Vendredi 15 novembre 2013

60 km

Green avenue, Venice Beach

N 33°59,528' W 118°25,296'

11 m

Jour 412 – Green avenue, Venice Beach

Fanch : Après un tardif et rapide petit déjeuner, tortillas, beurre de cacahuètes, miel et fruit (c’est devenu un classique), nous saluons et remercions Jennifer pour son accueil qui nous a sauvé la mise hier soir. Nous prenons la route au départ de Longue Beach en direction de Venice Beach ou Éric et Nicole, (amis d’ami d’ami) nous attendent pour ce soir. Cette ville est tout simplement immense, elle s’étale sur plusieurs centaines de kilomètres carrés, son périmètre avoisine 600 km (rien que ça). Il va sans dire qu’il nous est impossible d’appréhender sa superficie et que la notion de distance est ici tout relative.  Nous continuons notre périple californien en alternant entre voie rapide, piste cyclable et zones résidentielles. Je poursuis mon observation sur les 60 bornes qui nous séparent de notre objectif. Il y a beaucoup à dire, tout est si différents que je ne trouve pas les mots pour décrire simplement mon nouvel environnement. J’ai juste l’impression de me retrouver dans le décor de ‘The Truman Show », avec la sensation non pas d’être dans un monde parfait mais d’évoluer dans un grosse bulle ou tout doit absolument être propre et uniforme. Rien ne dépasse, tout est en ordre, les pelouses ressemblent aux greens des terrains de golf, pas un brin d’herbe ne pousse plus vite que les autres, c’est juste bluffant. J’ai encore besoin d’un peu de temps pour comprendre… Enfin, nous arrivons chez Eric et Nicole qui nous accueillent à bras ouverts. Le temps de s’installer rapidement et Gurvand (ami d’ami pour le coup) nous rejoint pour un repas à l’américaine certes mais de qualité. C’est l’occasion de faire de plus amples connaissances avec nos hôtes, d’ouvrir encore un peu plus la barrière de la langue. À ce sujet, nous sommes encore mal à l’aise mais parvenons à comprendre la majorité des conversations pour peu que notre interlocuteur fasse preuve d’un peu de patience et ne parle pas à la vitesse du son. Le plus dur reste de s’exprimer sans complexes.

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Barth :Une grasse matinée s’impose après les péripéties des derniers jours. Un rapide petit dejeuner en discutant tant bien que mal avec Jennifer et nous nous éclipsons. Direction un café et une connexion pour nous assurer que nous avons bien un pied à terre pour ce soir. La veille nous avons eu le contact d’Eric, un ami de Gurvand lui même ami de Michael en Bretagne ! Bref la chaîne de l’amitié donc, et Eric nous a bien répondu, nous sommes attendus chez lui vers Venice à partir de 19h. Cela nous laisse quatre heures environ pour faire les cinquante kilomètres nécessaires.

Sur la longue piste cyclable qui longe le fleuve, nous croisons Florent et Hélène (http://flolene.blogspot.com/) deux français qui entament un périple en vélo couché direction l’Amérique latine ! Le soleil est déjà en train de disparaître nous n’avons pas beaucoup le temps d’en savoir plus… A la nuit tombée, après avoir traversé un écœurant quartier « neighborhood watch » pour rejoindre la côte nous nous accordons une pause thé, abrités du vent par un luxueux bloc sanitaire. Éclairages et robinets automatiques, toilettes impeccables, nous semons le doute et la suspicion parmi les quelques promeneurs nocturnes en allumant le réchaud à alcool. Une fois ravigotés, les 20 derniers kilomètres sont plutôt simples à parcourir. Nous filons en silence sur une piste de ciment lissée avec pour seules lumières nos frontales qui nous permettent d’éviter les autres cyclistes qui nous croisent. À gauche la plage immense avec ses postes de surveillance sortis tout droit d’un décor Spielbergien et le pacifique endormi. A droite des quartiers résidentiels incroyablement cosys, où l’on aperçoit parfois une bibliothèque à la lueur d’un feu de bois au travers d’une belle fenêtre à l’ancienne. Puis ce sont les usines pétrolières et électriques, dont la beauté irréelle digne d’un parc d’attractions nous inspire une tentative de haïku, avant de traverser une plage quadrillée de feu de camps allumés dans les vasques en béton disposées à cet effet. Autour de chacune d’entre elles un petit groupe de personnes partage un repas, un verre ou juste un peu de musique, mais chaque groupe a son feu, sans débordements possibles… Je crois que je préfère de loin le concept du feu sur la plage à la bretonne, où un nouvel arrivant n’a qu’à ramener de quoi alimenter la flamme pour trouver sa place. Un autre monde !

Finalement, sur le coup de 20h30, nous débarquons chez Eric et sa compagne Nicole qui nous attendaient de pied ferme. Eric à la quarantaine, super dynamique et un peu fou, pratiquant le vélo de course, l’escalade, la moto, les voyages et qui bosse depuis une vingtaine d’années dans le milieu de la post-prod vidéo. L’accueil est aussi cool que chaleureux, et une fois douchés nous partons dîner un morceau en compagnie de Gurvand qui vient d’arriver. Lui est français, de Penmarc’h ! Et il bosse en ce moment avec Eric sur une production vidéo, ce qui nous a permis de trouver cet hébergement qui s’annonce plutôt palpitant. Dîner fashion ce soir donc, et conversation en anglais qui me rassure, je commence à me sentir un peu plus en confiance avec cette nouvelle langue…

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