Vendredi 3 mai 2013

0 km

Île de Gorée

N 14°40,089' W 17°23,882'

8 m

Jour 216 – Île de Gorée

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Barth : Journée repos aujourd’hui, avec au menu une petite excursion sur l’île de Gorée, à 15 min en bateau en face du port de Dakar. Ce bout de caillou volcanique était le premier port construit avant même la ville de Dakar, et est devenu tristement célèbre pour avoir été un des postes du commerce triangulaire de traite des nègres. En débarquant sur l’île, on fait un petit saut dans le temps, un peu comme à Saint-Louis où les vestiges d’architecture coloniale rendent palpables l’histoire de ce pays par ailleurs souvent noyé dans la modernité. De grands bâtiments aux arches romanes, peints de couleurs vives. De vieux arbres, baobabs et autres, qui ont sans doute connu cette sombre époque de l’esclavage…

Mais le saut dans le temps est vite rattrapé par la réalité contemporaine. Partout, les marchands de souvenirs ont envahis la place. Sans être vraiment agressifs, leur nombre et la répétition lassante de leurs accostage rendent le séjour sur l’île un peu pénible. J’en aurai vexé plus d’un en refusant de les suivre jusqu’à leur boutique pour « voir ce qu’ils font », en tentant de leur faire comprendre que je préfère rester dehors à regarder ce qui se passe là. Mis à part cette petite ombre au tableau, ce fut une bonne journée, en plein air et sur un site naturel tout de même impressionnant. La présence de milans, de pélicans nous aura permis de faire un peu abstraction. Sur le bateau du retour, une classe entière de gamins dakarois me prend pour un photomaton en me demandant de les prendre en photo un par un. Je ne me fais pas prier ceci dit, pour une fois qu’on me réclame une chose que j’ai souvent du mal à oser demander !

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Fanch : Journée off pour Geocyclab. Nous avons programmé une petite excursion sur l’île de Gorée, haut lieu historique et qui plus est… Touristique. Ce petit bout de roche volcanique, à un quart d’heure de bateau de Dakar doit sa réputation au rôle qu’il a jadis joué dans le commerce triangulaire et notamment celui concernant la déportation d’esclaves en direction des Amériques. Triste passé dont aujourd’hui l’architecture classée au patrimoine de l’UNESCO, témoigne encore. Nous visitons d’ailleurs la « maison des esclaves » une bâtisse qui abrite un modeste musée retraçant l’histoire de la traite négrière et qui fut autrefois un lieu transitoire pour plusieurs milliers de déportés.

Le reste de la commune de Gorée baigne dans une nature plutôt radieuse et il pourrait être agréable de s’y balader si seulement la machine touristique ne l’avait pas colonisé à son tour. En effet, il est impossible d’éviter les « artisans », guides, restaurateurs, vendeurs de colliers de coquillages, de masques et de statuettes. Je sais très bien qu’ils bossent, mais c’est sans arrêt qu’il viennent, dans un premier temps te chanter des louanges à coup de flatterie pour que tu craques pour un bracelet vert jaune rouge, quand ça ne prend pas, ils passent la seconde vitesse et argumentent pour jouer avec ton sentiment de culpabilité. Et généralement si tu as l’audace de refuser, ils te dévisagent, dégoûtés, avant de partir la tête basse en traînant des pieds. Une fois, deux fois, dix fois même ça va, mais à la trentième ou quarantième fois, je fatigue et commence à devenir agressif. Merde, je suis en train de devenir con, arggn non ! Il est tant de quitter rapidement cette île et tout le monde semble d’accord.
C’est regrettable mais je fini par penser que le jeu n’en valait pas la chandelle que ce site chargé d’histoire forte n’est rien de plus qu’un marché de pacotille qui parasite toute réflexion ou recueillement qui pourtant devrait être de circonstance.

On avais besoin de ce vider la tête, c’est foiré… La mienne est prête à exploser.

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