Mardi 12 mars 2013

0 km

Dakhla centre

N 23°41,955' W 15°56,058'

9 m

Jour 164 – Dakhla centre

Barth : La journée commence par un petit dej avec Camille, assez tard car nous avons bossé tard hier, profitant de la connexion wifi dans la chambre pour régler de nombreuses choses en attente depuis longtemps. Puis, direction le commissariat pour récupérer nos passeports… Tout va bien, nous avons un mois de rab ! Mais d’ici là il faudra que nous ayons quitté la Mauritanie, il y a de la marge… Fanch doit juste refaire des photos sans ses piercings. Mimétisme de la biométrie s’appliquant chez nous ou petite leçon de morale genre « les piercings c’est pas bien », difficile de savoir…

Après une véritable « pause » déjeuner où nous prenons le temps de papoter un peu avec Fanch, le reste de la journée passe vite entre dernières lignes de codes, mails et préparatifs du départ du lendemain. Nous prévoyons de faire étape demain chez Ahmed, un saharaoui qui vit sous la tente à une quinzaine de kilomètres de Dakhla, et que Fanchic nous a recommandé. Ensuite il faudra faire une trentaine de kilomètres face au vent pour sortir de la péninsule avant d’attaquer les 250 kms avec le vent dans le dos qui nous mèneront à la frontière.

Juste avant d’aller avaler le possible dernier bissara du voyage, nous faisons des copies de nos passeports avec fiche de renseignement pour gagner du temps sur les nombreux barrages à venir. Pas facile d’expliquer efficacement notre demande à nos vendeurs absorbés par le match du Barça à la TV, mais au bout d’une demie-heure on finit par obtenir nos dix copies !

Nous tombons ensuite sur Camille, qui est en compagnie de Thomas, un français parti sans le sou sur les routes de l’Afrique et qui travaille à Dakhla depuis un mois pour pouvoir se payer le visa mauritanien et l’aller-retour à Rabat qui va avec ! Le dernier bissara se déguste donc en bonne compagnie, mais nous ne tardons pas à rejoindre l’hôtel pour fignoler un peu les préparatifs.

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Fanch : C’est bon, 30 jours supplémentaires. Excepté un petit problème de piercing nous avons obtenu notre laisser passer de manière plutôt fluide. Pas d’attente, pas de leçon de moral ou de petits chichis administratifs comme je le redoutais. Non juste un « bonjours messieurs, voilà messieurs, au revoir messieurs ». Ok. N’en parlons plus, affaire classée, petit soulagement.

Dakhla est une oasis de béton au milieu du presque rien. J’ai le sentiment d’être en « sécurité » ici. Quand je dis « sécurité » ce n’est pas en pensant être protégé d’une agression ou d’un mal quelconque. C’est juste qu’ici tout est accessible, c’est (trop) simple de se nourrir, il suffit de faire 50 mètre pour acheter une bonbonne d’eau, un jus d’orange pressé, un bissara, c’est confortable, vraiment confortable. Mais à ce premier sentiment s’ajoute une réel frustration de se sentir dépendent des villes, des humains (ne vous inquiétez, pas je reste sociable), de la petite boutique ou l’on peut acheter des aliments de base mais aussi des accès web et de l’électricité. Nous ne parvenons pas à être complètement autonomes sur de relativement longues distances/durées ,cela me gène un peu. J’ai parfois l’impression de passer plus de temps en ville que dans une nature que je trouve souvent plus stimulante. Mais cela risque de changer rapidement.

En effet, Nous quitterons Dakhla demain pour une petite étape de 15 borne mais après cela, il va falloir mettre les bouchées doubles. Même si le document que l’on vient d’obtenir nous permet de prendre encore un peu de temps au Maroc, notre visa Mauritanien expire dans un peu plus d’un mois et nous sommes donc dans l’obligation d’accélérer la cadence. Les routes qui nous mènerons au Sénégal vont se vider petit à petit, les points de ravitaillement se raréfier, le prochain distributeur automatique est à plus de 800 km et peut être que la prochaine borne WIFI aussi. Alors on grappille d’ores et déjà de petits renseignements à droite à gauche pour organiser notre imminente descente vers la Mauritanie.

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