Vendredi 26 avril 2013

70 km

Mekhe

N 15°24,971' W 16°24,615'

46 m

Jour 209 – Mekhe

Fanch : Et hop, on file tout droit sur « l’autoroute » de Dakar, plus de pistes sableuses, nous enchaînerons probablement nos 180 dernières bornes africaines sur un goudron bien lisse. Et oui, nous ne sommes pas encore arrivés à Dakar que l’Afrique me manque déjà, autrement dit, je prend tellement mon pied ici que j’aurais aimé descendre plus profond en Afrique Noir. Ce sera pour une prochaine fois. Enfin bref…

11 heure, alors que le soleil prend de l’assurance et que nous glissons sur un asphalte tout neuf, j’aperçois à quelques mètres devant moi, mon cher compagnon de route sur le bas coté appareil photo en main. Silence, ça tourne.
La scène pourrait être interdite au moins de douze ans tant la nature peut parfois se montrer sans scrupules. Mais au diable les scrupules, nous parlons ici d’amateurs de charognes et ce n’est pas de leur bon vouloir que l’évolution a omit de leur fournir un appareil digestif digne de ce nom. Nous assistons au festin orgiesque de dizaines de vautours incontestablement gourmands réunis autour d’un cadavre d’âne en décomposition. Ils se plument en sifflant pour enfoncer en premiers leurs longs cous dans une chaire putréfiée, le spectacle morbide me fascine jusqu’à ce qu’un berger pour une raison qui m’est inconnu, passe par là dans l’unique but de mettre fin à la grande bouffe. Nous attendons un retour à l’action pour une nouvelle captation mais en vain.

La route continue donc, c’est une routine qui ne lasse pas. Les bornes sont accompagnée pas les sourire et les rires wolof, par les bouilles hallucinées des mômes et par les « toubab cadeaux ». Nous sommes de nouveau invité à dormir dans la cours d’un chef de village. Une routine singulière… Exceptionnelle!

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Barth : Enfin une bonne nuit de sommeil ! Nous faisons nos adieux à Tiendo Gaye et filons sur le goudron tout lisse de la route de Dakar. Les baobabs sont de plus en plus nombreux, tout comme les chèvres qui risquent leur peau en traversant la route au nez des camions. Ici, la vie et la mort se côtoient de près, chaque kilomètre est marqué par le cadavre d’une vache ou d’un âne, sac d’os enrobé de cuir craquelant. Le cadavre un peu plus frais d’un ânon est le prétexte d’une réunion de vautours qui nous inspire un nouveau haïku. À côté de ça, le nombre incroyable d’enfants et les femmes toujours sublimement toilettées et habillées même pour les travaux des champs, incarnent la vitalité de ce pays. Il faut dire qu’après 3500 kms de désert dans la culture touareg, où les femmes sont soit invisibles, soit cachées, le contraste est de taille ! Sans rapport direct, nous avons même vu des cochons à l’entrée d’un des villages…

Après une bonne trentaine de bornes, nous faisons halte pour nous restaurer un peu… Seulement nous sommes vendredi, et comme à chaque fois on se fait avoir, toutes les boutiques sont fermées. Mais bon, il y a toujours moyen de dénicher un bout de pain et un café touba ! La pause se prolonge un peu le temps que le soleil baisse, entourés de quelques enfants. Encore une fois, au moment de partir, il faut faire preuve de patience et de pédagogie pour faire comprendre que nous ne sommes pas des distributeurs automatiques…

Les kilomètres continuent de s’enchaîner au milieu des baobabs avec une pause tous les dix kilomètres, à chaque village en fait. Toujours, les « Toubab » fusent, souvent suivis d’un « Nagadef » plus engageant, et une fois les présentations faites la discussion s’engage sur les raisons de notre voyage particulièrement avec les ados qui parlent le mieux français… Avec soixante-dix kilomètres dans les pattes, il est tant de trouver refuge pour la nuit. La formule est la même que les jours précédents et nous voilà confortablement installés à la belle étoile dans la cours de Cheikh. À 35 ans, ce père de trois bambins et commerçant de céréales est le responsable d’un petit village installé au pied d’un immense baobab. Nous avons le plaisir de nous doucher avant d’avaler un rapide dîner et de filer au lit sous la pleine lune…

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Haiku 035 – Dibiterie

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