Samedi 2 mars 2013

25 km

Tarfaya

N 27°56,468' W 12°55,557'

21 m

Jour 154 – Tarfaya

Barth : Le vent souffle Sud-Ouest ce matin. Nous ne tardons pas à reprendre la route, les vingt-cinq kilomètres nous séparant de Tarfaya s’annoncent difficiles. Quand le vent souffle de la gauche de la route, dans les pays où on roule à droite, le fait de croiser un camion ressemble à une énorme baffe assaisonnée de sable ! Le vent est coupé d’un coup, ce qui déséquilibre et une demie-seconde plus tard il faut serrer les fesses pour traverser le tourbillon de turbulences qui suit l’engin… Bref, du sport extrême !

On finit par arriver à Tarfaya. Fatigués on échoue à la terrasse d’un café, le temps de reprendre nos esprit et de prendre la température des lieux. Tarfaya, ancien village de pêcheur est une ville aux larges rues balayées par le vent. Coincée entre le désert et l’océan, il y règne une ambiance de bout du monde, d’île océane…

Après avoir pris nos quartiers dans un petit hôtel, je me lave et me plonge dans l’ordinateur pour mettre à jour les dernière productions, pendant que Fanch file se connecter… Il revient avec deux mauvaises nouvelles. Le vent va souffler fort contre nous toute la semaine, et nos visas marocains vont expirer dans dix jours… Pour le vent, il se peut qu’on prolonge un peu le séjour à Tarfaya, ce qui nous permettra de bosser sur la mise en ligne de nos créations et reportages. Pour les visas, nous allons faire une demande de prolongation à Laayoune… Inch’Allah !

Ce soir c’est Fanch qui bosse sur l’ordi, j’en profite pour écrire un peu tout en lui enseignant les rudiments de Kdenlive, notre logiciel de montage sous Ubuntu. Nous avons trouvé un cyber performant et accueillant, un vendeur de bisarra, une faiseuse de m’semen et les habitants de Tarfaya sont accueillants et détendus… On est bien quoi !

Fanch : 25 bornes qui comptent triple. Un gros vent d’Ouest s’est levé ce matin alors que nous enchaînons nos derniers kilomètres dans cette direction avant de virer plein Sud. Tarfaya, nous voilà. Étrange ville balayée par les vents, ruelles ensablées, le plastique roule quand le sable tourbillonne. Au premier coup d’œil, nous sentons clairement que la présence militaire s’accroît au fur et à mesure que nous descendons.

Et puis c’est deux mauvaises nouvelles qui surviennent aujourd’hui. La première, le vent d’Ouest va virer plein sud et forcir avec des rafales à 80km/h et ce, une bonne partie de la semaine prochaine. Autant dire que pédaler dans ces conditions va s’avérer très sportif. La deuxième et là c’est plus emmerdant, dans 11 jours nous serons hors la loi si nous ne faisons pas de prolongation de séjour. Sachant qu’il nous reste un peu moins de milles borne à parcourir, ça risque d’être un peu juste.
Je vais donc de ce pas me renseigner à la gendarmerie et après avoir été reçu poliment par un homme en arme, j’apprends que le service qui s’occupe de ce genre de d’affaire se trouve à Laayoune, à 100 bornes d’ici. 100 bornes en vélo avec ce vent c’est quatre jours de pédalage. A suivre.