Samedi 15 juin 2013

0 km

Palenque

N 17°30,328' W 91°59,486'

78 m

Jour 259 – Palenque

Barth : Après une courte nuit de demi-sommeil, ballottés par le continuel chaos des routes mexicaines, nous immergeons en même temps que le soleil dans la petite gare routière de San Cristobal de las Casas. En plus des oreilles bouchées par la rapide montée en altitude, ce qui nous frappe vraiment c’est la fraîcheur de l’air matinal. Pas moyen de rester en t-shirt, les polaires sont de mise ! Nous n’aurons pas le temps de savoir si l’ascension du soleil parvient à réchauffer cette cité montagnarde où les sapins ont remplacé les cocotiers, car nous reprenons tout de suite un autre bus pour rejoindre Ocosingo.

Deux heures d’une route aussi splendide qu’éprouvante en sensations fortes ! Avec un gros manque de sommeil dans les bagages nous trouvons rapidement le petit hôtel recommandé par Fanch pour y poser nos affaires et manger un morceau avant d’enchaîner sur la visite des ruines de de Tonuña. Le site se trouve à une quinzaine de kilomètres dans les hauteurs au-dessus d’Ocosingo. Un taxi collectif nous y conduit rapidement et nous visitons les ruines presque seuls et gratuitement. Le sommet de la pyramide offre un point de vue sur toute la vallée assez impressionnant !

De retour à Ocosingo, nous visitons un peu le marché qui est en train de fermer, avant de regagner l’hôtel, d’avaler un délicieux dîner local et d’enfin nous effondrer pour récupérer le sommeil perdu dans le bus la nuit passée…

IMG_2181IMG_2190
IMG_2195IMG_2204

Anaïs : Nous arrivons en grelottant dans une ville perchée à 2100m d’altitude, San Cristobal de las casas, quelques heures avant nous étions accablés par la chaleur, Juchitan étant « perchée » pour sa part à … 30m , le changement est brutal! Mais cet air montagnard me ravigote! J’y serais bien restée un peu plus longtemps, juste pour avoir le plaisir, après trois semaines de canicule, d’avoir froid, d’éternuer, d’avoir le nez rouge, d’avoir du coton dans les oreilles et de faire de la buée avec ma bouche, mais nous reprenons tout de suite un nouveau bus. Après les plages idylliques et les petites villes chaleureuses, nous traversons de nouveaux paysages, une nouvelle facette du Mexique se dévoile, et j’ai l’impression d’avoir changé de pays.

Le petit hôtel que nous trouvons à Ocosingo est très mignon, et le jeune qui tient la boutique est adorable et se met en quatre pour nous faire plaisir. C’est donc regonflés d’une nouvelle énergie, grâce au petit-déjeuner pantagruélique que nous nous enfilons, que nous partons explorer les ruines de Tonina, une cité maya moins importante que Palenque, mais qui connut son heure de gloire en mettant à sac cette dernière, à son apogée, y’a un bout de temps, quand j’étais pas née… je peux pas être plus précise (disons vers 700). Et le site encore bien préservé et quasiment désert permet une immersion qui nous laisse croire pour un délicieux instant que nous sommes Indiana Jones et sa gourde de copine. Je dois avoir une soudaine décharge d’adrénaline en me sentant l’âme d’une aventurière et je me mets à escalader la plus haute pyramide, en me rappelant un peu plus à chaque marche qu’en fait, j’ai le vertige… ascension compliquée donc, mais grande satisfaction d’arriver jusqu’en haut, épreuve largement récompensée par le point de vue qui nous attend, même si j’ai laissé mes genoux et mon estomac au pied des marches. Satisfaction qui dure à peine quelques quelques minutes, puis qui retombe comme un soufflé quand je vois le gardien du site venir vers nous en grimpant les marches de cette pyramide quatre à quatre, presque sur un pied, en sifflotant, comme si il était sur une belle route bien plate… m’a énervé, lui! Mais aujourd’hui, j’ai rayé de ma liste de « choses à faire avant de mourir »: – faire un big-up au dieu soleil au sommet d’une pyramide Maya: fait!

IMG_2217IMG_2221

Fanch : Migraine, j’accuse une légère déshydratation… Et j’ai laissé le paracétamol à Mexico. Je tente de trouver le sommeil pour que le mal passe de lui même mais en vain. Il faut que j’aille en ville pour me dégoter une pharmacie et le remède magique, j’en profiterait pour acheter deux trois fruits.

Quand le mal de crâne commence à s’estomper, aux alentours de 15h, je ne trouve rien d’autre à faire que de rentrer siester au campement.

Et puis je me retrouve submergé par mes propre pensées. Effectivement, j’ai plein de projets en tête mais d’avantage pour notre retour que pour la suite du voyage, des projets de création qui nécessitent un lieu de travail fixe, du temps, des moyens techniques et financiers. Je les notes au fur et à mesure pour ne pas les oublier mais le problème est qu’ils ne daignent pas sortir de mon esprit, comme une espèce d’obsession. Évidemment, je culpabilise. Il y a tant à faire ici et maintenant, c’est certain. Mais rien ne vient, j’ai à nouveau l’impression de ne pas être acteur de ce voyage mais plus de me laisser faire. Pour me rassurer, je me dis que c’est l’effet vacance et que tout rentrera dans l’ordre quand nous reprendrons la route.
Affaire à suivre.

P1020481P1020488