Jeudi 21 mars 2013

95 km

Route de Nouakchott

N 20°38,114' W 16°00,953'

41 m

Jour 173 – Route de Nouakchott

Fanch : Notre route s’enfonce peu à peu dans le Sahara, disons plutôt qu’elle s’éloigne de la côte nous donnant l’opportunité de goûter à un nouveau climat, bien plus rude. Nous troquons la fraîcheur des embruns contre un soleil de plomb… Et je pèse mes mots. Le vent est quasiment nul en début d’après midi et la chaleur difficilement supportable. Je sue de tout mon corps, mon vélo aussi. Je commence à m’habituer à l’eau chaude de mes gourdes, aux bonheur que procure ces infusions goût plastique.
En revanche les points de ravitaillement sont de plus en plus réguliers. On trouve une petit boutique tout les cinquante bornes environs ce qui nous permet de ne transporter qu’une « petite » quantité d’eau et de se lâcher sur la bouteille. Je bois abondamment sans pisser une seule goutte, c’est à la fois pratique et effrayant.

En fin d’après midi, alors qu’il ne nous reste qu’une quinzaine de borne nous séparant de notre fin d’étape, un violent vent de sable se lève. C’est incroyable, je le vois qui voile l’horizon, assombrit le ciel, en une minute, il vient nous frapper de plein fouet… nous sommes chanceux, ce thermique suis notre route et nous aide à avaler les derniers kilomètres.

La fin de notre étape, c’est un barrage de gendarmerie, nous le savions d’avance. On ne nous demande pas si nous voulons passer la nuit ici, nous n’avons pas le choix. Mais l’accueil qui nous est réservé, aussi simple soit-il, est sincère et amical. Il sont jeunes, tous jeunes et curieux de comprendre ce qui nous motive dans cette folle escapade. Nous en profitons pour discuter de la sécurité du territoire Mauritanien (entre autre) avec Momadou, engagé par (relatif) dépit. Je n’ose imaginer le nombre d’homme mobiliser pour « notre » sécurité. Avec les contrôles bitumes sont régulier, les nombreux postes avancés dispersés à travers le désert, des patrouilles mobile… Toute ces mesures militaire et policière ne laissent que peu de place à nos inquiétudes.

Notre auberge du soir est une ruine de caravane de la gendarmerie national qui oscille bruyamment en réponse aux violente bourasque. Je ne suis pas certain que mon sommeil supportera les secousse mais suis ravie de me retrouver en ce lieu insolite. Le deuxième jour en république islamique de Mauritanie est celui de la revanche, je m’y sens déjà beaucoup mieux qu’hier.

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Barth : C’est le printemps aujourd’hui en France… Pour nous c’est la chaleur qui commence vraiment, enfin ! Nous avons donc pris le parti de foncer jusque Nouakchott sans trop chercher à produire de nouvelles choses. Quatre cent kilomètres en plein désert et loin de la douceur de l’océan contrairement au Maroc. Le vent sur lequel nous comptions n’est pas vraiment au rendez-vous aujourd’hui, il n’arrête pas de changer de direction en évitant soigneusement de nous pousser…

Au bout de quarante kilomètres il faut faire une pause pour reprendre des forces, manger un peu, et laisse redescendre la température de nos corps. Seulement voilà, il n’y pas une seule zone d’ombre à l’horizon… Rien d’autre que le sable, les cailloux, quelques dromadaires et buissons. Il faut avancer encore. Nous finissons par trouver refuge sous une tente saharaouie plantée au bord de la route et sous laquelle vivent trois femmes et deux enfants. Des routiers sont aussi en train de souffler ici… La chaleur est écrasante, la petite fille âgée d’une dizaine d’année, épuisante dans son obstination à se chercher un cadeau parmi nos affaires ( ce n’est sûrement pas la première fois qu’elle croise des touristes… ). Mais nous trouvons une place sous la tente pour avaler un morceau de pain et plusieurs théières de thé bien chaud. La discussion alterne entre les routiers et la petite fille… Je reste concentré sur la préparation du thé, trop assommé pour faire des efforts de communication…

Puis nous repartons, toujours au milieu de nulle part… Il faudra atteindre les soixante-dix kilomètres au compteur pour trouver une petite boutique pour faire le plein de provisions… Les sodas remplacent les fruits, c’est le retour des pâtes, et nous faisons le plein d’eau bien sûr. Voici notre nouveau régime mauritanien… Ensuite direction le poste de police à 25 kms pour y passer la nuit. Au bout de dix kilomètres, je sens d’un coup toutes mes forces m’abandonner. Il faut absolument que je mange quelque chose, les bouts de pains avalés n’ont pas suffit à encaisser l’effort physique. Je grignote donc quelques dattes quand soudain le désert se métamorphose. D’un coup le vent se lève, balayant le sable au point de ne presque plus voir le goudron de la route. Le soleil déjà bas devient rouge et les silhouettes des dromadaires s’effacent dans la poussière de l’horizon. Heureusement il ne nous reste que quelques kilomètres à parcourir et le vent nous pousse !

Nous arrivons donc juste à temps avant la nuit, au poste de police, en pleine tempête de sable. Et nous sommes bien accueillis ! On met à notre disposition une vieille caravane de la gendarmerie ouverte au vent et pleine de bazar, mais qui nous permet de préparer à manger et de passer la nuit sans trop de problème. Les gendarmes sont très sympas, tous jeunes et amusés de nous voir débarquer, ce qui casse un peu la routine ! Nous discutons longuement avec l’un deux, âgé de 28 ans et qui nous envie de pouvoir visiter le monde ainsi. On parle de terrorisme aussi, de musique, et de son village d’origine près de la frontière sénégalaise où nous passerons sûrement ! C’est vraiment une autre ambiance la Mauritanie, rien à voir avec la douceur de vivre marocaine… Mais nous n’avons encore rien vu !

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