Mardi 2 avril 2013

0 km

Route de l'Institut Culturel Français

N 18°05,568' W 15°58,757'

16 m

Jour 185 – Route de l’Institut Culturel Français

Fanch : Une haute muraille de bétons qui cours sur plusieurs centaines de mètres et couronnée sur toute sa longueur d’une guirlande de barbelé, un homme en arme vêtu d’un uniforme de l’armé mauritanienne… Au premier abords, cela ressemble plus à l’enceinte d’une prison ou d’une cargaison militaire qu’à un centre culturel. En réalité ce mur est une frontière qui sépare la Mauritanie de la France. De l’autre coté se trouve les bâtiments de l’Ambassade, ceux de l’Institut Français et que sais-je d’autre encore. Avant de pénétrer dans l’enceinte, j’avais en tête un espace peuplé de dandys au visages pales rassemblés entre expatriés, pour combler un manque social et affectif évident. Mais une fois passé le détecteur de métaux je réalise alors que ce lieu est fréquenté en majorité par les mauritaniens. Autant pour moi et ça ne peu que m’enchanter!

Nous faisons un rapide tour du domaine. L’exposition actuelle est une restitution d’une série d’ateliers de créations effectués au sein de plusieurs écoles primaires. En soit, ce n’est pas passionnant mais il faut dire que c’est plutôt rassurant de constater que l’expression plastique commence à fleurir dans les classes certaines écoles de Nouakchott. Au fond, là bas, on entends les clapi ti tap s’échapper d’un cour de percussions africaines. A notre gauche, dans un petit bâtiment, on identifie le studio de répétition devant lequel un guitariste néophyte s’essaie aux accords barrés. Pas facile. Il est à noté que c’est ici que l’on peut trouver l’unique cinéma de Nouakchott et je crois, de Mauritanie ainsi qu’une médiathèque et une imposante scène extérieur au pied de laquelle, tout les jeudi soir la jeunesse de Nouakchott se rassemble devant l’événement hebdomadaire.

Nous nous décidons à pousser la porte de l’administration et avons l’honneur d’être reçus par Émilie Droin, chargée de mission culturelle. Nous en apprenons un peu plus sur laborieuse évolution culturelle mauritanienne, particulièrement dans le domaine des arts plastique (pour ne pas dire contemporains). Elle nous a entre autre, donné l’adresse web du blog de Francesca Nucci, ethnologue ayant étudié le sujet en profondeur : arts-plastiques-mauritanie. N’hésitez donc pas à y jeter un oeil si cela vous intéresse.

L’entretien se termine avec un jus d’orange pressées à la cafétéria de l’institut, je m’autorise ensuite un petit tour dans dans le studio ou j’assiste, ravi, à une répétition… à l’africaine s’il vous plaît! Ça joue grave dans le coin!

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Barth : Il faut déjà penser à la nouvelle synchronisation du site, la précédente ayant duré si longtemps que nous n’avons pas vraiment pu profiter du calme qui suit normalement. Le programme de la journée est donc tout vu en ce qui me concerne… Mais grâce à la connection du café de Tunis que nous n’avions jusqu’alors pas repéré à quelques minutes de l’auberge, l’affaire est classée à midi ! Ensuite c’est décidé, j’enchaîne sur les montages en retard, je ne me sens plus dans une énergie créative avec autant de vieux dossiers sur le bureau… Besoin de finir les choses, de tester les formats et les langages aussi et de tourner la page du Maroc et de l’Europe qui paraissent si lointains dans le temps maintenant…

Un peu de courrier en début d’après-midi, et nous voilà partis visiter l’Institut Français de Nouakchott. La place est bien gardée, par des hommes en armes, une fouille à l’entrée et de nombreuses caméras de surveillance… Le bâtiment jouxte celui de l’ambassade de France, ceci explique sans doute cela… Après avoir visité les lieux, une cafétéria, une immense cour, une salle d’exposition, une bibliothèque, et des locaux pour les ateliers de musique ou de dans, nous pénétrons dans les locaux de l’administration. Après plusieurs échelons, nous atterrissons dans le bureau d’Emilie, une française chargée de mission culturelle à l’Institut qui nous éclaire sur les différentes activités culturelles de la ville de Nouakchott, en particulier les contacts de différents artistes plasticiens et musiciens qui sont associés à l’institut. Que de rencontres en perspectives !

Pour ce soir, ça suffit… La nuit tombante à fait venir une fraîcheur humide qui nous pousse à vite rentrer à l’auberge pour manger et… Travailler, bien sûr !! Minuit passé, Abdoulaye, le jeune et discret gardien de nuit, vient nous faire la causette. Originaire de Guinée, il veut lui aussi rejoindre l’Europe pour y gagner en quelques années de quoi faire vivre sa famille pour le restant de ses jours… Mais son point de vue très rationnel sur l’Afrique, nous surprend. Selon lui, le principal problème vient du manque d’éducation, et il semble espérer de tout son coeur un « printemps noir » dans la lignée des printemps arabe… Inch’Allah ! Un jour l’Afrique se réveillera, j’y crois aussi !.. D’ici là, prend garde à toi sur la dangereuse route de l’émigration clandestine…