Jeudi 6 juin 2013

0 km

San Agustinillo

N 15°39,550' W 96°32,227'

7 m

Jour 250 – San Agustinillo

Barth : Pas de pluie aujourd’hui, ni cette nuit d’ailleurs, mais une houle énorme qui assure l’ambiance de notre pension. De temps à autres, une vague un peu plus grosse et moins freinée par le ressac, parvient à dépasser la butte de sable qui protège habituellement la terrasse du restaurant et traverse sans prévenir chaises et tables pour le grand bonheur des enfants !

Nous décidons de rester une nuit de plus pour qu’Anaïs ai le temps de se refaire une santé, et parce qu’il est difficile de quitter ce petit coin de paradis… Au vu du drapeau rouge qui flotte au-dessus de la plage, pas question de se baigner pour cette dernière journée à Mazunte, mais le spectacle à suspens de la houle qui se déchaîne suffit à occuper la journée.

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Fanch : Le drapeau rouge est hissé. Je crois bien, aussi loin que remontent mes souvenirs, n’avoir jamais eu l’occasion d’admirer de mes propres yeux une nature aussi puissante. Cet océan est aussi Pacifique que je suis violent. Les séries grossissent pour atteindre leur paroxysme avec la marée haute, aux alentours de 14h30. La plage s’inonde régulièrement et le sable cède sa place à un tapis d’écume pétillante. Alors que nous sommes assis sous le toit de feuillage tressé à contempler l’agressivité du pacifique, une vague plus grosse que les autres vient happer quelques tables et chaises de la paillote. L’instant de panique me fais sourire… J’adore ça.

Pour répondre à mes besoin d’adrénaline, je pousse sur la plage d’à côté à une demi heure de marche, car d’ici, on aperçois au loin d’énormes déferlantes. Une fois sur les lieux je reste sans voix devant l’ampleur des « dégâts ». Une houle de 5 à 6 mètres courbent l’horizon avant de se briser avec une extrême violence. L’impacte de la lèvre sur le plan d’eau provoque un claquement sourd, grave qui résonne jusque dans ma cage thoracique. A l’approche du rivage les vagues lèvent d’un coup se cambrent puis se creusent profondément formant une succession de tunnel sombre et éphémère. La plage est désertée, seul le ressac brasse quelques débris provenant des cabanes environnante. Je reste là, figé.

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Anaïs : J’ai besoin de reprendre des forces! Une excuse tout à fait plausible et légitime pour rester une nuit de plus dans ce petit coin de paradis qu’on envisage à regret de quitter le lendemain. J’avais pourtant préparé un dialogue intérieur fort argumenté et très bien ficelé pour convaincre les deux autres de rester un peu plus longtemps… disons les vingt prochaines années. Tant pis, une nuit de plus, c’est bien aussi! Le suspens insoutenable qui consiste à attendre le raz-de-marée qui se profile et menace de tout emporter suffit à nous donner l’illusion d’être les acteurs d’un film catastrophe de série Z, dialogues pourris y compris… «- Dios mio, pedro! nous allons tous mourir, es horrible! (voix de crécelle)
– brenda ,no te preocupes, gracias a mi poder sobrenatural, je vais d’un souffle magique repousser ce raz-de-marée…olé! (voix de fumeur de gitane maïs)»

C’est cool, le farniente!
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Haiku 042 – Pacifique

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