Samedi 27 avril 2013

75 km

Station essence, Tivaouane

N 14°57,337' W 016°48,993'

60 m

Jour 210 – Station essence, Tivaouane

Barth : Pour la première fois depuis bien longtemps, nous nous réveillons humides. Pas la rosée mais plutôt une sorte de brouillard tropical qui a arrosé toutes nos affaires. Le soleil et le vent matinaux ont vite fait de tout sécher et nous pouvons repartir. Il fait de plus en plus chaud au fur et à mesure que nous nous éloignons de l’océan. En arrivant à Thiès vers midi, impossible de poursuivre, il nous faut trouver un abri à l’ombre. Un restaurant avec wifi fera l’affaire pour reprendre des forces, se rafraîchir et poster in-extremis les haikus des derniers jours publiés. Thiès est une ville moyenne, très commerçante en apparence, mais malgré le trafic intense, ce qui me frappe en premier lieu c’est la taille et le nombre de arbres qui bordent les avenues. Pour peu on se croirait au jardin des plantes à Paris, avec la crasse et les moteurs en plus… Et ici les aigles remplacent les pigeons, de grand aigles royaux ou milans qui planent à quelques mètres à peine des passants.

Vers 16 heures, la température permet de reprendre la route. Déjà le paysage change, de plus en plus industriel, et la circulation qui se fait sur trois voies commence à être oppressante. Le pneu d’un minibus chargé d’une vingtaine de personnes plus les deux portiers accrochés aux portes arrières, éclate en pleine montée, heureusement sans accident. Toutes les protections des marabouts accrochées ou peintes sur les véhicules ne suffisent pas toujours à assurer un voyage sans problème.. Peut-être même que cette tradition donne des ailes aux chauffeurs les plus casses-cou et augmente ainsi le risque d’accident. Mais nos vélos son toujours respectés ici, écraser un toubab doit coûter cher !

Juste avant la nuit, nous arrivons à Diamniadio, une petite ville pleine d’usines. Pas question de trouver le chef du village, nous ne sommes plus en brousse… Après avoir tenté notre chance à la gendarmerie où deux agents se renvois les responsabilités, nous sommes dirigés vers l’hôtel de ville où nous pouvons passer la nuit dans un des bureaux ! Après un bon poulet frites bien relevé, il est temps de dormir enfin. Avec la chaleur, l’appétit est un peu perturbé et il n’est pas toujours facile de manger autant que l’on devrait au risque de gros coups de fatigue, mais les plats pimentés qui se font de plus en plus courants, devraient régler ce souci !

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Fanch : Je me laisse de plus en plus absorber par le voyage. J’en oublie parfois que je suis justement en train de voyager… Comment dire cela autrement? Peut-être que je m’habitue à voir ce décors en permanent changement, peut être que je m’habitue à ne plus avoir d’habitude. En y réfléchissant un peu, je m’aperçois comme il serait aisé de se perdre dans ce mode de vie, si seulement nous n’avions pas Geocyclab. Paradoxalement, Le « travail » comme j’aime le nommer ainsi me permet de profiter de chacun des instants qui composent cette vie nomade. Je ne me rend compte qu’à présent que cette rigueur que nous nous sommes imposés dès le départ et qui fut dans un premier temps difficile gérer nous maintient la tête hors de l’errance qui nous guette à chaque instant et dans laquelle il serait très simple de se perdre.

Je reviens donc sur une veille frustration que j’ai largement alimenté durant nos premières centaines de kilomètres et qui aujourd’hui tend à disparaître. Frustration qui découlait d’une impression de ne pas profiter continuellement de l’instant présent, de passer plus de temps sur les machines qu’à communiquer avec l’humain et la nature, l’impression de m’imposer un fardeau alors que nous pourrions tout simplement boire du pulco dans un hamac en répétant à longueur de journée « il fait trop chaud pour travailler, il fait trop chaud pour travailler ». Enfin, je ne doute plus de ce que nous sommes en train de faire, je refuse d’avoir des scrupules, que ce soient parce que nous passons 3 jours devant l’écran de l’ordinateur au lieu de parcourir la ville ou bien l’inverse, prendre du bon temps alors que nous avons 3 montages vidéo à réaliser et 30 mails à écrire.

Et pour conclure ce deux cent dixième petit billet, faire du vélo pour faire du vélo, je laisse ce délire au sportifs.

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