connaît Boujemaa, et quelques minutes plus tard le voici, en costume de ville ! Il rentre d’une journée de réunion à Tarfaya pour l’association de protection de la lagune, et nous l’avons tiré de sa sieste. Malgré la fatigue que nous partageons tous les trois, nous passons une soirée à discuter après avoir avalé trois délicieux bars tachetés au grill…

Fanch : Le vent ne nous porte pas, non au contraire, il m’épuise. Le paysage s’aplanit de plus en plus. Il est à ce point plat que les silhouettes des lointains semi-remorques ressemblent à des immeubles immobiles qui se reflètent dans un mirage. C’est une eau qui ne mouille pas. Il n’y a plus d’élément de comparaison pour jauger les proportions.

De temps à autre, tout les vingt kilomètres, le plateau sur lequel nous roulons s’effondre vers une rivière stagnante. Puis il nous faut remonter pour joindre la mystérieuse monotonie du désert. Je sais que ce n’est qu’un aperçu de ce qui nous attend… Il nous reste un peu moins de deux milles kilomètres de route avant de revoir un arbre.

Sidi Akhfenir, petit village sur l’océan, étape de la Nationale 1. Aux villageois se mélangent routiers et pécheurs. C’est juste avant l’heure du dîner que Boujemaa nous rejoint (le cousin d’Aziz que nous avons eu la chance de rencontrer à Guelmim) au Café de France. Nous installons nos affaires chez lui avant de nous régaler avec un bar moucheter chacun.

On discute, on cause, on parle mais la journée d’aujourd’hui, l’air de la mer, le vent, les 60 bornes m’ont épuisé, je lutte contre le sommeil… Aller, bonne nuit!


 

Haiku 028 – Falaise

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