Dimanche 31 mars 2013

0 km

Centre de Nouakchott

N 18°05,339' W 15°58,918'

30 m

Jour 183 – Centre de Nouakchott

Fanch : L’objectif notre fin d’après midi est d’aller d’un point A vers un point… Indéfini, de se laisser guider par nos pressentiments ou par une éventuelle rencontre, en espérant découvrir un petit secret.

Nouakchott continue de nous dévoiller, au compte goutte ses caractéristiques étonnantes. Une capitale ou le sable est roi. Seules les avenues principale semblent goudronnées, mais le sable envahi tous les axes secondaires, rues et ruelles, petites places de quartier, les trottoirs sont eux, inexistant. Les promenades dans ce sable mou s’apparentent rapidement à une randonnée sur G.R. côtier.
Mais les tumultes du trafic routier, l’odeur d’échappement mêlé à celle de poissons en décomposition, l’architecture hétérogène, le bruit strident des meuleuses provenant des ateliers de ferraille celui des klaxons et des moteurs nous plonge dans une ville réellement vivante presque anarchique, et le coté exotique du sable se fait vite oublier.
Le soleil baisse progressivement, les ombres s’étire au sol.

Ici, ce joue un match entre occident et tradition. Un homme en boubou (tunique sharahoui) sort de son 4×4 flambant neuf, le téléphone collé à son oreille droite, il attrape son ordinateur portable sous le bras gauche pour fermer d’un mouvement du bassin la portière conducteur de la grosse bagnole. À 5 mètres de lui, un vendeur de clope à l’unité le regarde en mâchouillant un bout de racine.Vêtu sobrement d’un vieux jean jaunit par la poussière et d’une veste de lin bleu marine, il est affalé à même le sol. Sur son mini stand un mini mégaphone diffuse en boucle un slogan pré-enregistré stipulant que ses Malbo sont 100% qualité.
On se rends rapidement compte que les contrastes ne sont pas uniquement d’ordre culturel, le fric côtoie la misère, le béton côtoie le bois et la taule ondulé, le Hassani côtoit le Peul. La distribution des richesses reste une fois de plus fortement désavantageuse pour une grosse part de la population avec un arrière goût de discrimination racial. Le business de bureau pour les mauritanien du nord, le business des rues pour les blacks venus du sud ou d’encore plus au sud. C’est semble-t-il le même schéma qui se reproduit partout.

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Barth : Couché tard et réveillé tôt par le soleil, il faut un peu de temps pour refaire surface, le temps pour le soleil de rendre l’air brûlant… Ce matin la connexion fonctionne et j’ai réussi à compresser un peu plus la base de données. Résultat, le site est enfin de nouveau accessible !! Après quatre jours de tentatives infructueuses… Mais ces difficultés m’ont appris à optimiser encore plus le protocole de synchronisation, ce qui devrait faire encore gagner du temps les prochaines fois !

L’auberge est le lieu de passage de pas mal de monde. Clients, guides touristiques, anciens employés… Par exemple hier soir nous discutions avec Dahi, un mauritanien représentant d’une société belge de distribution de films, séjournant ici avec sa femme d’origine bretonne. Kusturica, les frères Darden, et d’autres, surgissent donc dans la conversation sans qu’on s’y attende !.. Ce matin, c’est M. Mohamed Mahmoud Ould Bowbe, président de l’Association nationale des guides sahariens qui est venu nous parler d’une lettre ouverte à François Hollande revendiquant le déclassement en zone rouge de la plupart des sites touristiques mauritaniens. Effectivement, la Mauritanie semble bien plus sécurisée que tout ce que nous avions pu entendre avant d’y séjourner, et la chute du tourisme de ces dernières années a des conséquences économiques et sociales assez lourdes pour un pays aussi fragile. Zone rouge, zone rose, zone blanche… Une mise en couleur arbitraire qui semble masquer des intérêts bien plus flous que la seule sécurité des ressortissants français…

Pendant que Fanch s’immerge dans le bidouillage de Pure-Data, j’en profite pour faire une grosse lessive puis nous partons nous promener au hasard des rues de Nouakchott. Nous traversons ainsi une zone complètement verte au coeur de la ville, un oasis végétal au milieu de la poussière où de nombreuses plantes et fleurs sont cultivées à l’ombre des grands arbres, alimenté par un compost à base de sciure de bois… Notre errance nous conduit ensuite dans un café très branché et très cher qu’Aziz, un des loustics de l’hôtel nous a recommandé pour sa connexion internet. Effectivement le débit en upload est satisfaisant, mais tout de même pour charger les 600 Mo du checkpoint il faudra compter presque quatre heures… Nous prenons donc notre mal en patience et installons la succursale de notre atelier en avalant une pizza. Finalement, un peu avant minuit, le chargement est complet ! Ouf ! Direction l’auberge, à pieds car les taxis sont rares et chers à cette heure, pour une nuit sereine…

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