Jeudi 25 avril 2013

60 km

Route de Dakar

N 15°33,679' W 16°17,364'

40 m

Jour 208 – Route de Dakar

Barth : Nous sommes les derniers à quitter la maison du chef ce matin, pour le départ matinal c’est raté. Nos amis Baye-Fall sont déjà en route, mais malgré la piste ensablée nous les rattrapons vite. La piste que nous suivons traverse le parc de la Langue de Barbarie et est parsemée de nombreux petits villages paysans. À droite on aperçoit de temps à autre le bleu turquoise des eaux de la longue lagune, quelques toucans ou calaos survolent notre convois régulièrement.

Dans une grosse chaleur, nous arrivons à Potou pour midi, le village qui signe la fin de la piste. Le temps que le Tibou’N Tien soit prêt, nous reprenons nos esprits en discutant avec les enfants qui s’attroupent autour de nos vélos. À chaque arrêt dans un village c’est la même cérémonie, un, puis deux, suivis de trois autres, et très vite trente enfants se pressent autour de nous. Les demandes de stylos ou de bonbons existent mais ne sont pas aussi automatiques que je le craignais. Par contre quand il s’agit de faire une pause pour souffler au calme, il faut absolument éviter les villages, l’ambiance est vite survoltée !

Avec le vent dans le dos, nous avalons relativement Rapidement les 35 kms goudronnés jusque Louba, l’endroit où nous retrouvons la route principale de Saint-Louis à Dakar. Retour à la civilisation, d’un coup les messages publicitaires envahissent le regard, nous souhaitant en quatre mètres sur six une bonne route de la part d’Orange, ou de telle ou telle banque… Après une pause rafraîchissante à la station Total, nous poussons quelques dix kilomètres encore pour nous éloigner de la ville et trouver un village plus à notre goût. En Mauritanie, c’était les autorités qui nous hébergeaient, ici ce sont les chefs de villages. Nous trouvons donc refuge dans la cour de la maison de Tiendo Gaye, appelé « le vieux » par les habitants d’ici. Très sympathique et parlant bien français nous nous sentons plus à l’aise que la veille, et les nombreux enfants, de son dernier mariage ou de sa descendance nous amusent bien. Mais la journée était dure, il nous faut nous reposer pour celle de demain…

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Fanch : Nous nous enfonçons progressivement en terre sénégalaise. Cette piste sableuse n’est pas évidente à négocier mais elle nous permet d’éviter, pour quelques kilomètres encore la national qui relie Saint-Louis à Dakar. Et nous avons tout à y gagner puisqu’en empreintant cette bande de poussière rougeâtre, déserté par les touristes, nous augmentons nos chances de faire de belles rencontres, sans oublier que la nature s’y déploie avec majesté. Parmi les nombreux oiseaux aux couleurs improbables, l’on observe, une espèce de toucan, ou peut-être est-ce des calaos, qui prouvent une fois de plus que nous avançons bel et bien vers le Sud. Dans cette une végétation de plus en plus riche, quelques silhouettes d’énormes rois baobabs nous honorent de leurs présences.

Les villages sont nombreux dans cette régions qui longe le fleuve et nous y faisons régulièrement de courtes haltes. A chacune d’entre elle, nous récoltons une horde de mômes aussi curieux que souriant. C’est impressionnant, comme si notre visite était prévu, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, tout les gamins du patelin nous encerclent en gigotant dans tout les sens, surexcités par la venu des ces deux toubabs et deux leurs vaisseau à roulette. Nous n’échappons que rarement au traditionnel « toubab cadeaux » mais personnellement je commence à m’y faire et tente de détourner la ritournelle en sortant de mes poches un trésor invisible que je distribue par la suite à la petite foule qui se prête bien souvent au jeu. Je reste aussi stupéfait par la jeunesse de la population, depuis Saint Louis jusqu’ici, je constate une population constituée à 80% (peut être?) de moins de 25 ans et j’ai l’impression d’évoluer dans un bigbang démographique (dès que nous aurons accès à internet, j’irais par curiosité jeter un oeil à la courbe de croissance démographique du Sénégal).

Ce soir, nous sommes dans la cours intérieur de la modeste propriété de Tiendo Gaye, le chef du village de Fapal près de Louga et qui dans son extrême bonté nous offre l’hospitalité pour la nuit…

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