Lundi 10 juin 2013

0 km

Ocosingo

N 16°54,559' W 92°06,000'

859 m

Jour 254 – Ocosingo

Anaïs : Toujours Juchitan… c’est vrai que j’ai voulu absolument y passer donc maintenant j’assume mais bon…

Le réparateur est confiant et nous livre un pronostic optimiste mais je sais pas pourquoi, le coup du « oui, repassez demain, ça sera fait! », je le sens moyen, mais alors, très moyen… je dois être trop sceptique, je crois difficilement aux miracles…

Heureusement, l’immense marché artisanal suffit à me combler. Des blouses, des robes brodées à la main aux couleurs éclatantes, des vêtements traditionnels aux motifs éblouissants, je nage dans les étalages, mes pieds ne touchent plus terre, et je me régale devant la richesse de leur culture vestimentaire et des symboles qui y sont associés. Les huipils, blouses brodées particulièrement prisées de Frida Kahlo, m’étourdissent, je voudrais pouvoir tout ramener. En tout cas, je fais le plein d’idées pour des détournements de vêtements traditionnels à mon retour.

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Barth : Ça y est, le réparateur informatique est ouvert ! Une toute petite salle au dernier étage d’une des maisons donnant sur la place centrale de Juchitan. Le réparateur d’origine chilienne est très accueillant. Je parviens à lui expliquer tant bien que mal le problème de notre ordinateur et la conversation se poursuit même sur les raisons de notre voyage, dans les grandes lignes. Je repars peu de temps après avec un bon en poche. Verdict demain après-midi…

Ballade, tacos, cervezas dans le bistrot où nous sommes maintenant des habitués, la fin de journée se déroule calmement, dans la lourdeur orageuse de l’air… On ne se sent pas vraiment touriste à Juchitan, même si les regards amusés nous déviseagent régulièrement, aucune forme de buisness ne vient solliciter notre prétendu supérieur pouvoir d’achat comme dans tou endroit touristique. C’est agréable et reposant, alors profitons-en !

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Fanch : Sans Cristobal, 6h30. Ça caille, j’enfile mon bonnet et mon blouson, je ne l’aurai pas pris pour rien. Cherchant un lieu peu convoité par les touristes, je ne reste pas et monte dans un autre autobus qui me mènera à Ocosingo, petite ville à proximité des ruine de la cité Maya nommé Toninã. Je ne pense pas trouver l’énergie nécessaire à la visite de ce site aujourd’hui, d’autant que j’aimerais y aller de très bonne heure pour justement éviter un potentiel attroupement de curieux dans mon genre.

Me voici donc à Ocosingo, au coeur du Chiapas, entouré de montagne et cerné par la jungle. Cette régions du Mexique fut aussi l’un des haut lieu de la révolution agraire mexicaine, ou y croise régulièrement des photos et affiches à l’effigie d’un certain Zapata (les Zapatistes ne sont pas les fans de Frank Zappa, détrompez vous). J’imagine que ce passé mouvementé joue sur la réputation du ce peuple dont on dit que le caractère est plutôt trempé si ce n’est pas rebelle.

Ici, pas l’ombre d’un gringo ou de quelque chose qui s’y apparente, je suis le seul blanc-bec dans le coin et ne passe pas inaperçu. Les mômes me montrent du doigt, certains même pleurent en ma présence, je me sens observé d’un oeil d’avantage curieux que méfiant ou méprisant. En règle général je me contente de sourire en réponse à ces regards interrogateurs ce qui bien souvent s’en suit d’un geste amicale de la main. Même si petit à petit les choses s’arrangent vis à vis de communication, j’ai encore du mal à aller vers les gens, je ne parle donc pas énormément ces temps ci. Ceci dit, la transparence de la langue me permet malgré tout de comprendre les grandes lignes de ce que me raconte tel ou tel personne. L’espagnol rentre doucement dans ma petite caboche…

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