Vendredi 5 juillet 2013

6 km

Las Gruas Locas

N 19°26,223' W 99°07,148'

2244 m

Jour 279 – Las Gruas Locas

Barth : Quand il pleut sur Mexico on se croirait presque à Paris… Difficile de se dire que nous sommes au sud du tropique du Cancer quand les températures restent bloquées entre 10 et 15 degrés. La matinée est donc sans animation, je regarde les passants défiler dans la rue Isabela de la Catolica en repensant à une remarque de Guillermo au sujet des tribus urbaines très visibles à Mexico. Effectivement, les identités vestimentaires sont très présentes dans les rues de Mexico. Je serais bien incapable de nommer chaque tendance, chaque look, chaque apparence, mais il est indéniable que ce sont là les marqueurs visibles d’appartenance à des groupes sociaux aussi distincts que variés.

Vers 14h, la pluie cesse enfin. Nous allons déjeuner avec Guillermo à notre cantine habituelle, avant de prendre la route, à pieds cette fois pour ne pas se retrouver coincés sous la pluie du soir en vélos comme la veille, en direction de l’atelier de Las Gruas Locas.

Seul Victor junior est présent à notre arrivée, nous ne comprenons pas tout mais le programme prévu à l’air d’être ajourné… Ruben ne tarde pas à arriver au guidon d’un tricycle porte-charge, et nous partageons ensemble les quelques bières que nous avions apporté. Après nous avoir salué, Ruben me fait comprendre qu’il regrette que Manuel ne soit pas là pour nous permettre de discuter facilement. Il ne parle et ne comprend que l’espagnol, et j’avoue avoir plus de difficultés à le comprendre car il parle un peu vite et dans sa barbe… mais je suis mal placé pour le lui reprocher! J’ai du le prendre comme un défi en tout cas, car deux heures après nous sommes en train de discuter de solutions pour changer le monde, de travail collaboratif, de politique et de religion, et de la vie de ce touchant personnage qu’est Ruben. Père de quatre enfants et grand-père d’une bonne dizaine de petits-enfants, taillé comme une enclume et paré d’un look qui sent bon les années quatre-vingt, il n’en garde pas moins le regard d’un enfant en nous parlant d’une de ses activités favorites : la tournée des marchés aux puces de Mexico où il trouve de nombreuses perles !

Il n’en faut pas plus pour planifier une visite de ces endroits en sa compagnie la semaine suivante ! Le froid et la nuit tombante nous poussent à rentrer rapidement. Dîner, rencontre de François, un français en ballade en stop depuis les USA, ambiance vendredi soir dans l’auberge, mais je suis vraiment fatigué, et abandonne Fanch qui se laisse tenter par un concert en compagnie de José, sa copine et Guillermo…

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Fanch : Rendez vous a 17h à l’atelier Las Gruas Locas pour… Pour, euh et bien, ce n’est pas très clair mais je crois que l’on est sensé assister à la fabrication d’une roue de grand bi, on verra bien et je reste ouvert à toute proposition! Je profite de ce début de journée pour effectuer quelques recherches concernant un petit amplificateur nécessaire au bon fonctionnement de mes transducteurs. Pour une fois, je prends le temps de ne pas me précipiter en regardant et notant scrupuleusement les solutions qui s’offrent à moi. La journée s’écoule rapidement et je ne trouve pas vraiment le temps de faire autre chose avant notre rendez vous.

Las Gruas Locas. Nous sommes à l’heure mais pas les autres. Seule Victor fils est présent. Peu après, Ruben arrive mais j’ai le pressentiment qu’il ne se passera rien aujourd’hui. Nous nous asseyons avec Ruben autour d’une bière, la conversation file, je décroche et laisse Barth s’éclater avec l’espagnol… Je suis bien fatigué, mon corps est présent mes mon esprit est ailleurs.

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