Vendredi 2 novembre 2012

30 km

Dune du Pilat

N 44°36,087' W 1°12,374'

93 m m

Jour 34 – Dune du Pilat

Fanch : Un immense tas de sable surplombe le bassin d’Arcachon, un bac à sable géant de plusieurs kilomètre carré se dresse fièrement face à l’atlantique. Le vent soutenu caresse avec entrain les courbes de la dune du Pilat créant une fine pellicule de particule que l’on pourrait confondre avec un épais brouillard assujetti à la gravité et filant à 80 km. Les crêtes s’évaporent, de temps à autres des nuages de silice s’élèvent, virevoltent, tourbillonne comme pour habiller les mouvements de l’air. Au loin, des dizaines de silhouettes avance maladroitement sur un sol meuble et irrégulier, à contre courant. La dune s’est mise en colère mais elle en perd toute sa pudeur et nous dévoile toute sa splendeur. Ici, trois monde se juxtaposent, la foret, le désert et l’océan. Le vert, le jaune pale et le bleu gris d’une mer sombre se côtoient sans complètement parvenir à s’entremêler. Au loin et dans l’alignement du Cap Feret, la houle venu du large déferle sur les bancs de sable invisibles. La dune sauvage.
Je me régale en regardant mon père à plat ventre comptant les grains de sable.

Après quelques kilomètres difficiles, nous arrivons dans les Landes. Sur la piste goudronnée, les pins nous regardent de haut. Nous filons vers Biscarrosse plage à toute allure pour ne pas faire attendre le camping car qui patiente quelque part à l’entrée de la station balnéaire. Nous nous retrouvons facilement puis partons à la rencontre d’Igor et de sa petite famille dans la maison secondaire de Françoise.
Cette journée en famille gardera une saveur inoubliable. Merci d’être venu…

Barth : La journée commence par débarrasser le plancher pour que le vestiaire soit disponible à l’ouverture du centre. Le vent qui a soufflé toute la nuit n’est toujours pas retombé, et une averse vient frapper à la porte… Heureusement nous sommes attendus dans le camping-car pour un copieux petit déjeuner sur fond de lecture de la version livre de « Cars » de Walt Disney et Pixar par Fanch à son neuveu Ael.

Nous prenons ensuite le temps de profiter de la douche chaude dans les sanitaires publics, et frais comme des gardons, nous enfourchons nos destriers allègés de plusieurs dizaines de kilos de bagages qui restent dans le camping-car. Un au-revoir un peu rapide à nos hôtes, sous le regard du monsieur de la veille revenu voir dans quel état nous étions après cette nuit de tempête, et c’est le départ d’une course camping-car contre vélos couchés jusqu’à la dune du Pilat à 6 kms. Le camping-car l’emporta de justesse !..

La promenade dans des rafales de vents à 60 ou 80 km/h sur la dune du Pylat se passe de commentaire. Le site est vraiment grandiose, et la situation de se retrouver à plusieurs dizaines d’êtres humains sur un immense tas de sable sans autre but que d’être là lui confère une dimension presque surnaturelle. Les images parleront mieux je pense …

Tout cet air et ce sable ça creuse ! Ça tombe bien, le camping-car a été converti en crêperie ! Merci à toute la délégation de la famille Dodeur pour tout ce confort et cette logistique cinq étoiles ! On en viendrait presque à se demander ce qui nous a pris de partir à vélos… Le ventre plein nous prenons le temps d’appeler Igor, un ami Russe de Françoise (Cf : Jour 31) qui occupe actuellement sa maison de vacances à Biscarosse-Plage en échange de quelques travaux. Rendez-vous est pris pour la fin d’après-midi.
Les premiers kilomètres seront un peu physiques, contre le vent et dans les creux et les bosses de la dune qui n’en finit pas. Mais une fois entrés dans Les Landes, le vent tombe, le soleil se montre, et nous glissons sur une piste goudronnée qui serpente au milieu des pins en évitant les nombreux ramasseurs de champignons. Un coup de klaxon du camping-car nous indique l’arrivée imminente. Les lieux ont déjà été repérés pas les parents de Fanch et nous arrivons sans peine chez nos futurs hôtes. Igor et sa femme Olga sont en train de repeindre la façade de la maison et nous leur annonçons un peu gênés que nous ne sommes pas deux mais six en tout… Qu’à celà ne tienne, Igor qui parle bien français nous explique que nous sommes chez Françoise et que tout le monde est bienvenu. Le temps qu’ils terminent la peinture, je m’éclipse seul sur les dunes toutes proches pour aller photographier le coucher de soleil.

De retour à la maison, l’apéro est presque commencé. Quelques vodkas à la russe auront vite raison de la gène que nous avons d’envahir ainsi la petite famille, tandis qu’Ael fait la rencontre de Mark le fils d’Igor et Olga. Un feu de cheminée, un dîner improvisé par Fanch, nous permettent d’en apprendre plus sur Igor. En France depuis trois ans, il vient tout juste d’avoir une promesse de CDI par le biais de la famille de Françoise, ce qui lui permet d’espérer pouvoir voir un peu plus sa femme et sa fille qui vivent habituellement en Ukraine, et pourquoi pas bientôt pouvoir les faire venir en France plus durablement que ces quelques semaines de visa touristique annuelles.. C’est ce que nous vous souhaitons Igor et Olga !