Mardi 6 novembre 2012

30 km

Seignosse

N 43°45,011' W 1°24,075'

-3 m

Jour 38 – Seignosse

Fanch : Le vent souffle, encore une fois il vient de l’ouest et nous traçons toujours vers le sud. Quelques kilomètres dans les Landes nous mènent vers Seignosse, Hossegor puis Capbreton. Nous sommes pays du surf et la houle est au rendez-vous.Les vagues s’enroulent, s’emmêlent, crachent et se succèdent pour que le paysage ne se fige jamais.

Midi passé, nous retrouvons Fanchic à l’heure du sandwich devant les surfeurs s’efforçant de lutter contre l’apesanteur et tournoyant au dessus des vagues. Je ne me lasse pas de ce spectacle et malgré nos retrouvailles avec notre troisième coéquipier, nous restons tout les trois, relativement silencieux, happés par le spectacle. Le ciel se dégage peu à peu nous laissant de l’espoir concernant notre bivouac du soir. Au cours de l’après midi, seul un voile d’embrun flotte au dessus de l’océan et nous permet d’apercevoir les montagnes basques avec, en ce qui me concerne, une légère appréhension car bientôt nous passerons au choses sérieuses.

Nos tentes sont plantées sur une dune surplombant l’océan. Nous attendons, dans un froid glaçant, Anaïs qui ne devrait plus tarder. La nuit promet d’être fraîche, les températures frôlent le zéro degré, l’occasion de tester notre matériel de couchage.

Barth : Levés trés tôt, le petit dejeuner se passe dans un bistrot pendant que la seule averse de la journée tombe. Ensuite route jusque Capbreton avec une halte à Ossegore où nous dicutons sur quelques kilomètres avec un cycliste qui aimerait bien faire le tour du monde aussi! Nous sommes en terre de surf, difficile d’y échapper! Fanch a du mal à se concentrer sur ses sandwiches devant les prouesses d’une poignée de surfeurs. Pour ma part, je viens d’avoir confirmation qu’Anaïs vient de prendre la route pour nous rejoindre, alors les surfeurs ça me laisse un peu rêveur… Le soleil est au rendez-vous quand Fanchic débarque pour finir le pique-nique avec nous. Nous sommes de nouveau à trois ! Direction une terrasse avec Wifi pour féter ça!

J’arrive à attraper George sur internet pour prendre quelques nouvelles de notre site silencieux. Pendant ce temps les deux Fanch ont réussi à cloturer une grande discussion avec un couple assis à la table d’à coté pour aller repérer un lieu pour la nuit. Je termine mes histoires numériques avec un coup de fil de George qui m’annonce que tout est prêt juste au moment où j’enfourche mon vélo. Trop tard, la nuit tombe, le test attendra demain. Avant de finalement décoller pour la plage des Océanides rejoindre mes comparses, je fais la rencontre de Thierry qui nous propose spontanément l’hébergement ! Pour ce soir c’est trop tard puisqu’il nous faudrait faire une quinzaine de kilomètres en arrière et dans le noir, mais nous échangons nos numéros de tel pour les jours suivants.

Arrivé à la plage, je loupe de peu le coucher de soleil mais pas la chute brutale des températures. Un vent du nord s’est levé et il faudra du temps pour réussir à faire chauffer une soupe de nouilles et une série de thés sous le regard mi-perplexe, mi-inquiet de quelques habitants du village de camping-cars tout proche. Au beau milieu d’une scéance footing nocturne initiée par Fanch pour lutter contre le froid, Anaïs arrive enfin ! La fin de soirée se passera au chaud dans son Express aménagé avec une pensée tout de même pour mes deux copains qui bravent le vent glacé dans leurs tentes au sommet de la dune.

Fanchic : Je reviens après une infidélité pyrénéenne d’une semaine. Je redoute les retrouvailles. Fanch et Barth devenus Ayatollah du vélo couché vont-ils me pardonner ma trahison ? Car comme toute minorité (celle des utilisateurs de vélo couché, une secte presque), ils se radicalisent (le démographe t’expliqueras qu’en plus la minorité procréée nettement plus…) Et oui, je l’avoue et me repens, j’ai rallié Bayonne en train. C’est donc la peur au ventre que je mets le cap sur.. Cap Breton.
A mon grand étonnement mes deux compères ne m’obligent pas à me flageller avec les rayons de mon vélo. Non, non, ils se marrent en me voyant, le prétexte est futile… J’ai à peine perdu quelques cheveux dans la montagne. Mon âge apparent c’est encore abaissé, déjà que… Ils doivent à présent assumer la présence d’un ado pré-pubère à leur côté !

Je retrouve notre agréable routine du soir, soupe de pâtes chinoises, thé, flûte traversière de Fanch, le tout face à la mer. Elle est pas belle la vie ? La vie oui, la nuit euh…Un peu moins. Le vent d’Est est vicieux. Il transperce la toile de tente. J’use de toutes mes techniques de commando pour lutter contre le froid, en vain. Je résiste vaille que vaille en m’agitant, tel un ver de terre, dans mon sac de couchage.