Mercredi 22 mai 2013

0 km

Aéroport de Bruxelles

N 50°28,969' E 4°28,139'

172 m

Jour 235 – Aéroport de Bruxelles

Fanch : Bruxelles, il est 5 heure, peut être 6 heure, ou 4, je ne sais plus. Comme à chaque fois que l’on voyage de nuit, les neurones qui manquent de repos ont quelques difficultés à s’entre connecter, à cela s’ajoute le décalage horaire et même s’il n’est pas énorme, il suffit largement à déformer le temps et je n’arrive pas à suivre. Enfin, en ce début de transit, le manque de sommeil est évident et nos facultés intellectuelles sont réduites à leur fonctionnement minimum.

Nous ne tardons pas à apprendre que la suite des évènements va se compliquer sérieusement. En effet, le service d’immigration américain, déjà sur ses gardes à Bruxelles nous refuse le droit de transiter sur son territoire. La raison? Nous n’avons pas de billets de retour. Merde, on reste deux heures à Washington avant de répartir vers Mexico, ça devrait suffire non? Et bien pas question, il nous faut un retour vers l’Europe pour prétendre accéder à notre destination final. Merde, merde et remerde, c’est quoi cette histoire, on ne sort même pas de l’aéroport! Les dés sont jetés, il n’y a rien à faire mise à part se concentrer pour que toutes les énergies du monde converge sur le gars du service d’immigration à qui nous avons à faire pour qu’il trouve une solution… Et rapidement. Il s’agite, passe plusieurs coups de fil à ses supérieurs et finit par négocier directement avec le bureau de l’immigration de Washington pour qu’il accepte de nous laisser passer. À cette heure, mes espoirs sont réduis en miettes, je pense déjà à contacter un ami de Bruxelles pour trouver de quoi nous héberger dans la capitale Belge. C’est vraiment trop con… On a fait 5000 bornes pour se retrouver coincer ici, c’est pas con, c’est déprimant…

Ha, je crois que j’ai eu tort de douter. Peut avant la fermeture des portes, voilà que notre homme nous annonce la bonne nouvelle. L’immigration de Washington vient d’accepter notre transit sur son sol! Il ne nous reste plus qu’à speeder pour remplir sur le web, le formulaire ESTA, un questionnaire absurde qui validera notre passeport au yeux de Big Brother. Nous passons la porte du vol UA 1566 Y in extremis… Ouf

Le reste du voyages se prolonge tout en somnolence, sans problème majeurs alors que nous nous attendions à quelques compilations supplémentaires lors de notre escale à Washington. Pas de complications mais un retard non négligeable de 2 heures ce qui entraînera petit moment de panique à Mexico quelques heures plus tard.

Et oui, Mexico, nous voilà. Enfin, nous voilà sans un pesos en poche, sans téléphone à une heure de matin, décomposés par la fatigue après 36 heure de transit et de gros doutes concernant notre hébergement. Pour en rajouter une couche, nous avons deux vélos démontés et trop de bagages à porter à bout de bras, à bout de souffle. Nous dégotons un taxis prépayé qui nous mène tant bien que mal chez Guillaume, ami d’ami qui a accepter de nous héberger pour notre première nuit Mexicaine. Et forcement, nous le réveillons alors qu’il se lève à 5 heure. Mais une fois installés sur le tapis du salon, notre gène succombe au soulagement d’en avoir fini avec ce parcourt du combattant. Nous y sommes enfin.

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Barth : J’ai fini par m’endormir… Mais le réveil, deux heures plus tard n’est pas très agréable. Un bon torticolis et les sinus desséchés par la climatisation de la cabine, c’est ainsi que commence la journée. L’aube illumine discrètement l’aile de notre avion, mais déjà c’est la descente, et une fois traversée la couche nuageuse, j’aperçois rapidement la campagne belge, si verte par rapport aux paysages africains. Quelques minutes plus tard, nous voilà installés dans l’aéroport, les yeux piquants du manque de sommeil, avalant amèrement un café au prix de quatre repas sénégalais… Six heures d’attente, le temps d’écrire le carnet de bord des derniers jours, d’avancer un peu sir le montage, et surtout d’observer avec un certain étonnement le défilé des voyageurs de tous horizons qui ont comme point commun d’avoir les moyens de pouvoir être présents ici. Nous en faisons partie bien sûr, mais notre quotidien des derniers mois était si loin de cette réalité que je ne sais plus trop à quel monde j’appartiens… Les deux sans doute…

Vers 10h, alors que je lutte contre le sommeil, on décide d’aller jeter un oeil à l’embarquement au cas où… Riche idée ! Apparemment nous ne pouvons pas embarquer pour Washington car nous n’avons pas de billet retour, et nous n’avons pas payé le formulaire « ESTA »… Bien, le service de sécurité belge est un peu désemparé devant nos projets de voyage à vélo, mais finalement, après deux bonnes heures d’angoisses, l’affaire semble être remontée jusqu’au oreilles du service immigration de Washington, et nous sommes autorisés à embarquer. Juste le temps de payer le fameux formulaire en dernière minute, et nous voilà assis dans le deuxième avion de notre longue traversée. Le vol dure longtemps, mais l’état comateux dans lequel je me trouve rend le temps compressible. Arrivés à Washington, il faut passer de nombreux contrôles, sans problème cette fois ci, récupérer nos bagages pour les redonner quelques mètres plus loin (l’occasion de voir que l’emballage de nos vélos à déjà été mis à rude épreuve…) et c’est déjà l’heure d’embarquer. Juste le temps de relever nos mails pour nous assurer de notre rendez-vous avec Guillaume, le frère de l’ami d’un ami qui peut nous héberger pas loin de l’aéroport pour notre atterrissage, et nous revoici assis dans un nouvel avion…

Le décollage est retardé d’une bonne heure pour des raisons de trafic sans doute, mais on est plus à ça près !.. Presque minuit quand nous touchons le sol mexicain après avoir aperçu l’étendue lumineuse de la plus grande ville du monde. Nous n’avons toujours pas pu prévenir Guillaume de notre retard… Formalités douanières, récupération des bagages, commande d’un taxi, transport laborieux des bagages jusqu’au taxi, emprunt de quelques pièces de monnaie au chauffeur pour téléphoner à nos hôtes endormis afin d’avoir l’adresse exacte, et enfin, vers une heure du matin nous débarquons chez Guillaume ! Après 36 heures de transit nous pouvons enfin nous allonger et dormir en attendant le lendemain pour réaliser que nous avons changé de continent…