Dimanche 1 septembre 2013

0 km

Tepito

N 19°26,385' W 99°07,318'

2229 m

Jour 337 – Marché de Tepito

Barth : Ce qui devait arriver est arrivé, je suis resté travailler jusque tard dans la nuit, au point de croiser Fanch sur le retour ! Mais sans doute le fait d’avoir replonger dans les images, les tris et archivages m’aura t’il fait du bien car je me lève bien reposé, et pas trop tard… Le temps que Sergio débarque et achève de réveiller Fanch, je fignole un peu le boulot entamer la veille. Il s’agit de repenser le système d’archivage en vue de simplifier les sauvegardes à venir, et pour ces choses là, la nuit porte conseil !

Ensuite, un petit tour au cyber qui ouvre bien tard aujourd’hui. Pas beaucoup de nouvelles et une connexion qui marche mal, retour à l’atelier pour une sieste au calme en attendant le retour de Fanch et Sergio partis faire un tour au marché de Tepito juste à côté…

Un peu avant la tombée de la nuit, nous trouvons le courage d’enfourcher nos bécanes pour filer jusque chez Lalou qui nous attend pour une soirée tranquille en vue de la reprise du dossier ordinateur le lendemain. Burgers, film, papote, un bon dimanche soir en appartement comme on en avait pas fait depuis longtemps !

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Fanch : Où en étais-je? Ah oui, Tepito, le quartier chaud.

Alors malgré sont aspect qui semble effrayer si ce n’est répugner une bonne partie de la population locale, malgré ses crimes et ses crapules, Tepito est un quartier où peut être plus qu’ailleurs (dans le centro historico), la vie a élu domicile. Il faut dire qu’à deux pas de la Central c’est l’un des plus grand marché de la capitale qui déballe tout les jour. Des kilomètres carrés de bâches plastiques se déploient et nous laisse imaginer le gigantesque patchwork qui se déploie et envahie les rues et ruelles du quartier. En dessous se cache des centaines d’échoppes informelles ou plusieurs milliers de consommateurs de camelotes chinoises viennent y faire leurs emplettes.

Et même si tout n’est pas en vitrine, on trouve ici de tout, du slip kangourou vert fluo aux flingues semi automatique en passant par les écrans téléviseurs ultra plat et la cocaïne venu du sud.

J’accompagne Sergio pour ses courses du dimanche, l’ambiance y est tranquille, familiale, populaire et rien ne laisse songer en cette après midi ensoleillé qu’une fois la rue vidé de son activité diurne, elle retombera sous le contrôle des cartels.

Et oui, vous l’avez compris, la vie de ce quartier suit les geocycles de la terre, le jour et la nuit sont deux masques qui recouvrent à tour de rôle la surface de Tepito, un des plus vieux quartier de la ville. Nous sommes en plein coeur de Mexico, à deux pas de la place Garibaldi, internationalement réputée pour ses rassemblements quotidiens de centaines de mariachis, à 5 minutes du Zocalo, la grande place de la capitale.
Après plusieurs semaines à loger dans les parages, j’ai l’impression d’être du coin, dans la rue on nous salue, la femme de l’épicerie d’en face se montre de plus en plus aimable, le monsieur au tacos semble être à chaque fois plus satisfait de nous voir revenir, les mômes me demandent pourquoi aujourd’hui je ne suis pas avec mon « bici », le coiffeur transexuel d’à côté insiste pour me couper la barbe…

Petit à petit l’oiseau fait son nid et même si je n’irais pas parcourir les rue de ce quartier à poil avec un sombrero et des liasses de billets de 500 pesos dans les mains à 3 heures du matin, je me sens de plus en plus à l’aise en ces lieux.