Mardi 5 novembre 2013

60 km

Alberto Alvarado

N 27°38,521' W 113°22,918'

69 m

Jour 402 – Alberto Alvarado

Fanch : le réveil matinale, 6h00, le ciel est couvert d’une fine pellicule de coton qui empêche le soleil d’inonder de chaleur la terre sableuse du désert. Il fait frais. Mais alors que nous ne nous y attendions pas, le vent est tombé, pas un souffle, rien c’était presque inespéré. Un petit déjeuner expresse, quelques images vidéo d’une série de micros installations et nous partons de bonne heure sur la transpéninsule. Au loin, les volcans s’élèvent fièrement, verticaux, ils sont d’autant plus majestueux qu’ils ne sont pas enchaînés, se dressant ponctuellement au milieu de la plaine comme de gigantesques pyramides comiques posés au milieu des cactus qui, quant à eux investissent le moindre mètre carré de sable et font de cette étendu une forêt d’épine. C’est beau.

C’est beau, et grisant. Nous nous suivons de près mais dans le silence. Tantôt pour admirer notre environnement défiler, tantôt pour penser, tout simplement penser. Rouler c’est du temps pour penser. C’est un peu comme ce moment, juste avant de dormir, l’unique instant de la journée qui n’est pas consacré à quelque chose, l’unique instant où il est vraiment possible de libérer son esprit. Et là, je me gave.

Le vent se lève doucement mais la matinée est cependant productive et à midi nous avons déjà parcouru une bonne quarantaine de bornes. Notre objectif est atteint, au soir, nous avons parcouru d’avantage de distance que nous ne l’avions espéré la veille. J’accuse cependant une bonne fatigue qui nous pousse à ne pas trop forcer mais je considère ces 60 kilomètres avec un vent de face relativement fort en deuxième partie de journée comme une bonne performance physique. Il est 16 heure, nous plantons les tentes avant que la nuit ne tombe, toujours entre les cactus mais ce coup ci, quelques sacs plastique gâche fâcheusement le décor. Malgré tout, les gerbilles sont au rendez vous ce soir et s’aventure à petits bonds jusque dans la lueur du feu.
Ce soir, on discute budget, cette question relativement récurrente n’a visiblement pas encore de réponse, il va falloir rapidement trouver une solution pour remplir les caisses de Geocyclab.

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Barth : Lever réussi juste avant les premières lueurs du jour, mais un plafond de nuages gâche un peu le spectacle. Quoiqu’il en soit, pas de vent pour le moment, on en profite donc pour prendre la route la plus vite possible. Au bout d’une quinzaine de kilomètres, arrêt dans un petit restaurant au milieu de nul part pour faire le plein d’eau et d’énergie. Ambiance Bagdad Café avec beaucoup plus de plantes vertes et un chat assez comique. Et c’est parti…

Il fait presque froid les premières heures de route mais le soleil finit par avoir raison des nuages. La route est enfin plate et rectiligne quand nous faisons une première pause dans une boutique où nous obtenons de plus amples informations su les futurs points de ravitaillement en discutant avec quelques ouvriers du chantiers de re-goudronnage que nous venons de traverser. Tout de suite après nous croisons un cycliste mexicain, écrivain si nous avons bien compris, qui descend toute la Basse-Californie depuis Tijuana jusqu’à Los Cabos. L’échange est rapide mais en quelques mots nous sentons que nous sommes dans la même démarche. Espérons que nous aurons de ses nouvelles plus tard sur internet pour en savoir un peu plus ! Mais le vent se lève, il ne faut pas traîner, d’autant que la circulation des poids lourds se fait de plus en plus dense. Un deux aura d’ailleurs estimé que nos vies valaient moins qu’un coup de frein en forçant le passage au risque de nous balayer.. Heureusement juste une grosse frayeur.

Il est temps de faire une pause avec 55 kms au compteur et une bonne dalle. Ça tombe bien on arrive dans une petite ville, San Carlos de Vizcaino. Pas vraiment une ville en fait, plutôt une immense station service où nous trouvons refuge pour un déjeuner au frais.

Il est déjà 15h, plus que deux heures de soleil. Quelques kilomètres pour sortir de la zone urbaine et trouver un emplacement adéquat dans le désert qui semble ici servir de décharge. Nouveau tournage au soleil couchant comme la veille et dîner rapide au coin du feu en observant le manège des gerbilles ou gerboises qui tournent autour de nous, et en discutant des finances de Geocyclab avec l’espoir fou de tomber sur un généreux millionnaire dans l’eldorado Californien très bientôt… Voilà de quoi inspirer de beaux rêves pour cette nuit !

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