Lundi 27 mai 2013

0 km

Rue Isabel La Catolica, Mexico City

N 19°25,524' W 99°08,251'

2234 m

Jour 240 – Calle Isabel la Catolica

Fanch : Aujourd’hui lundi, je retrouve Barth et Anaïs pour avaler un morceaux avant de rejoindre Victor, ami Mexicain venu l’année passée pour quelques mois à Quimper afin d’y perfectionner son français. Nous nous retrouvons sur la Paseo de la Reforma. Barth et Anaïs s’en vont flâner de leurs côtés tandis que je profite de nos retrouvailles avec Victor, de ses conseils et de ses explications à propos de son pays natal. La pluie se mêle de nos affaires, une grosse pluie qui me pousse à saluer mon ami pour joindre la station de métro Insurgente.
Alors, le métro mexicain, à l’heure de pointe c’est… Quelque chose à vivre. C’est un peu la partie immergé de l’iceberg, quand à la surface tout parait calme, propre et presque ordonné, à 20 mètre sous le sol ça grouille comme dans un chaudron aux enfers.

Le wagon s’arrête, la porte est à ma hauteur. J’ai juste le temps d’entrevoir quelques visages crispés dont les joues sont collées aux carreaux des battants coulissant. Le psshh hydraulique de l’ouverture automatique des portes retenti. En moins de temps qu’il n’en faut pour le,dire, je suis projeté a l’intérieur du wagon , violemment poussé par une force décoiffant, j’ai dans mon dos, une quinzaine de personne qui ne tiennent vraiment pas a attendre la prochaine rame. Je me retrouve ballotté dans tout les sens, je ne contrôle rien et ne peux résister à ce flux saturé. Quand les portes se ferment, je suis bel et bien coincé, compressé, mes bras sont soudés à ma poitrine, je ne peux plus bouger un centimètre cube de mon pauvre corps. Il est hors de question d’essayer de me gratter l’extrémité du nez à laquelle une goutte de sueur se balance et ne semble pas vouloir tombée. Je parviens finalement à m’en débarrasser en faisant mine de perdre l’équilibre et en me frottant le bout du nez sur la veste de mon voisin.

Quarte station en avale, je tente en vain de m’extirper de la masse, j’aurais dû descendre ici mais c’est juste impossible. J’arrive à faire un pas mais je me trouve déjà à contre courant. Une vague humaine m’englouti et me repousse au point de départ. Ce coup ci, c’est presque en apnée que j’attends le prochain arrêt, je sors, non sans mal, tirant de tout mes force l’une des bretelles de mon sac a dos qui lui, s’est fait prendre par la marré et il faudra que je gueule un gros coup pour réussir enfin à le récupérer. Le plus fou, à en juger par la mine éteinte et inexpressive des autres passagers, c’est que cela ne semble incommoder personne. C’est une expérience à vivre mais pour les agoraphobes, c’est une crise de panique assurée.

Barth : Pendant ce temps là, à Mexico…

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