Mardi 21 mai 2013

0 km

Aéroport Dakar Yoff

N 14°44,491' W 17°29,257'

23 m

Jour 234 – Aéroport Dakar Yoff

Barth : Premier objectif de la journée, trouver des cartons pour emballer nos vélos. Daouda nous conduit dans un marché proche où il négocie sans peine quelques cartons pour nous… Il fait très chaud aujourd’hui, une chaleur qui donne envie de faire la sieste à l’ombre. Mais ce n’est pas vraiment le moment…

Entre paquets cadeaux et emballages d’oeuvre d’art, l’opération de protection de nos vélos se déroule sans encombre. Il reste un peu de temps pour finir les bagages et déjeuner avec tout le monde. Vers 14h, nous apprenons que la camionnette du gars qui devait nous emmener à l’aéroport est en panne. L’enregistrement des bagages commence à 15h et avec nos vélos, on nous a conseillé d’y aller tôt… Pas de panique ! Après réflexion, François décide d’aller demander au préfet, le voisin d’en face, s’il peut nous prêter son pick-up. Je le suis donc pour aller rendre visite à notre potentiel sauveur. Un petit moment de doute quand notre préfet nous invite à nous asseoir, mais finalement la discussion est brêve et nous avons à notre disposition un pick-up avec chauffeur pour foncer à l’aéroport.

Après cette longue matinée d’attente, les adieux sont un peu expéditifs. Herman, Daouda, Angie, François, encore merci pour votre accueil et votre gentillesse. Nous reviendrons à Kër Thiossane un jour pour une résidence artistique ou simplement pour le plaisir de vous revoir tous ! Paul, Claire et Julie, profitez bien de votre séjour dakarois et que le Libre ambulantage se déroule comme il a commencé, dans l’énergie bouillonnante de votre trio de choc ! Et enfin, Camille, nos routes se séparent cette fois ci pour de bon, tu resteras notre rencontre récurrente du continent africain. Que la suite de ta route soit toujours aussi riche de rencontres et de découvertes qui nourrissent le Cyberconte !

Le Pick-Up fonce sur la quatre-voie avec une musique traditionnelle sénégalaise dans l’autoradio… J’ai le coeur serré de voir défiler pour la dernière fois le paysage de béton de la capitale sénégalaise, de faire une dernière fois l’expérience de la gentillesse et de la simplicité que nous avons croisé tout au long de notre route… Je voudrais pouvoir dire au-revoir à toutes ces rencontres, furtives et régulières, au vendeurs de cafés touba, aux taxi-mans délurés, aux marchandes de beignets, à toutes ces personnes qui nous ont fait nous sentir chez nous sur ce continent… Mais déjà c’est l’aéroport, porte ouverte sur un monde parallèle que nous avons quitté il y a déjà huit mois.

L’enregistrement des bagages se fait rapidement, pas trop de monde à cette heure. Il nous faudra nous alléger de 300 euros supplémentaires pour le transport de nos vélos tout de même, la demande de sponsoring n’a rien donné. En attendant l’embarquement qui a lieu vers 20h, j’avance un peu sur le montage du checkpoint… Après avoir craqué nos derniers CFAs dans quelques gourmandises duty free, nous voilà dans l’avion, direction Bruxelles pour notre premier transit de six heures. Sur l’écran vidéo présentant la position de l’avion sur fond de carte satellite, je vois défiler Nouakchott, Guelmim, Rabat… Étrange sensation de rembobiner les huit derniers mois en seulement quelques heures…

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Fanch : L’heure du départ à sonné. Les sacoches sont prêtes, les vélos démontés et proprement encartonnés, ils attendent le fourgon censé nous mener à l’aéroport Dakarois. Or, pas de camionnette, pas de chauffeur non plus… Elle serait en panne. Peu importe, comme ici tout est possible, une solution s’improvise et le pickup du préfet nous attends devant le portail de Ker Thiossane. Incroyable. C’est le temps des adieux… Il sont plus dur que d’habitude, accolades et embrassades se succèdent. Cyberconte, WOS Agence des hypothèse et l »équipe de Ker Thiossane, ils sont tous là, sur le pas de la porte et j’ai le cœur gros de les voir disparaître…

Le marathon commence ici, à l’aéroport Dakar Yoff. Le programme des heures à venir est méticuleusement établit. Départ de Dakar à 21h, 6H à Bruxelles, décollage de Washington à 17H30 pour Mexico City. C’est fantastique… Oui, enfin non, c’est surtout très flippant de devoirs faire ce détour pour joindre le Mexique, de se voir remonter en quelques heures ce que nous avons traversé en plus de 200 jours, de fréquenter l’univers aseptisé et hyper surveillé des aéroports après avoir foulé les sols poussiéreux africains. Le changement de décors est radicale, la téléportation évidente.

Nous quittons l’Afrique avec un gout de trop peu en bouche, particulièrement en ce qui concerne l’Afrique Sub-saharienne que nous n’avons que trop peu exploré et qui s’est néanmoins montrée généreuse avec nous. Le continent africain est en pleine croissance économique, en pleine mutation numérique, l’éducation des jeunes et l’accès à la culture semble un lot de questions de plus en plus présent au sein des conscience. L’Europe régresse et s’essouffle, l’Afrique grandit, je vous le donne en mille, bientôt l’immigration s’inversera. Et qui sait, à force de voir l’occident ramer dans un courant qu’aujourd’hui elle ne méprise plus, peut être prendrais-je part à cette migration, juste pour observer de plus près le monde bouger.

Je pose un petit bémol néanmoins au sujet l’enseignement coranique qui selon moi, bride et radicalise les pensées. Je rappelle que bien souvent le texte sacré est appris par cœur au détriment d’une étude ou d’une analyse critique et cela s’apparente d’avantage à un bourrage de crâne ou une propagande religieuse qu’à une réflexion théologique ou de nature spirituelle. Et avec un peu de recule, je me permet de dire que ça ne colle pas. Non! La confrontation des écris saint et de la société du vingt et unième siècle génère énormément de contradictions qui frisent parfois le ridicule, celles ci n’étant la plupart du temps pas assumées, elles sont cachées et on peut facilement parler de bigoteries islamiques.

Mais tout ceci n’est rien en comparaison avec l’ouverture du peuple sénégalais. La teranga, la terre d’accueille n’est pas un mythe. Mille merci à vous, sénégalaise, sénégalais pour votre simplicité, pour votre curiosité. Levez vous, soyez fier d’être un peuple grandissant, gardez votre culture comme un trésor, gueulez haut et fort qui vous êtes et ne vous laissez pas marcher sur les pied. Qui suis je pour vous donner ces conseils… Certainement rien de plus qu’un homme qui vous admire.