Jeudi 30 mai 2013

15 km

Terminal Sud, Mexico City

N 19°20,369' W 99°08,573'

2230 m

Jour 243 – Terminal Sud, Mexico City

Fanch : Geocyclab prend racine… Après 3 semaines de sédentarisation, à Dakar puis à Mexico, nous allons reprendre la route en formule trio car Anaïs nous fait honneur de sa présence. Mais nous raccrochons pour 2 semaines nos montures que nous confions à l’aimable Victor pour les troquer contre trois tickets de bus. Direction le Sud du pays, Acapulco ou nous ne ferons que transiter (les grosses stations balnéaires, non merci) puis… Et puis… Et puis on verra bien un fois là bas de quel manière nous pourrons nous rendre dans un lieu un peu plus sauvage. Enfin, c’est comme cela que je vois les choses. Nous achèverons certainement ce petit tour dans le Chiapas, entre jungle et montagne, là ou le cyclisme n’a que très peu d’adeptes. C’est un peu la prolongation de nos vacances même si nous envisageons de rebondir, créativement parlant, sur nos découvertes qui seront j’en suis convaincu, plus qu’enrichissantes.

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Barth : Fin de la trêve, reconnexion. Aujourd’hui nous quittons Mexico City pour une escapade dans le sud du Mexique durant une dizaine de jours. Nous laissons les vélos et le gros de nos affaires chez Victor, un ami de Fanch qui travaillait comme intervenant en espagnol au lycée Thépot l’an dernier. La maison de ses parents se trouve dans le sud de la ville, non loin du terminal d’autobus que nous devrons rejoindre pour quitter la ville. Une douzaine de kilomètres à vélo sous le cagnard de midi pour retrouver Anaïs qui a fait le trajet en métro, avant que Victor vienne à notre rencontre et nous conduise jusque sa maison. Le temps de refaire nos sacs et de nous faire offrir une gourde en corne de vache et une confiserie au tamarin par Victor qui est vraiment aux petits soins avec nous, et nous le quittons pour nous rendre au terminal sud des autobus.

L’objectif consiste à prendre un bus le plus tard possible pour arriver au petit matin à Acapulco. Départ à une heure du matin ! Il n’y a plus qu’à patienter… En faisant le tour des cafés, mini-restaurants du quartier.

Pour la part, je ne me suis pas vraiment reposé à Mexico ces derniers jours. Après trois semaines passées dans le bruit et la crasse de Dakar, le transit de trente-six heures en avion, la mégapole mexicaine n’est sûrement pas l’endroit le plus approprié pour souffler. Nous avons fait quelques visites avec Anaïs, le musée des Beaux-Arts, la maison de Frida Khalo et diverses promenades dans le centre de la ville… Malgré la taille incommensurable de cette agglomération, la lenteur des mexicains et l’omniprésence de végétation plus ou moins luxuriante la rendent beaucoup plus vivable que je ne m’y attendais. Ce qui m’aura le plus frappé après six mois passés en terre musulmane, c’est de retrouver les cloches des églises, aussi nombreuses que les petites vitrines aux néons fluos qui abritent une statue de la vierge ou d’un saint…

Toujours est-il qu’il est temps de fuir la ville pour récupérer de cette fatigue accumulée depuis plusieurs semaines…

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Anaïs : Holà Chicos!

Quatre mois plus tard…

À présent bien remise de mes émotions marocaines, je suis fin prête à me prendre de plein fouet le grand chambardement mexicain. Après une semaine de retrouvailles avec l’un des deux larrons, dont les évènements marquants seront passés sous silence, par manque d’intérêt artistique, je reprend avec plaisir l’exercice quotidien du carnet de bord et l’enthousiasme est au rendez-vous malgré les interventions sarcastiques de Fanch… (« t’as écrit que ça? »)
Soit, j’ai écrit 4 lignes en 3/4 d’heure, mais il est tard, on est dans une gare routière mexicaine, propice aux perturbations en tout genre, et la reprise de l’ écriture est difficile (surtout sur tablette…)

Voilà, après cet argumentaire fort intéressant, je peux commencer à explorer le fin fond de ce qu’il me reste de pensées pour narrer ma version du Mexique. Il est déjà presque demain mais nous avons encore deux heures à attendre avant de pouvoir nous installer, j’espère confortablement, pour 6h de voyage direction Acapulco, avec mes deux companeros qui ont, sans l’ombre d’une larme, abandonné leurs fidèles destriers dans la cour d’un ami pour une quinzaine de jours. Merci Victor d’avoir accepté de jouer au « vélo-sitter » !

Nous voilà donc on the route encore et, pour une expérience du voyage toujours intense et chaque jour renouvelée et comme on est des oufs malades, cette fois, nous serons… À PIEDS!! (Tadaaa…)

J’ai donc grand hâte de monter dans ce bus (hypothétiquement confortable) et de me réveiller demain matin dans une nouvelle ville/nouvelle facette de la vie mexicaine.

J’ai pu goûter Mexico pendant une semaine et malgré un arrière-goût un peu amer de pollution, l’ensemble était plutôt doux, sucré, et bien-sûr étonnant. Une semaine est ridicule pour découvrir l’une des trois plus grandes mégalopoles du monde, mais c’est une mise en bouche prometteuse et un an ne suffirait pas à en faire le tour… même en vélo.

Je sens que la nation de Frida Kahlo et Diego Rivera va me plaire. Exubérante, haute en couleur, bruyante et exaltée, elle a ce je ne sais quoi de folie qui fait que je m’y sens bien. Les gens sont bruyants, mais calmes, exubérants mais pudiques, tous ces paradoxes me laissent l’eau à la bouche. Prendre le métro, comme Fanch l’a brillamment évoqué dans l’un de ses billets, est véritablement une expérience unique. Le flegme mexicain est surréaliste. Vivement la suite donc, mais tout de suite, on monte dans le bus…

 

Haiku 040 – Zócalo

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