Jeudi 14 novembre 2013

70 km

Long Beach

N 33°46,765' W 118°08,580'

44 m

Jour 411 – Long Beach

Barth : Le vent froid qui a soufflé toute la nuit ne nous a absolument pas laissé dormir. En ouvrant les yeux sur les premières lueurs de l’aube je me précipite hors de mon duvet glacé, sors Fanch de sa torpeur et nous plions bagages au plus vite pour nous réchauffer et éviter de croiser le gardien du parking…. Vingt minutes plus tard, nous voilà avec un café entre les mains, et un petit déjeuner à déguster en regardant le soleil allumer le pacifique déjà assailli par quelques surfeurs. Il fait un temps radieux, nous sommes dans les plus beaux quartiers du monde, tout ceci a une odeur de Walt Disney assez perturbante.

Nous reprenons ainsi la route, dans un décor de plus en plus luxueux, organisé, propre… Les plages sont sur-équipées, avec des blocs sanitaires gratuits tous les 300 mètres, ce qui dans notre situation est plus que luxueux ! Surf, volley, running, golf, vélo, tous les sports se côtoient ici entre la promenade et la quatre-voies surplombant les immenses plages qui s’enchaînent avec les kilomètres que nous avalons. Quelques rencontres, pas incroyables, souvent avec d’anciens voyageurs à vélo qui sont intéressés par nos vélos plus que par notre voyage, mais là encore la barrière de la langue est encore trop palpable pour en déduire quoi que ce soit. Seule certitude, les dollars sont là et bien visibles. Le American Way of Life se présente sous nos yeux ahuris dans sa plus radieuse démesure, et quand nous arrivons à Long Beach un peu avant le couchant, nous ne cherchons même pas à trouver un coin pour camper…

Long Beach est à une bonne trentaine de kilomètres du centre de Los Angeles mais fait déjà figure de mini-mégapole avec ses tours et ses lumières. Nous sommes tous deux abasourdis par le gigantisme du territoire urbain que nous entreprenons de traverser! Mexico c’était la campagne à côté des villes américaines. Direction le Starbuck du coin pour tenter le tout pour le tout grâce au réseau WarmShower, et parvenir après quelques heures d’angoisses dans le froid à trouver refuge chez Jennifer, une étudiante qui a de la place dans son immense studio/garage, et qui nous sauve ainsi d’une deuxième nuit blanche. Après 70 kms, et sans avoir dormi la veille je ne mets pas longtemps à ronfler, tandis que Fanch joue les diplomates en accompagnant Jennifer et un ami à elle sur Hollywood pour une soirée dansante… Quelle bravoure ! Il m’étonnera toujours ce Fanch !

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Fanch : Levés à six heures dans l’unique but d’échappé au vigile sensé ouvrir les barrières du parking, notre nuit fût un fiasco. Personne ne nous dégagé car nous étions discrets, mais non loin d’un cours d’eau, l’air y était froid et agité, sans tentes nous étions exposés au vent et j’ai grelotté une bonne partie de la nuit.

Au réveil, nous sommes pommé, la ville qui nous accueil ne convient guère au baroudeur à tendance SDF que nous sommes actuellement, c’est clair, il va falloir s’adapter, trouver de nouvelles solutions pour dormir sans être dérangés, pour manger sans trop dépenser.

Bon, nous sommes Laguna Beach, le but est de se rAprocher de L.A. Downtown. Nous ferons 70 bornes sans parvenir à atteindre notre but et échouons lamentablement à Longue Beach.

La Californie est l’état le plus riche des States, s’il était indépendant il serait la sixième puissance économique mondiale… Et ça saute au yeux. Tout d’abord, le parc automobile est principalement constitué d’énormes pickup et de luxueuse voiture de sport, le genre de bolide que l’on ne croise que très rarement en France… Personnellement, quand je regarde une voiture, je pense consommation de carburant, ici ça n’a franchement pas l’air de poser question s’en est presque choquant. Après une année de vadrouille et des souvenirs encore frais d’Afrique et du Mexique ici, tout semble propre, homogène, rangé, surveillé. Il n’y a pas de terrains vagues, pas un mètre  carré de zones franches, tout est soigné, ordonné pour le bien de la population locale. Je m’y attendais, mais pas à ce point, loin de là. La côte est ponctué de chiottes publiques, tout les 200 mètres environs, l’eau potable est en libre service, et toutou peu aussi se désaltérer, il a son propre robinet. En parlant de toutou, la mode est au culte du chien, plus c’est petit, plus c’est mignon (ou plus c’est con), quoiqu’il en soit, plus c’est petit, plus on peu en avoir et il est courant de croiser un quintet de chihuahua vêtus de leurs plus beaux apparats reliés à la même main. Après avoir côtoyé les chiens errants du Maroc, le changement est radical. Notre relation aux autres à elle aussi radicalement changé. La langue que nous n’avons pas encore adoptée y est pour quelque chose mais on sent malgré tout que les rapports humains sont plus froid, voir superficiels. J’ai même l’impression de faire peur au passants et quand il s’agit de s’orienter, il me faut la plupart du temps insister pour obtenir l’aide de quelqu’un. Nous ne sommes pas de ce monde c’est certain, mais j’ai bien l’intention de le chatouiller un peu pour voir ce qu’il a dans le ventre. J’avais pas mal d’idées préconçues avant d’arriver ici et il s’avère que ce que j’y découvre ne font que les renforcer, mais curieusement, je suis sur que je me trompe, il doit bien exister un moyen de franchir la haute et solide barrière de l’apparence…

Le soir tombe et nous ne savons toujours pas ou dormir. Après avoir énuméré les différentes options nous décidons de lancer un appel d’urgence à la communauté Warmshowers. Le moral n’est pas au beau fixe, la fatigue y est pour quelque chose. Mais notre recherche d’hébergement est fructueuse et Jennifer réponds positivement, ça c’est fait.

Il y a trois heure de cela, nous pensions coucher sur le bitume d’un parking à l’image de notre précédente nuit. Retournement de situation, après avoir fait là connaissance de Jennifer et de Randon, ils nous proposent une petite sortie. Quand quelqu’un me propose une soirée Drum’nBass, je ne sais pas pourquoi, mais je ne peux pas dire non! Barth quant à lui décide de rester pour se reposer, malgré une fatigue certaine, personnellement, je ne veux pas louper ça!

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Haiku 052 – Smog beach

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