Samedi 30 mars 2013

0 km

Auberge Ménata, Nouakchott

N 18°05,589' W 15°58,643'

12 m

Jour 182 – Auberge Ménata, Nouakchott

Barth : La grande tente dans laquelle nous dormons sur le toit de l’hôtel est exposée au soleil vers huit heures le matin, ce qui a pour effet de me tirer du lit à une heure raisonnable et de bonne humeur ! Se faire réveiller par le soleil reste chose relativement agréable…

Nous avons vaguement rendez-vous en fin de journée pour aller boire le thé chez un américain chez qui loge Camille. Une première sortie en douceur qui pourra peut-être nous permettre d’accéder à une bonne connexion en plus ! Du coup, il faut mettre les bouchées double pour finaliser un maximum de choses à mettre en ligne. Je laisse Fanch avancer sur le checkpoint et m’occupe d’appeler l’aide de l’ami George pour enfin réactiver notre site ! Mais je me rends compte au même moment que nous sommes le week-end de Pâques, il risque de ne pas être vraiment disponible…

Finalement, pas de nouvelle de Camille, la journée file vite… Le checkpoint est enfin prêt en fin d’après-midi, reste à le mettre en ligne et pour ça il nous faudra trouver une nouvelle connexion… Les tentatives de synchronisation du site ont toutes échoué encore aujourd’hui par contre j’ai réussi à mettre à jour le système de l’ordinateur qui semble mieux tenir la connexion. Peut-être que demain ce sera la bonne !

Depuis quelques jours il fait de plus en plus chaud, particulièrement autour de midi quand le vent tombe et que l’air devient épais de chaleur. Le soir, quand la fraîcheur revient, le soulagement est de courte durée car c’est aussi l’heure à laquelle sortent les moustiques affamés qui font tripler de volume mes chevilles quand toute ma concentration est absorbée par l’écran…

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Fanch : Une envie irrésistible me pousse à jouer avec les sons engrangés depuis le début du voyage. Jouer, ce mot intègre à la fois les notions de musique et d’amusement, c’est bien de cela qu’il s’agit.

Les instrument virtuel et expérimental que j’ai ressortis hier me pousse à repenser l’identité de mes enregistrements. Je ne les considère plus comme un ensemble d’unités indépendantes les unes des autres mais plutôt comme un tout. Je pars du principe qu’un enregistrement raconte l’histoire d’un instant précis à un moment précis. Mais jusqu’à présent quelque chose m’empêchait le mélange de ces histoires comme si le seul fait d’assembler deux enregistrements anéantissait le sens de chacun d’entre eux.
Alors je retombe sur une question qui me turlupine l’esprit depuis le début du périple, depuis bien plus longtemps d’ailleurs. comment exploiter intelligemment et de façon créative mes enregistrements audio?

Bien que je sois un adepte de la simplicité (en réalité j’aime les choses qui « paraissent » simples mais qui sont infiniment subtiles), je ne trouve pas de sens – excepté dans un but informatif- à diffuser tel quel une captation sonore sur une simple paire d’enceintes. Je ne vois pas non plus pas l’intérêt de retravailler le son pour qu’il paraisse, à la réécoute, aussi vrai si ce n’est pas mieux que nature.
Pour sortir de ce schéma je ne vois (pour l’instant) que trois options.
La première consiste à chercher de nouveaux modes de diffusions, oublier les enceintes ou plutôt, aller au delà en inventant puis en offrant au son un nouveau support de diffusion.
La deuxième solution est de (re)contextualiser un enregistrement en le confrontant à l’environnement dont il est issu ou en tout cas en réfléchissant l’espace de diffusion.
Et la troisième c’est bien sûr la composition. Fragmenter, éclater, fusionner, assembler, couper, boucler, superposer. Le compositeur peut exprimer par ce travail une idée sensible et singulière en empreintant à la vie quelques un de ses bruits, sons, rythmes et timbres.
Quand on parle de créativité, à mon sens il faut commencer par une de ces trois options.

Enfin, cette replongé au cœur du monde la MAO Open Source réveil une certaine motivation, c’est bon signe.