Dimanche 17 mars 2013

90 km

Route de Dakmar

N 22°35.717' W 16°21.331'

40 m

Jour 169 – Route de Dakmar

Fanch : Hier fut une journée sportive. Rebelote. Mais la fatigue se cumule et je suis en petite forme ce matin. Le vent de nord que l’on attends désespérément reste Ouest, dur dur… Je rame dès les premières bornes. Le paysage défile lentement mais malgré cela, je peine à me concentrer et ne parviens à l’apprécier à sa juste valeur.

Nous avançons dans un désert de plus en plus désert. Il n’y a plus personne sur les bord de route, des cadavre de pneu par centaine (pour ne pas dire milliers) répondent aux squelettes de chiens et de dromadaires. Les lignes à haute tension ont disparut, La Nationale 1 s’est vidée de véhicule, comme si il n’y avais rien, là bas, au bout de cette route.

Alors c’est le silence, enfin presque.

Excepté le son qu’il provoque en percutant de plein fouet mon pavillon auditif droite, le vent n’a rien à faire siffler, vibrer, pas de feuille à agiter, rien, il se perd dans l’immensité. Mais heureusement, de temps à autre il y a cet étrange piaf, plus gros qu’un moineau mais plus petit qu’un pie qui trouble le silence. Cet oiseau dont le vole ressemble à celui d’une fusée en papier « à looping » que j’aimais fabriquer quand j’étais môme. Il décolle, monte à la verticale, à 4/5 mètre, fait une acrobatie trop rapide pour que j’arrive à la discerner pour redescendre en flèche et freiner juste avant le sol. Durant l’exécution de sa courte pirouette, il pousse un sifflement aiguë, un son pur, dénué de variation si ce n’est au niveaux de la hauteur de sa note. J’ai d’abord cru que c’était un couinement provenant mon vélo avant de d’identifier avec étonnement la source de ce son, ce presque grincement…

C’est la pause bouffe. Pain sec et fromage industriel en plat principal, une demi orange en dessert, c’est un repas 5 étoile. Pendant que Barth joue au Yann Artus Bertrand, je somnole à l’ombre d’un mur, au pied d’une antenne 3G.

J’essaie d’équilibrer ma consommation de flotte, ne pas trop boire pour ne pas épuiser les réserves, boire suffisamment pour éviter l’infection urinaire car je sais que je n’en suis pas loin.

Je suis vraiment, vraiment naz, je ne tiens plus sur mes jambe… on trouve un spot pourrie au pied d’une autre antenne 3G (a peu près le seul type de construction en dur que l’on trouve dans les parages) pour s’y planquer derrière. Bouffe suivit d’un gros dodo!

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Barth : Une fois n’est pas coutume, la nuit fut reposante ! Debout avant sept heures, nous avons mis toutes les chances de notre côté pour avaler les 130 kms jusqu’à la prochaine station… Mais c’est sans compter avec le vent qui souffle moyennement fort, plein ouest et qui sans être tout le temps de face ,nous empêche de dépasser les quinze kilomètres heure. Ça me déprime de rouler à cette vitesse, c’est fatigant, il faut faire des pauses tous les dix kilomètres pour grignoter et boire, et je n’arrive pas à oublier que si nous avions le vent dans le dos, notre vitesse serait multipliée par deux… C’est comme ça il faut faire avec ! Et les paysages sont toujours aussi grandioses, avec un peu de musique dans les oreilles je parviens à oublier le temps.

À la pause de midi, nous nous arrêtons au pied d’une grande antenne de communication. Avec les quelques cabanes de pêcheurs et les voitures, ce sont les seules traces de vie potentielle par ici. Celle-ci est habitée. Par son gardien qui à la manière d’un gardien de phare, passe de longues période seul au milieu de nul part, payé par Maroc Telecom. Nous conversons un peu et il observe notre pique-nique et le séchage du linge comme s’il regardait la télévision… Une fois requinqué, pendant que Fanch succombe à une bonne sieste, je ne résiste pas à l’envie de demander au gardien s’il est déjà monté dans l’antenne. Non ! Il a le vertige… Mais moi je peux y aller si je veux ! L’occasion de réaliser un vieux rêve… Je ne me le fais pas dire deux fois, et grimpe donc les quelques dizaines de mètres armé de l’appareil photo. L’ascension est aisée via les échelons, à condition d’être bien concentré et de prendre son temps. Une fois en haut, je laisse la parole aux images…

Quatre-vingt dix kilomètres aujourd’hui. Il nous reste assez d’eau pour bivouaquer, près d’une autre antenne… Pour la première fois nous mangeons avant de monter les tentes. Le soleil, le vent et les kilomètres nous ont lessivés…

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