Mercredi 17 avril 2013

35 km

Keur Massene

N 16°33,268' W 16°14,248'

7 m

Jour 200 – Keur Massene

Barth : Grâce à nos hôtes nous sortons du lit avant sept heures et profitons de la fraîcheur matinale pour rejoindre Keur Massène, le premier village sur la piste de Diama à une trentaine de kilomètres. Les deux premiers kilomètres se font sur un bitume reluisant que nous devons hélas quitter pour rejoindre l’ancienne piste faite de creux et de bosses parfois recouverts par les dunes. La progression est laborieuse et malgré un paysage toujours aussi beau, nous ne profitons pas vraiment… Les oiseaux sont de plus en plus nombreux, colorés et bruyants, annonçant le fleuve Sénégal qui n’est plus très loin. À midi passé, nous rebroussons chemin sur quelques kilomètres après avoir atteins un cul de sac. Il nous faut rejoindre la future route, un remblais de sable et de coquillages tassé sur lequel nous pouvons rouler plus facilement… Si on avait su ! Bref, encore une dizaine de kilomètres jusque Kermesen, presque plus d’eau, rien à manger et le soleil qui commence à cogner sérieusement, c’est le moment que choisi Fanch pour exploser son dérailleur, la même qu’à Iznajar pour le mien… Je suis loin devant et c’est Camille qui m’apprend la nouvelle en me rattrapant à deux kilomètres de Keur Massène. Elle repart dans le providentiel pick-up d’un gendarme pour récupérer Fanch pendant que je termine seul la route. Nous arrivons finalement presque en même temps chez Mme Julie, une imposante mama qui tient un restaurant et que nous avait recommandé Ousmane…

Riz au poisson, coca frais, et sieste sauf pour Fanch qui tente de réparer les dégâts et parvient avec l’aide d’un garagiste à démonter le dérailleur dans l’idée de rouler sans changer de vitesses les prochains jours… Heureusement, la piste est plate le long du fleuve !
Il est presque dix-huit heures, pas question de reprendre la route, nous installons nos affaires dans le restaurant pour la nuit et partons à pieds faire quelques images et sons dans le marais tout proche… Pour la première fois depuis si longtemps, un plan d’eau, envahi de roseau e habité d’une foule de poissons que je pense avoir déjà vu dans des aquariums en France… Enfin de l’eau, de la verdure, et des animaux autres que chèvres et dromadaires ! Par contre, c’est le paradis des moustiques ici, pourvu que nous arrivions à dormir…

IMG_9757IMG_9763
IMG_9746IMG_9747

Fanch : Le deux-centième jour se fête… Tu parles! 25 kilomètres de piste nous sépare de Keur Massen, notre prochain point de ravitaillement et nous avons sous estimé la difficultés de cette étape. Nous nous y engageons le ventre presque avec 1,5 litre d’eau chacun et commettons là une grossière erreur. Outre nos retrouvailles avec un terrain vallonné, ce chemin qui coupe au travers des dune n’est pas des plus évident et il nous faut rester les yeux fixé sur le sol pour éviter les passages sablonneux, les nids de poules, les pierres anguleuses qui se mettent sur notre passage. Et puis, nous loupons un embranchement cruciale pour arriver au creux d’une impasse, il nous faut faire demi-tour et nous rallongeons notre étape d’une dizaine de kilomètres alors que nos réserves de flotte arrivent à sec et que mon ventre se plaint de mauvais traitement que je lui ai infligé. A cela s’ajoute que ce n’est de nouveau pas la grande forme (je passe les détails) mais le plus ennuyeux c’est que mon dérailleur vient de me lâcher, je dirais même d’exploser… En pleine brousse, super! Le dérailleur s’est bloqué dans les rayons de ma roue arrière en pleine décente, je ne peu plus avancer. Barth est loin devant (il nous attendra au prochain bled), c’est Camille qui va chercher une « dépanneuse » pendant que je patiente en plein cagnard. Je n’ai plus d’eau à présent, il n’y à pas d’ombre, je m’assoie sur le bas coté, me couvre pour éviter un coup de chaud et patiente pour une durée encore indéfinie.

A cet instant là, je me demande comment nous allons joindre la frontière du Sénégal, je me persuade que tout va bien mais à une fatigue physique certaine s’ajoute ce dernier événement et je subit malgré tout une petite baisse de moral. Je fini le bout de cette courte étape assis entre Camille et un militaire plutôt causant dans un pick-up de la gendarmerie nationale.

Je passe une partie de l’après midi à tenter de trouver une solution pour une sommaire réparation car bien sur, on ne changera pas mon dérailleur dans ce village de brousse. Je parvient non sans difficulté à l’extraire de mes rayons pour ensuite le démonter et le mettre de coté (il est foutu). Je raccourcis alors la chaîne ce qui me permettra de rouler mais sans possibilité de changer de vitesse. En théorie l’opération semblait aisée mais en pratique je me confronte à une flopée d’effets secondaires qui me donne du fil à retordre… Bon, le bricolage de fortune semble porter ces fruit mais je n’ai pas le courage de faire des essaies avec le vélo chargé, on verra demain pour la suite des événements.

Le coté positif (évidemment il y en a un) c’est que nous sommes à deux pas du fleuve et que la vie reprend possession des lieux.

IMG_9783IMG_1590

 

Haiku 032 – Robes de soirée

Pour ne rien manquer, nous vous conseillons l’usage d’un casque audio pour le visionnage de cette vidéo.