Vendredi 1 mars 2013

55 km

Route de Tarfaya

N 27°58,851' W 12°39,969'

24 m

Jour 153 – Route de Tarfaya

Fanch : Pain-amlou avalé, je sors comme prévu l’enregistreur pour quelques tests de son en attendant que Barth émerge et fasse de même avec sa caméra. Ça tourne, les roches de sable sonnent, à chacune sa note. Des pierres qui résonnent et entonnent une mélodie calcaire, il ne faut rien de plus pour m’amuser sérieusement. Boujemaa arrive de Sidi Akhfenir en plein tournage. Nous finissons notre affaire et c’est l’heure des adieux.

Et là, il nous réclame de l’argent, « pour un ami » dit-il. Je lui laisse un billet, le cœur triste d’apprendre que nous n’avons pas le même concept d’amitié. Je ne vais pas pinailler pour quelques dirhams, mais je me demande maintenant si le flouze n’était pas sa principale motivation pour nous recevoir… Enfin bref, on est de nouveau sur la route et j’y pense.

Le paysage défile. Boujemaa nous avait indiqué un petit café pour un ravitaillement en eau à 25 kilomètres, il n’en est point. 16h00, la faim se fait sentir, nous faisons halte devant une bicoque de pêcheurs. Naturellement, Maelim et Barack, ses deux occupants nous invitent à prendre un thé accompagné d’une boite de sardines. On papote tranquillement à coup de grand gestes pour tenter de se comprendre.

Il y a dans un coin de la pièce une petite bouteille de gaz dont dont le raccord tuyau est surmonté d’une seringue. Le gaz sort tout en douceur par l’aiguille, il brûle subtilement imitant brillamment la flamme d’une chandelle. C’est une bougie libre…
On s’arrête quelques bornes plus loin dans une petite cabane esseulée, entre la N1 fréquentée et la plage abandonnée. C’est parfait.

Barth : Avant de quitter la lagune, on prend le temps de réaliser la petite captation qui nous est venue à l’esprit hier après que Fanch ait remarqué que les pierres environnantes sonnent creux. Boujemaa nous rejoint pour un dernier au-revoir un peu gâché par une demande de pourboire… Business is business, on gardera quand même un bon souvenir de cet étrange olibrius !

On nous a indiqué un petit restaurant où nous pourrons faire le plein d’eau à environ 30kms… Le vent ne nous aide pas vraiment et à chaque cabane déformée par les mirages de l’horizon bouillant, l’espoir est reporté. Je n’arrive pas à pédaler aujourd’hui, les kilomètres me paraissent interminables, je ne trouve pas l’énergie des jours d’avant. Cinquante kilomètres au compteur, toujours pas de restau. On s’arrête pour une pause casse-croûte à l’ombre d’une petite baraque posée entre la route et l’océan. Elle est habitée par Barack et Maelim, deux pêcheurs qui nous ouvrent une boîte de sardines et nous coupent un oignon cru en nous servant le thé. C’est ça qui me manquait ! Nous ne traînons pas, juste le temps de photographier un chouette système D composé d’une seringue montée sur une bouteille de gaz qui produit une flamme jaune pour l’éclairage. Merci messieurs !

Cinq kilomètres plus loin nous tombons sur le fameux restaurant… nous faisons le plein d’eau et de pain et filons encore en avant pour trouver refuge dans une cabane de pêcheur non habitée. Nous remplissons presque totalement l’espace avec nos affaires mais nous à l’abri du vent, plutôt bien installés pour dîner, travailler un peu sur l’ordi, et dormir…

Barack

Maelim