Mercredi 6 novembre 2013

75 km

Lagunero

N 27°49,084' W 113°40,762'

49 m

Jour 403 – Lagunero

Barth : Cette fois le lever de soleil est au rendez-vous et le démontage de notre camp est précédé d’un mini tournage. Le vent n’est pas encore levé, il ne faut en profiter pour avaler un maximum de kilomètres ! Toujours autant de camions, peut-être même plus qu’hier… Je repense avec un peu de nostalgie à notre traversée du désert africain, qui me parait plus grandiose vu d’ici. Il y a bien sûr le soleil, le sable, les vaches et chiens morts sur le bas côté, mais trop de trafic et d’aménagements artificiels pour se sentir vraiment dans le désert. C’est ainsi, et la perspective de devoir bientôt sortir du pays ne permet pas non plus une véritable immersion dans ce paysage.

Les kilomètres défilent bien, le vent a légèrement tourné nord-est et nous aide un peu à maintenir une vitesse de croisière de 20 km/h. Quelques pauses dans les rares petites boutiques que nous croisons, le temps de boire un refresco bienfaiteur et vers midi nous nous trouvons à hauteur de Benito Juarez, dernier point de ravitaillement avant Guerrero Negro, avec 50 kms au compteur. Nous avons deux options, soit faire les cinq kilomètres de la route au village pour y acheter de quoi manger pour passer la nuit un peu plus loin, soit boucler les 25 kms restant jusqu’à Guerrero Negro avec l’espoir d’y trouver un hébergement via les contacts de nos amis de La Paz. C’est la deuxième option qui est choisie, quitte à forcer un peu sur nos organismes, et un peu avant quatorze heures, nous voilà arrivé à l’objectif de notre virée d’où nous prendrons un bus pour rejoindre Tijuana avant de sortir du pays en vélo tout de même.

Pour l’heure, il fait grand faim ! Histoire de varier un peu nous échouons dans un petit resto qui n’a de chinois que lea décoration et la marque des produits congelés qui y sont servis, mais ce sera largement suffisant pour reprendre nos esprits avant de nous installer dans une sorte de cafétéria pour une session internet. Pas de nouvelles, pas de contacts, pas de Couchsurfeurs ou de Warmshower.. Nous sommes juste à côté de la station des bus et décidons rapidement de partir le soir même pour Tijuana où nous devrions pouvoir nous loger plus facilement. Les choses se précipitent donc un peu, entre lassitude de ce pays où nous avons passé tant de temps et l’envie de passer à autre chose. Nous ne verrons pas beaucoup plus de choses à Guerrero Negro mais de toute façon ce n’est pas la saison du passage des baleines, alors on reviendra !

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Fanch : Nous avons tout intérêt à nous bouger de bonne heure si nous voulons avancer un peu, d’abord par ce que le soleil se couche à 17 heure mais aussi en raison de ce vent qui augmente progressivement tout au long de la journée. 6 heures donc, Alors que le soleil nous offre ses premiers rayons et le thé chauffe déjà sur les braises, nous ne tardons pas à plier bagage. La route qui nous attends est une longue ligne droite de 75 bornes, une diagonale parfaite suivant l’axe Sud-Est Nord-Ouest fortement exposée aux vents contraires. Pour ceux qui ne connaissent pas ce genre de condition en vélo, c’est un peu comme de nager dans une rivière à contre courant et je ne parle pas des frayeurs provoquées par les 36 tonnes quand ils passent à vive allure, à moins d’un mètre de nos bécane. Bref, je me suis préparé psychologiquement à morfler mais la chance semble de notre côté et sans nous pousser vraiment le vent ne nous fait pas trop défaut.

Le paysage va en s’appauvrissant, il s’horizontalise considérablement, le bonheur des mollets succèdent à celui des yeux. La végétation elle aussi décroît, les cactus disparaissent pour laisser place au buissons épineux sans grands intérêts pour le regard. Le décor se fige alors que nous avançons convenablement. Il est midi, la barre des 50 kilomètre vient tout juste d’être franchit, nous n’y songions pas auparavant mais décidons de joindre Guerrero Négro pour avant que les coups de 14 heure ne sonnent.

Guerrero Négro est village qui vit de la récolte du sel et du tourisme principalement durant la « période des baleine » qui débute en février et de ce fait en cette saison, le village est relativement inanimé et rien ici ne nous retient. Ne trouvant pas de quoi loger gratuitement nous décidons de prendre le bus pour Tijuana. Un dernier bus avant longtemps je l’espère.

Notre navette est 22 heure 50, en attendant, nous profitons d’une cyber-cafétéria pour préparer notre arrivé à la ville frontalière et utilisons notre petit réseau de contacts mexicain pour trouver de quoi se loger à Tijuana. Une petite mise à jour du carnet de bord est aussi effectué et quelques mail envoyés. On s’occupe tout en avançant le boulot.

Cela devient une habitude, un peu avant minuit, le bus est arrêté et les soutes vidées de leur bagages. Les militaires en tenues camouflage du désert, fusils semi-automatiques en bandoulière fouillent une à une valises et cartons… Plus nous approchons de la frontière, plus les contrôles se renforce, rien d’étonnant, nous sommes apparemment sur une route de narco-trafiquants.

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