Vendredi 31 mai 2013

0 km

Barra de Coyuca

N 16°56,902' W 100°06,776'

21 m

Jour 244 – Barra de Coyuca

Barth : Six heures du matin, il fait encore nuit et nous débarquons encore endormis dans la chaleur moite d’Acapulco… Quelques centaines de mètres à pied pour trouver un café dans la première station-service croisée, le temps d’émerger au rythme des coccinelles venant faire le plein. Ensuite, direction la station de bus pour quitter au plus vite l’infernale station balnéaire qui s’anime, baignée dans un soleil levant qui dégouline d’orange dans la brume matinale. Les buildings plantés à même la plage, défilent à la fenêtre du camion-bus décoré aux couleurs du film « gang de requins » et muni d’une sono avec caisson de basses qui achève de nous réveiller…

Après un aller-retour pour rien dans la ville, nous trouvons enfin le bus qui nous conduit à Pie de la Cuesta, une petite ville au nord d’Acapulco, à l’entrée de la lagune de Coyuca. Le temps d’avaler quelques tacos, bien meilleurs et beaucoup moins chers qu’à Mexico, et nous prenons un dernier véhicule, un petit combi sans portière pour rejoindre Barra de Coyuca, le dernier village à une quinzaine de kilomètres. À gauche, l’océan pacifique que je découvre pour la première fois, et à droite, la lagune de Coyuca, pleine de végétation et d’oiseaux. Le soleil cogne dur et nous ne tardons pas à trouver un abri sous un des nombreux préaux en feuilles de cocotiers où en échange de quelques pesos nous pourrons passer la nuit dans les hamacs qui le meublent.

La suite de la journée alterne entre baignade dans les remous du Pacifique, siestes comateuses dans les hamacs, bières fraîches arrosées de citrons verts, observation du vol des frégates et pélicans… On dirait des vacances !

À la nuit tombante, une femme âgée et un jeune homme débarquent en canot depuis la lagune. La femme est la propriétaire des lieux et elle tient à ce que nous venions dormir dans sa maison, inquiète de nous savoir isolés sur la plage pendant la nuit… Mes rudiments d’espagnol n’auront pas suffit à comprendre les véritables dangers qui nous menacent, mais une explication gestuelle agrémentée d’une machette finira par nous convaincre… Nous traversons donc la lagune dans un petit canot à moteur jusqu’à la demeure de notre hôte, un immense hangar couvrant quelques pièces bétonnées. Une soupe, quelques tequilas, une discussion difficile à cause de la barrière de la langue, et nous voici installés pour la nuit sous le regard des nombreux geckos qui participent à leur manière à la démoustiquification des lieux.

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Fanch : Après une nuit de transport en commun nous voici, de très bonheur dans le centre d’Acapulco. Un Saint Tropez à la sauce Mexicaine… C’était prévisible, nous nous y attendions et ne traînons pas à prendre une succession d’autobus en direction de la « Barra De Coyuca à une trentaine de bornes plus au nord, un petit coin paisible situé sur une bande sableuse entre lagune et océan déchaîné. Chose notable qui s’avère être une première pour nous trois, nous apercevons le Pacifique.

Je ne m’en rends compte qu’à l’instant mais en quittant l’Afrique, nous avons aussi quitté l’atlantique que nous ne révérons qu’en Bretagne, à la fin de notre périple. Une pointe de nostalgie donc, mais surlignée d’une réel excitation s’empare de mon esprit et ce, à l’idée de découvrir d’autres paysages, une nouvelle flore, une nouvelle faune, une nouvelle culture, moins citadine cette fois. Et oui, c’est seulement en sortant de la capitale que le dépaysement semble agir, il faut croire que le charme de la nature et des petits pueblos a plus d’effets sur moi que celui du bitume urbain.
C’est donc un petit paradis qui nous accueil à la Barra De Coyuca. Nous ne sommes pas loin des paysages de cartes postal. Une eau à 25°C, un sable fin et chaud, des hamacs et de nombreux cocotiers nous invitent à prendre congé, à souffler un coup pour de bon.

Nous trouvons ici un havre de paix, dans un petite payotte entre deux eaux. Pélicans, cormorans et frégates nous souhaite la bienvenue. C’est ici que nous aurions aimé dormir mais Ermelinda, la propriétaire du lieu, prétextant que la zone est peu sécurisé la nuit, nous propose une machette dans un premiers temps, puis après réflexion, nous offre le gîte qu’il nous est difficile de refuser. Et hop, elle nous fait monter sur une petite embarcation pour un petit tour sur les eaux calmes de la Lagune jusqu’au village. Une soupe de nouille sino-americaine épicée à la mexicaine et quelques paroles échangées plus tard, il est l’heure pour nous de roupiller… dans un hamac bien évidemment.

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Anaïs : Un réveil un peu précipité puisqu’on dort tous les trois du sommeil du juste quand le bus arrive à son terminal… bus confortable, donc.

Le temps d’avaler un café et quelques tacos, à 7h du mat’ (pas facile l’immersion totale…) et on se met en route pour trouver le bus qui nous amènera au petit coin de paradis convoité, à 30 bornes au nord d’Acapulco, parce qu’ici, franchement, à part les fans du « hard.rock café » et des soirées casino, personne ne peut être comblé… enfin nous, on ne l’est pas.

Les petits bus d’Acapulco… joie, bonheur, exaltation, ambiance « disco de night » dès 8h du mat’ avec de la bonne vieille dance des années 90, du Eminem ou du nana mouskouri locale, selon l’humeur du chauffeur… toujours d’humeur à régler le volume en mode « décapage profond des tympans »

Ah, et bien-sûr, régal pour les yeux… vous pouvez vous retrouver propulsé dans un décor inspiré du dernier Disney, ou dans une ode visuelle à l’amour de leur dieu, bref, surréaliste. Si Acapulco était un parc d’attractions, ses petits bus seraient les montagnes russes.

Après 4 ou 5 voyages féeriques dans ces mignardises à moteur, nous arrivons enfin et prenons place dans les hamacs posés entre la lagune et la plage de sable fin, et mes doigts de pied rapidement suivis par le reste de mon corps, vont saluer l’océan Pacifique pour la première fois.

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