Mardi 16 avril 2013

50 km

Tingent

N 16°55,312' W 16°07,183'

19 m

Jour 199 – Tingent

Fanch : Je me sens mieux. Pour éviter de reproduire la même erreur qu’hier, nous avions pris la ferme décision de partir de bonheur pour rouler sous les premiers rayons du soleil, avant que la température ne soit trop rude. Mais Mohamed, notre ami pharmacien nous retient et tente de nous convaincre par tout les moyen de rester une nuit de plus. L’envie d’accepter sa proposition est réelle mais notre visa expire dans trois jours et même s’il ne nous reste que peu de kilomètres à parcourir avant le Sénégal, notre seul certitude est que nous ne connaissons rien à la suite des événements, quand il s’agit d’administratif, on ne peut pas se permettre de rester glander.

Le temps de lui faire admettre que la frontière est à 160 bornes (dont une bonne moitié de piste) et non pas à 80 kilomètres comme il l’affirme, il est déjà trop tard pour prendre la route. Il va nous falloir attendre 16 heures. Que voulez vous… Certains ne lésinent pas sur la question d’hospitalité.

Alors, nous continuons notre descente vers le fleuve (Sénégal), les dégradés de couleurs nous ravissent. La route ondule entre les dunes maquillée d’un subtile camaïeu orangé et mouchetées d’arbres aux épines acérées. Le vent est avec nous, les températures sont clémentes et comparé à hier, cette journée n’a strictement rien à voir. Que du bonheur.

Pour couronner le tout, nous sommes invités dans la demeure d’une joyeuse bande de potes qui nous accueillent à bras ouverts. Un cabri est égorgé en notre honneur. Nous assistons au sacrifice Ces loustics travaillent sur le goudron qui remplacera prochainement la piste que nous emprunterons demain.

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Barth : Huit heures du matin, Mohamed notre pharmacien débarque avec du pain frais et de la menthe pour préparer le thé… Ça va être compliqué de décoller avant la chaleur, d’autant qu’il nous incite à rester une nuit de plus pour partir en voiture le lendemain matin. Nous passons une bonne heure à lui expliquer que Diama se trouve à 170km et non à 70km comme il nous l’assure et que notre visa expirant le 19, il nous faut nous dépêcher de sortir. Quoiqu’il en soit nous sommes coincés, le soleil est déjà haut. Nous partirons vers 16h, à vélo, à moins que nous trouvions un véhicule pour faire les 50 kms de goudron avant de rejoindre la piste. La matinée et le début d’après-midi se passent donc à l’ombre de sa petite maison, sous le regard inépuisable de trois gamins très collants. Mohamed n’est pas vraiment pharmacien, mais technicien préparateur. Son métier autrefois incontournable est aujourd’hui remplacé par l’arrivée de nombreux médicaments chinois à très faible coût. Heureusement il a une autre corde à son arc puisqu’il est également journaliste, écrivant régulièrement des articles en langue arabe pour la presse mauritanienne au sujet de la religion et des questions sanitaires. La prochaine étape consiste à apprendre le français pour faire partie de l’élite des journalistes…

Vers 16h, le vent tourne enfin et la fraîcheur rend le départ possible. Une cinquantaine de kilomètres dans un fantastique paysage de dunes rouges avec un vent frais dans le dos, que du bonheur ! Pour la première fois depuis si longtemps les arbres sont assez grands et serrés pour former par endroits de véritables sous-bois où paissent chèvres, vaches et dromadaires. La route goudronnée est l’artère de cette région, tout le long tentes et cabanes peuplent le désert et tous les cinq kilomètres, une petite mosquée et une boutique signent la présence d’un village. A la tombée du jour, nous arrivons à l’endroit où la piste récemment goudronnée quitte la route. Un homme nous invite à passer la nuit dans sa maison. Mamed travaille pour la société qui gère les travaux de goudronnage de la piste, il vit avec sa femme et son petit frère dans une grande maison… Pour l’occasion, et pour faire plaisir à son collègue Ousmane qui part en week-end le lendemain, Mamed décide de tuer un cabri. Nous assistons donc à l’abattage puis au dépeçage à la lueur des lampes de poches, avant de partager un dîner très animé par les histoires que nous racontent Mamed et Ousmane. Tout deux ont moins de quarante ans, le premier est beau parleur et s’est marié quatre fois sans avoir d’enfant tandis que le second, bien plus sage est marié depuis huit ans et a deux enfants. Mais cela ne les empêche pas d’être bons amis et de très agréable compagnie…

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