Lundi 15 avril 2013

40 km

Tingent

N 17°10,135' W 16°02,754'

20 m

Jour 198 – Tingent

Barth : Levé matinal après une bonne nuit de sommeil. Le soleil commence déjà à faire chauffer l’air alors qu’un troupeau de chèvres semble nous faire signe de quitter les lieux. Nous apercevons en partant un homme qui semble être le seul habitant du hameau… Fanch n’est pas en forme, un coup de chaud sans doute, les quarante kilomètres nous séparant de Tingent, le prochain village, sont donc éprouvants. Plus les heures avancent et plus l’air devient brûlant, 45 degrés selon le quatuor de motards qui nous double juste avant un barrage de gendarmerie où nous faisons une pause. Le paysage change peu à peu, le sable est de plus en plus rose, tirant même vers l’orangé, et partout de petits villages plus ou moins habités et dont les minuscules baraques sont peintes en couleurs vives du jaune d’or au bleu turquoise. J’aperçoit même une petite mosquée rose fluo et crème, pâtisserie de béton au milieu du désert. Les arbres sont de plus en plus nombreux également, abritant une faune pas encore très variée, mais rassurante après ces centaines de kilomètres de désert. De grand corbeaux au plastron blanc, quelques écureuils, lézards et insectes peuplent cette région…

Nous finissons par nous échouer dans le premier restaurant de Tingent où nous retrouvons les motards. Nous y passons plusieurs heures à dormir sur les matelas disposés dans toute la salle, boire beaucoup et manger un peu en attendant que l’air se rafraîchisse… Finalement, vers seize heure trente, il fait toujours aussi chaud, nous nous sommes sans doute trop éloigné de l’océan pour bénéficier de sa douceur le soir. La sensation de vivre dans un four à chaleur tournante n’arrange pas la santé du pauvre Fanch qui ne se sent vraiment pas bien. Décision est prise de rester pour la nuit à Tingent. Je pars avec Camille à la pharmacie pour trouver de quoi remonter Fanch qui reste assis à l’ombre… Et chose incroyable, le pharmacien en plus de nous trouver un médicament approprié, nous propose de nous prêter sa maison pour la nuit, gratuitement ! En attendant qu’il ferme sa boutique nous allons nous reposer dans un autre restaurant pour siroter un thé. À la tombée de la nuit, notre pharmacien hôtelier nous conduit donc dans sa petite maison, nous indique une douche dans la maison voisine et nous souhaite une bonne nuit. Une seule pièce, avec l’électricité, de quoi faire la cuisine, un matelas et quelques affaires, la garçonnière mauritanienne d’un pharmacien célibataire. Un bon bol de riz, quelques litres de thé, et au lit sans cérémonie… Et dans un demi sommeil, vers minuit, le pharmacien vient nous avertir qu’il y a un incendie dans une boutique pas loin, nous conviant à venir assister au grabuge colle s’il s’agissait d’un feu d’artifice ! Pas le courage de se relever, même si la ville entière doit être attroupée là-bas…

IMG_9645IMG_9648

Fanch : 8 heure n’a pas encore sonné que l’air est déjà chaud. Le lever commence bien et excepté quelques petits soucis gastriques que je traîne depuis un moment, je me sens en dans un forme tout à fait convenable. La route s’annonce donc bien. Mais au bout de quinze bornes je doit faire un pose. Je suis nauséeux, je n’ai plus de force et des vertiges commencent à se manifester. La température de l’air grimpe en flèche, à notre deuxième pause, il fait 42 degrés et pour moi, ça ne vas pas du tout. Je ne pense qu’à m’allonger quelque part au frai. Le village que nous vison n’est plus qu’à 6 bornes, c’est pas grand chose mais je sais que ça va être dur.

J’avance tout doucement, Camille et Barth s’adaptent à ma cadence, il me suivent et me surveillent sans rien dire. Quand nous arrivons enfin j’ai l’impression d’avoir parcouru 150 kilomètres alors que nous n’en avons roulé seulement 40. A Tingent, j’indique à mes amis un restaurant sur notre droite, pose mon vélo contre une balustrade et me précipite à l’intérieur pour m’étendre sur une banquette. Après avoir échangé quelques mot avec 4 sympathiques motards français, je m’effondre dans un lourd sommeil.

A mon réveil, ça va un peu mieux, je propose à mes amis de reprendre la route, mais après avoir remballé nos affaire et fait quelques courses, les vertiges reprennent. On en conclu à un coup de chaud, c’est foutu pour aujourd’hui on va dormir à Tingent. Barth et Camille partent à la pharmacie demander quelques conseils concernant mon cas pendant que je reste posé à l’ombre. A leurs retours, ils m’annoncent que le pharmacien nous propose le gîte. Impeccable, merci les copains, vous avez assuré! J’espère juste que demain matin je me serai remis de ce petit coup dur…

IMG_9653IMG_9656