Mardi 19 mars 2013

90 km

Frontière Maroc-No Man's Land

N 21°21.882' W 16°57.659'

20 m

Jour 171 – Frontière Maroc, No Man’s Land

Fanch : « Branle-bas le combat!!! Le vent est nord, le souffle du Nord, il est bien là, il est fort, allez mon ami, on y va! »
Effectivement, il est bien là. Ô combien ce vent nous ravi, il nous pousse jusqu’à la frontière dans un paysage radieux. Nous zigzaguons dans un immenses champs de monticules, tantôt de pierre, tantôt de sable. Devant nous, à quelques centimètres au dessus du sol, le sable et et son ami le vent génèrent des arabesques qui ondulent à la manière d’une aurore boréale.

Nous roulons nos derniers kilomètres sur cette fameuse Nationale 1 qui mériterait le prestige de la route 66 traversant d’est en ouest les States. Longue de plus de 2300 bornes, elle nous aura portée à travers le désert marocain et malgré les obstacles qui s’y sont présentés, je lui suis reconnaissant pour tout ce qu’elle nous à offert et de ne pas avoir eu de réelles emmerdes.

Et ce vent… Qu’il est bon, ce foutu vent!
De notre escapade Saharienne cette journée fut peut-être la plus délicieuse, pour le moment car ce n’est point terminé.

C’est donc ici, au port du « No Man’s Land » que se termine notre route Marocaine. Enfin presque car nous ne sommes pas encore de « l’autre coté ». Mais bon, c’est quand même l’heure de la petite séquence émotion. Et oui, je tiens à remercier le pays qui vient de m’accueillir et pense faire de même à chaque fois qui je quitterai une nouvelle terre, comme un accord, un arrangement personnel. Enfin bref…

Alors merci, tu m’en a foutu plein la vu, plein les oreilles, plein le crane. Une belle gifle culturelle qui a remise en place quelques idées préconçues (et oui, sans l’expérience de l’ailleurs, l’imagination suit parfois de trompeuses voies). De la neige et des montagnes, des dattiers et des rivières, des dune et de l’espace, des arabes, des Berbers, des Saharaoui et des Bédouins, tu détiens là un bien beau trésor. Cultives le, essais juste de trouver le moyen de le conserver en ouvrant tes portes au monde mais prend garde à la tentation de la consommation et de la gadgetisation, c’est une merde venu du nord et vraiment tu vaut mieux que cela. Prends soin de tes peuples de tes gens aux larges sourires, beaucoup d’entre eux te font confiance alors ne les déçois pas s’il te plaît. J’ai regardé, écouté et compris de petites parties de ce que tu ne dévoile pas à tout le monde, mais beaucoup reste encore à découvrir, beaucoup je sais. Mais comme nous avons souvent entendu dire par chez toi, « une autre fois inch’allha », une autre fois tu m’en diras un peu plus.

Je pourrai m’étaler encore et encore mais c’est déjà assez pompeux comme cela, alors… Sbaha!!!

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Barth : Début de journée toujours un peu studieux, pour finir de mettre à jour le site, tenter en vain quelques commandes de matériel, tout ça avec une connexion très capricieuse. Heureusement, dehors le vent de nord s’est levé et commence à faire voler le sable. On devrait pouvoir avancer rapidement pour se rapprocher de la frontière, nos derniers kilomètres marocains seront peut-être de la voltige enfin !

Après avoir avaler une improbable pizza, nous enfourchons donc nos montures sous un soleil de plomb. Les premiers dix kilomètres vers l’ouest sont un peu poussifs… Le vent latéral freine bien et ne permet pas d’atteindre plus de 18 km/h sans prendre un coup de surchauffe. Mais soudain la route vire plein sud, après avoir frôlé l’océan, et là le réacteur se lance, donnant tout son sens au vélo couché. Sans effort, nous filons à 30 km/h sur le ruban d’asphalte qui coupe le désert en deux ! Enfin !!! J’exulte ! Je pousse jusque 40 km/h sur quelques centaines de mètres en ayant au préalable revu la structure d’en-roulage de mon cheich pour une meilleure ventilation des voies aériennes…

Bref, que du bonheur, et les paysages sont incroyables. Les dunes succèdent aux petits massifs de roches dentelées pour la plupart surmontés de petits tas de pierres aux formes aussi variées qu’évocatrices. Les tags du déserts sans doute… Je l’excuse pour le manque d’images sur ce coup là, mais à trente km/h, impossible de s’arrêter !

Du coup les 86 kms jusqu’à la frontière sont avalés en quatre heures et sans grosse fatigue (par rapport aux 90 kms laborieux des derniers jours)… Le soleil se couche quand nous atterrissons dans le cul de sac du poste frontière fermé depuis quelques heures. Une station, deux hôtels dont un avec des tentes collectives, nous décidons de suivre les traces de Camille qui a squatté la salle de billard du café deux jours avant contre une somme raisonnable. Il nous reste quelques dirhams à dépenser, le reste ayant été changé à Dakmar, donc tajine, thé, billards tout en discutant avec quelques maliens de retour vers leur pays, d’un basketteur sénégalais en route pour Casablanca et du serveur du café venu de Marrackech travailler ici quelques mois avant de se marier cet été. Ambiance détendue donc, en cette veille de passage de frontière. Pourvu que ce soit la même demain !

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